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L’Europe et les organisations sanitaires internationales. Enjeux régionaux et mondialisation, des années 1900 aux années 1920

Céline PAILLETTE

Si une première « unification microbienne du monde » prend forme, selon l’analyse d’Emmanuel Le Roy Ladurie, dès les XIVe-XVIe siècles [1], ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle, que la conscience d’un risque commun et d’une vulnérabilité partagée conduit onze États européens et l’Empire ottoman à inaugurer la première conférence sanitaire internationale qui s’ouvre à Paris en 1851 [2]. Le moteur de la coopération européenne s’inscrit alors dans une première mondialisation contemporaine qui bat son plein à partir des années 1890 [3]. La marche mondiale des fléaux pestilentiels qui s’accélère au rythme de la révolution des transports menace non seulement de manière plus aiguë les populations européennes d’un assaut épidémique meurtrier, mais aussi le développement du commerce et des échanges internationaux, freiné par les mesures de quarantaine destinées justement à protéger les individus. Le travail normatif, amorcé dès 1851, se poursuit pendant la seconde moitié du XIXe siècle lors de conférences sanitaires internationales qui se tiennent principalement dans les grandes villes européennes. Cette coopération multilatérale, intergouvernementale et ponctuelle pose les fondations d’un droit sanitaire international qui vise spécifiquement la peste, le choléra et la fièvre jaune et qui doit désormais permettre, selon l’expression de l’historienne Valeska Huber, une « unification du monde malgré la maladie » [4]. À la fin du XIXe siècle, les puissances européennes tiennent les rênes du système sanitaire international. À partir de 1907, la coopération sanitaire européenne et internationale s’institutionnalise en se dotant de l’Office international d’hygiène publique de Paris (OIHP), dont l’action souvent méconnue se trouve réduite à celle d’un « club d’administrateurs de la santé publique de haut rang, surtout européens » [5]. Puis, dans les années 1920, l’Organisation d’hygiène (OH) offre à la Société des nations, dans un champ sanitaire et technique, un rayonnement qui dépasse les limites européennes de l’universalisme genevois [6].
Il importe d’interroger plus précisément les temporalités, les formes et les enjeux d’une coopération européenne dans le nouveau cadre offert par ces organisations sanitaires internationales. La démarche s’enrichit d’une histoire des organisations internationales, renouvelée par l’histoire transnationale [7] et stimulée par la science politique [8]. Concernant particulièrement les organisations et les enjeux sanitaires internationaux, il faut souligner l’importance des recherches d’Iris Borowy sur l’Organisation d’hygiène de la SDN et les travaux récemment publiés sur les frontières et les espaces de la santé publique en Europe [9]. En outre, le dépouillement d’archives méconnues ou nouvellement exploitées permet de jeter une autre lumière sur l’histoire de l’Office de Paris. Appréhender l’articulation entre l’échelle régionale et l’échelle mondiale, dans le premier quart du XXe siècle, nécessite, de plus, de saisir une histoire de l’Europe à la croisée des deux premières mondialisations, des années 1900 aux années 1920 [10]. La déchirure de la Grande Guerre d’une part et le Pacte de la Société des nations d’autre part, questionnent la place et le rôle de l’Europe dans un ordre sanitaire international dont les fondations ont été bâties à l’époque d’un internationalisme européen [11]. Alors que l’ordre européen et l’ordre international s’enchevêtrent étroitement à l’aune d’organisations à vocation universelle, comment saisir l’existence d’un régionalisme [12] – a minima d’un fait régional – européen ? Le prisme des institutions internationales, parce qu’il met en exergue à la fois le jeu des acteurs européens et non européens autour non seulement d’un texte fondateur mais aussi d’objectifs annoncés, réalisés ou espérés, permet de poser quelques précieux jalons pour mieux comprendre l’inscription de l’Europe dans la mondialisation des enjeux sanitaires.

Entre l’Europe et le monde,
l’Office international d’hygiène publique, 1903-1919


L’Office de Paris, héritier d’un internationalisme à l’européenne

Les assises de l’Office international d’hygiène publique sont européennes. Lancé lors de la conférence sanitaire internationale de Paris de 1903 [13], fondé par l’Arrangement de Rome de 1907 [14], l’OIHP, qui siège dans la capitale française, prend la forme juridique des Unions universelles qui se sont multipliées depuis le milieu des années 1860 et qui ont donné un caractère permanent – dans le strict respect des souverainetés nationales – à la coopération européenne et internationale dans des domaines principalement techniques [15]. C’est à ce titre que l’Office doit créer :

« de nouveaux liens indissolubles de solidarité parmi les États, en rendant des services quotidiens et permanents à la cause de la défense sanitaire commune, qui ne connaît ni limites de frontières, ni restrictions de territoires » [16].

Malgré le caractère transfrontalier des fléaux pestilentiels et la vocation universelle de l’Office, force est de constater qu’en 1907, les trois quarts des États signataires de l’Arrangement de Rome sont européens [17]. La raison principale réside sans doute dans les compétences dont l’Office est doté. Sa première mission concerne la collecte et la diffusion d’informations relatives à la santé publique mais intéresse spécifiquement la peste, le choléra et la fièvre jaune qui font précisément l’objet des conventions sanitaires internationales sur lesquelles l’Office doit veiller [18]. L’OIHP poursuit ainsi l’œuvre des conférences sanitaires du XIXe siècle à laquelle « l’Europe [s’est] associée » [19] et qui s’appuie sur « l’accord des nations civilisées » [20] . Nouvelle enceinte de la concertation européenne, l’Office de Paris relève, dans une certaine mesure, d’un « ordre européen » qui reposait sur le sentiment d’une culture ou d’une civilisation partagée [21]. En outre, marquée par l’idéologie de la modernité et du progrès, l’élaboration d’un droit sanitaire international est considérée comme une affaire de « civilisation » [22] dont s’emparent les Européens en excluant les autres parties du monde. Par ses deux titres principaux – « Dispositions générales » et « Dispositions spéciales aux pays situés hors d’Europe » [23] –, la convention sanitaire internationale de 1903 révèle en creux une expression géographique de l’Europe sanitaire. Les marches défensives du continent s’étendent alors jusqu’aux rives de la mer Rouge et du golfe de Suez. L’adhésion à l’OIHP de l’Égypte dès 1907, puis celle hésitante de la Turquie en 1911, permettent de consolider les flancs méridionaux et orientaux du continent. L’Office garantit aussi aux Européens une mainmise, d’une part sur le Conseil sanitaire d’Alexandrie, d’autre part sur le Conseil supérieur de santé de Constantinople, deux bastions jugés d’un enjeu crucial contre les menaces de contagion de peste et de choléra, notamment imputées aux mouvements migratoires du pèlerinage de La Mecque [24]. Dès ses origines, l’Office de Paris jouit d’une réputation européenne et impérialiste qui alimente et contrarie ses ambitions universelles.

Un système européen à géométrie variable

Les prétentions internationales de l’Office rencontrent, au début du XXe siècle, un succès mitigé. Certes, parmi les membres fondateurs de l’institution [25], on compte deux puissances américaines, le Brésil et les États-Unis. Les seconds ont pris la direction du Bureau sanitaire international, organisation panaméricaine dont le prestige est accru du fait que sa création, en 1902, précède celle de l’OIHP [26]. Certaines adhésions outre-Atlantique s’avèrent plus difficile à obtenir. Les autorités argentines en contestant « la situation désavantageuse dans laquelle la conférence [de Paris] de 1903 place leur nation ainsi que toutes les autres nations américaines relativement aux pays d’Europe » [27], souhaitent obtenir la reconnaissance de leur rôle dans la prophylaxie internationale [28], manifeste depuis le XIXe siècle, notamment lors de la conférence de la quarantaine à Montevideo en 1873 [29]. Ce n’est donc qu’en 1910 que l’Argentine consent à adhérer à l’Office, « entrant, à la suite des États-Unis et du Brésil, dans le concert des nations européennes » [30]. Les États américains, qui représentent près du tiers des pays membres de l’OIHP en 1914 [31], sont ainsi considérés comme les partenaires d’un système sanitaire européen – ou plus exactement pensé à partir de perspectives européennes. C’est précisément pour cette raison que le Japon refuse d’adhérer à un « traité fait pour les pays d’Europe » [32]. En Asie, l’OIHP peine ainsi à dépasser les limites des Indes britanniques et de l’Indochine française ; d’une manière semblable, les adhésions de l’Égypte, de la Tunisie et de l’Algérie satisfont les intérêts impérialistes européens [33]. Malgré l’ouverture croissante de l’OIHP, les puissances européennes, au nom de leur métropole ou de leurs territoires impériaux, gardent la main sur l’organe décisionnel de l’institution, le Comité international [34]. Toutefois, toute l’Europe n’est pas invitée à siéger au sein de ce forum international. La France voit ainsi « un sérieux inconvénient à rechercher l’adhésion de l’Allemagne » [35] et restreint les limites européennes de l’Office aux intérêts français d’une Europe de la Triple Entente à laquelle l’Italie se trouve associée [36].

L’Europe et l’Amérique : une région sanitaire occidentale

Rapidement, le Comité de l’OIHP prépare la tenue d’une nouvelle conférence sanitaire afin de réviser la convention de 1903. La conférence qui ouvre ses portes, à Paris, le 7 novembre 1911, est d’une envergure plus vaste que celle de l’OIHP. L’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, dont certains médecins ont été conviés, à titre personnel [37], aux commissions préparatoires de l’OIHP, participent à cet événement international. Parmi les trente-huit pays représentés, il faut noter le poids considérable des États-Unis et des quatorze États d’Amérique latine [38], désormais considérés, dans le domaine sanitaire, « sur le même pied que les Européens [39] ». En conséquence, une question nouvelle apparaît à l’ordre du jour :

« Étant donné les grands progrès dans l’organisation sanitaire réalisés par les différents États, non seulement en Europe, mais dans tout le monde civilisé, doit-on conserver la distinction existant dans la convention actuelle entre pays d’Europe et pays hors d’Europe ? » [40].

Quelle « classification des régions [41] » dès lors établir ? Puisque le consensus ne peut être obtenu sur des critères épidémiologiques [42], les dispositions finalement adoptées s’inspirent des logiques qui nourrissaient la « vieille distinction » [43], tout en prenant acte des transformations qui affectent l’ordre sanitaire international. En réservant explicitement des « dispositions spéciales » aux pèlerinages et aux pays d’Orient et d’Extrême-Orient [44], la convention de 1912 élargit les « dispositions générales », précédemment réservées à l’Europe, au continent panaméricain. Elle établit par défaut l’existence d’une vaste région sanitaire occidentale, au sein de laquelle « la mission civilisatrice » de la vieille Europe croise la « destinée manifeste » des États-Unis [45] qui prennent la tête d’un « Nouveau-Monde » [46].
La Grande Guerre éclate avant que la convention de 1912 ne puisse être ratifiée. À partir de 1914, l’activité de l’Office bien que réduite, se maintient, alors que ses structures sont mobilisées à partir de 1915 au profit de la Commission sanitaire des pays alliés [47].

Les années 1920 : l’Europe et la nouvelle mondialisation
du système sanitaire international


Les mutations de l’ordre sanitaire international :
du diplomatique au transnational ?


Le tumultueux lancement d’une Organisation d’hygiène de la SDN s’inscrit dans l’urgence sanitaire qui caractérise l’Europe de l’après-guerre : à partir de 1919, les épidémies de typhus prennent le relais de la grippe espagnole [48]. Le projet d’une nouvelle agence sanitaire internationale sous les auspices de la jeune Société des nations mobilise en outre de nouveaux acteurs, issus de la société civile, telles la Ligue des sociétés de la Croix-Rouge (LSCR) et la Fondation Rockefeller. Jusqu’en 1923, les structures de l’Organisation d’hygiène demeurent provisoires : une Section d’hygiène de compétence exécutive, dépendante du Secrétariat ; un Comité d’hygiène qui comprend les représentants de la LSCR et du Bureau international du travail (BIT), mais aussi des membres du Comité international de l’OIHP dans l’espoir de faciliter le rapprochement avec l’Office de Paris [49]. Ludwik Rajchman, directeur médical de la Section d’hygiène, réussit à propulser rapidement l’OH de la SDN sur les devants de la scène sanitaire européenne. En 1922, lors de la conférence européenne des épidémies de Varsovie, Rajchman réussit à mobiliser les États européens, vainqueurs et vaincus, de la Grande Guerre [50]. L’Allemagne, devenue le « mur antiépidémique [51] » de l’Europe occidentale, gagne alors une place au Comité d’hygiène, sans être un membre officiel la SDN [52]. Le succès de cette conférence retient toute l’attention de la fondation américaine Rockefeller [53]. Organisation philanthropique à vocation universelle, la Rockefeller comprend, dès sa fondation en 1913, une International Health Commission dont l’objet est de promouvoir la santé publique et la médecine scientifique dans le monde [54]]. Investie en Europe depuis la Première Guerre mondiale, ses activités s’inscrivent dans la philanthropie scientifique naissante. Imprégnée de culture positiviste, la Fondation développe une stratégie mondiale qui soutient des structures locales en misant sur un effet d’entraînement qui doit permettre la modernisation de la santé publique à l’échelle planétaire [55]. C’est un partenaire de choix pour Rajchman qui rejette les logiques diplomatiques qui ont présidé à la réalisation de l’Office de Paris. Et, si l’OIHP conserve à son actif la préparation des conventions, il lui semble évident que c’est désormais l’Organisation d’hygiène de la SDN – plus exactement la Section – qui prend « la responsabilité de tout le travail d’exécution dans le domaine de l’hygiène publique internationale » [56]. Rajchman promeut une approche pratique et globale de la santé qui, dégagée de la politique étrangère des États, pourrait être envisagée comme un objet « supranational » [57]. C’est pourquoi la Section d’hygiène, en comprenant des experts reconnus pour leur compétence technique doit incarner un esprit de corps qui nourrit l’universalisme genevois. Selon Rajchman, l’OH de la SDN et la Fondation mènent donc, en Europe, « une œuvre semblable » et elles doivent désormais coordonner leur action [58]. Dès 1922, Rajchman convainc ainsi la Rockefeller de financer un service de renseignements épidémiologiques et de statistiques d’hygiène publique pendant cinq ans et un plan d’échange de personnel sanitaire pour trois ans [59]. Les intérêts convergents de la Fondation Rockefeller et de la Section d’hygiène de la SDN renouvellent ainsi profondément les fondements de la coopération internationale.

Universalisme genevois, Rockefeller et perspectives européennes

Dès les années 1920, la Section d’hygiène dispose d’un « réseau sanitaire [qui s’étend] à tous les points du monde » [60]. Grâce aux réseaux et à la contribution financière de la Rockefeller, l’OH parvient à développer plusieurs programmes en Amérique latine [61] et lance, en 1925, le service de renseignements épidémiologiques de Singapour qui apporte une impulsion décisive à son rayonnement international [62]. Cependant, l’OH n’échappe pas complètement à l’ancrage européen de la Société des nations. Le budget restreint de cette petite institution dépend aussi des sommes que les États membres de la SDN veulent bien lui allouer [63]. L’action de l’OH dans les territoires coloniaux se trouve, de plus, compromise par le jeu des puissances impériales européennes qui constituent des membres influents de son Comité [64]. Par ailleurs, si l’OH peut compter pour l’ensemble de ses activités, sur un réseau de près de 700 collaborateurs à travers 86 pays, 600 d’entre eux sont européens. De même, entre 1922 et 1930, 27 des 38 programmes d’échanges de personnel sanitaire s’effectuent dans des pays européens [65]. Organisés par l’OH, ces programmes qui favorisent le rapprochement des administrations sanitaires nationales en Europe, sont aussi significatifs des pratiques de la Rockefeller. Toutefois, si la Fondation véhicule une forme d’américanisation des pratiques sanitaires en Europe par le biais de l’OH de la SDN, elle rencontre plusieurs formes de résistances [66]. Rajchman, dont l’énergie légendaire rappelle celle d’Albert Thomas à la tête du BIT, profite des ressources de la Rockefeller sans perdre le contrôle de projets qui répondent à son propre sens de l’universel [67]. De plus, l’approche des experts de la Rockefeller ne remporte pas une unanimité systématique au sein de la Section – les différends sont ainsi perceptibles au sein de la Commission du paludisme [68]. Les ambitions mondiales et les dimensions régionales de l’Organisation d’hygiène doivent donc être appréhendées selon un maillage complexe relevant de la rencontre des universalismes de la fondation philanthropique américaine et de l’organisation genevoise dont les assises européennes demeurent fondamentales.

L’Europe : des pôle internationaux, une région du monde

En 1926, se tient à Paris, une nouvelle conférence sanitaire internationale. Préparée par l’OIHP, la conférence reconduit par son objet – la révision de la convention de 1912 – et par sa forme – un arrangement diplomatique – des pratiques héritées de l’internationalisme européen du début du siècle. Toutefois, la conférence mobilise les délégations de plus d’une soixantaine de pays et de territoires issus des cinq continents [69]. Elle prend acte du renouvellement des enjeux sanitaires internationaux en intégrant les apports des sciences médicales et des techniques de communication et en ajoutant à l’ordre du jour, aux côtés de la « triade classique des maladies » [70], le typhus et la variole. En outre, les délégations des États-Unis et du Japon investissent fortement les débats afin d’élaborer un code sanitaire international qui dépasse l’eurocentrisme des précédentes conventions [71]. La conférence témoigne aussi des nouvelles dynamiques qui animent une Europe fraîchement redessinée par les traités de paix. Le délégué polonais, Witold Chodźko, compatriote et collaborateur de Rajchman, assure ainsi la promotion de l’OH de la SDN en proposant de nouvelles bases pour la coopération européenne :

« la convention projetée, tout en devenant plus européenne peut-être, est devenue en même temps plus universelle ; au lieu de défendre quelques nations maritimes contre le spectre de quelques épidémies, elle tend aussi à nous défendre tous contre les autres périls qui nous menacent » [72].

La nouvelle convention met l’accent sur la constitution d’un réseau international de renseignement épidémiologique efficace. L’Office de Paris est alors reconnu comme l’organe central de collecte et de diffusion de l’information épidémiologique dans un ordre sanitaire international qui repose à la fois sur une régionalisation de l’espace mondial et sur le maillage des nouvelles organisations internationales [73]. D’une part, l’Office de Paris communique avec trois « bureaux régionaux » : le Bureau sanitaire panaméricain de Washington, le Bureau de Singapour de l’OH et le Conseil sanitaire d’Alexandrie qui ont pour mission de faire fonctionner des systèmes régionaux d’informations rapides [74]. D’autre part, l’OIHP est autorisé à conclure des arrangements avec l’OH de la SDN et toutes « organisations officielles et extra-gouvernementales » [75] y compris la LSCR et la Fondation Rockefeller [76]. Toutefois, la nouvelle convention ne consacre pas tant une prééminence de l’OIHP sur sa rivale de la SDN – l’OH constitue le principal hub [77] par lequel transite l’essentiel des renseignements épidémiologiques. En revanche, elle témoigne de la montée en puissance des États-Unis sur la scène sanitaire internationale. D’une part les États-Unis sont à la tête de Bureau sanitaire panaméricain – qui regroupe en 1924 tous les pays du continent à l’exception du Canada –, d’autre part ils comptent parmi les membres fondateurs de l’OIHP. En outre, les États-Unis sont investis dans l’Organisation d’hygiène, non comme États membres de la SDN, mais par le biais de la Rockefeller et par la « générosité des personnalités américaines » [78] qui y travaillent à titre personnel.

L’Europe, par le truchement de l’Office de Paris et de l’Organisation d’hygiène de Genève, conserve, dans les années 1920, un rôle majeur dans un ordre sanitaire international où s’affirme désormais pleinement la puissance des États-Unis. L’action du Japon et la création du Bureau de Singapour permettent à une grande partie de l’Asie de rejoindre, l’Europe et l’Amérique, au chapitre des « dispositions générales » de la nouvelle convention. Mais, la « vieille distinction », malgré quelques ajustements géographiques, demeure : le canal de Suez et ses régions limitrophes – particulièrement région du Hedjaz, mer Rouge et golfe Persique – font l’objet des « dispositions spéciales » [79], tandis que le projet d’un bureau régional pour l’Afrique est finalement abandonné, entravé par le jeu entre puissances impériales rivales [80].

Les dynamiques qui animent les organisations sanitaires internationales pendant le premier quart du XXe siècle éclairent la concomitance entre projets universalistes et régionalismes, en Europe, mais aussi dans les autres parties du monde. Au début du XXe siècle, la création de l’OIHP doit favoriser les pratiques multilatérales et l’équilibre entre les puissances impériales européennes afin de garantir les échanges commerciaux internationaux, assurer la défense du continent et accomplir hors d’Europe une « mission civilisatrice » conquérante. Toutefois, au nom précisément de sa vocation universelle, l’Office de Paris ouvre rapidement ses portes aux États-Unis et aux États d’Amérique latine, précisément organisés au sein du Bureau sanitaire panaméricain. Dès les années 1910, il n’est plus possible de confondre pleinement système européen et système international. La seconde mondialisation qui prend forme dans les années 1920 se superpose à l’ordre sanitaire international préexistant tout en lui imposant de profondes mutations. D’une part, la Section d’hygiène défend une approche globale de la santé qui s’émanciperait des rivalités interétatiques et des seuls intérêts européens [81]. D’autre part, la fondation américaine Rockefeller contribue à son envergure internationale tout en favorisant un programme de réforme de la santé publique en Europe dont l’américanisation fait débat [82]. La régionalisation du monde sanitaire, consacrée par la convention sanitaire internationale de 1926, résulte certes du difficile compromis entre contraintes techniques et équilibre des puissances, indispensable à l’achèvement d’un code sanitaire à vocation universelle [83]. Les logiques et les pratiques héritées du XIXe siècle persistent encore dans les années 1920. L’Europe, en revanche, n’est plus qu’une région du monde au sein d’un système international sur lequel son emprise se réduit au profit des nouvelles puissances de la scène sanitaire internationale, en Amérique et en Asie.

Si une première « unification microbienne du monde » prend forme, selon l’analyse d’Emmanuel Le Roy Ladurie, dès les XIVe-XVIe siècles [84], ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle, que la conscience d’un risque commun et d’une vulnérabilité partagée conduit onze États européens et l’Empire ottoman à inaugurer la première conférence sanitaire internationale qui s’ouvre à Paris en 1851 [85]. Le moteur de la coopération européenne s’inscrit alors dans une première mondialisation contemporaine qui bat son plein à partir des années 1890 [86]. La marche mondiale des fléaux pestilentiels qui s’accélère au rythme de la révolution des transports menace non seulement de manière plus aiguë les populations européennes d’un assaut épidémique meurtrier, mais aussi le développement du commerce et des échanges internationaux, freiné par les mesures de quarantaine destinées justement à protéger les individus. Le travail normatif, amorcé dès 1851, se poursuit pendant la seconde moitié du XIXe siècle lors de conférences sanitaires internationales qui se tiennent principalement dans les grandes villes européennes. Cette coopération multilatérale, intergouvernementale et ponctuelle pose les fondations d’un droit sanitaire international qui vise spécifiquement la peste, le choléra et la fièvre jaune et qui doit désormais permettre, selon l’expression de l’historienne Valeska Huber, une « unification du monde malgré la maladie » [87]. À la fin du XIXe siècle, les puissances européennes tiennent les rênes du système sanitaire international. À partir de 1907, la coopération sanitaire européenne et internationale s’institutionnalise en se dotant de l’Office international d’hygiène publique de Paris (OIHP), dont l’action souvent méconnue se trouve réduite à celle d’un « club d’administrateurs de la santé publique de haut rang, surtout européens » [88]. Puis, dans les années 1920, l’Organisation d’hygiène (OH) offre à la Société des nations, dans un champ sanitaire et technique, un rayonnement qui dépasse les limites européennes de l’universalisme genevois [89].
Il importe d’interroger plus précisément les temporalités, les formes et les enjeux d’une coopération européenne dans le nouveau cadre offert par ces organisations sanitaires internationales. La démarche s’enrichit d’une histoire des organisations internationales, renouvelée par l’histoire transnationale [90] et stimulée par la science politique [91]. Concernant particulièrement les organisations et les enjeux sanitaires internationaux, il faut souligner l’importance des recherches d’Iris Borowy sur l’Organisation d’hygiène de la SDN et les travaux récemment publiés sur les frontières et les espaces de la santé publique en Europe [92]. En outre, le dépouillement d’archives méconnues ou nouvellement exploitées permet de jeter une autre lumière sur l’histoire de l’Office de Paris. Appréhender l’articulation entre l’échelle régionale et l’échelle mondiale, dans le premier quart du XXe siècle, nécessite, de plus, de saisir une histoire de l’Europe à la croisée des deux premières mondialisations, des années 1900 aux années 1920 [93]. La déchirure de la Grande Guerre d’une part et le Pacte de la Société des nations d’autre part, questionnent la place et le rôle de l’Europe dans un ordre sanitaire international dont les fondations ont été bâties à l’époque d’un internationalisme européen [94]. Alors que l’ordre européen et l’ordre international s’enchevêtrent étroitement à l’aune d’organisations à vocation universelle, comment saisir l’existence d’un régionalisme [95] – a minima d’un fait régional – européen ? Le prisme des institutions internationales, parce qu’il met en exergue à la fois le jeu des acteurs européens et non européens autour non seulement d’un texte fondateur mais aussi d’objectifs annoncés, réalisés ou espérés, permet de poser quelques précieux jalons pour mieux comprendre l’inscription de l’Europe dans la mondialisation des enjeux sanitaires.

Entre l’Europe et le monde,
l’Office international d’hygiène publique, 1903-1919


L’Office de Paris, héritier d’un internationalisme à l’européenne

Les assises de l’Office international d’hygiène publique sont européennes. Lancé lors de la conférence sanitaire internationale de Paris de 1903 [96], fondé par l’Arrangement de Rome de 1907 [97], l’OIHP, qui siège dans la capitale française, prend la forme juridique des Unions universelles qui se sont multipliées depuis le milieu des années 1860 et qui ont donné un caractère permanent – dans le strict respect des souverainetés nationales – à la coopération européenne et internationale dans des domaines principalement techniques [98]. C’est à ce titre que l’Office doit créer :

« de nouveaux liens indissolubles de solidarité parmi les États, en rendant des services quotidiens et permanents à la cause de la défense sanitaire commune, qui ne connaît ni limites de frontières, ni restrictions de territoires » [99].

Malgré le caractère transfrontalier des fléaux pestilentiels et la vocation universelle de l’Office, force est de constater qu’en 1907, les trois quarts des États signataires de l’Arrangement de Rome sont européens [100]. La raison principale réside sans doute dans les compétences dont l’Office est doté. Sa première mission concerne la collecte et la diffusion d’informations relatives à la santé publique mais intéresse spécifiquement la peste, le choléra et la fièvre jaune qui font précisément l’objet des conventions sanitaires internationales sur lesquelles l’Office doit veiller [101]. L’OIHP poursuit ainsi l’œuvre des conférences sanitaires du XIXe siècle à laquelle « l’Europe [s’est] associée » [102] et qui s’appuie sur « l’accord des nations civilisées » [103] . Nouvelle enceinte de la concertation européenne, l’Office de Paris relève, dans une certaine mesure, d’un « ordre européen » qui reposait sur le sentiment d’une culture ou d’une civilisation partagée [104]. En outre, marquée par l’idéologie de la modernité et du progrès, l’élaboration d’un droit sanitaire international est considérée comme une affaire de « civilisation » [105] dont s’emparent les Européens en excluant les autres parties du monde. Par ses deux titres principaux – « Dispositions générales » et « Dispositions spéciales aux pays situés hors d’Europe » [106] –, la convention sanitaire internationale de 1903 révèle en creux une expression géographique de l’Europe sanitaire. Les marches défensives du continent s’étendent alors jusqu’aux rives de la mer Rouge et du golfe de Suez. L’adhésion à l’OIHP de l’Égypte dès 1907, puis celle hésitante de la Turquie en 1911, permettent de consolider les flancs méridionaux et orientaux du continent. L’Office garantit aussi aux Européens une mainmise, d’une part sur le Conseil sanitaire d’Alexandrie, d’autre part sur le Conseil supérieur de santé de Constantinople, deux bastions jugés d’un enjeu crucial contre les menaces de contagion de peste et de choléra, notamment imputées aux mouvements migratoires du pèlerinage de La Mecque [107]. Dès ses origines, l’Office de Paris jouit d’une réputation européenne et impérialiste qui alimente et contrarie ses ambitions universelles.

Un système européen à géométrie variable

Les prétentions internationales de l’Office rencontrent, au début du XXe siècle, un succès mitigé. Certes, parmi les membres fondateurs de l’institution [108], on compte deux puissances américaines, le Brésil et les États-Unis. Les seconds ont pris la direction du Bureau sanitaire international, organisation panaméricaine dont le prestige est accru du fait que sa création, en 1902, précède celle de l’OIHP [109]. Certaines adhésions outre-Atlantique s’avèrent plus difficile à obtenir. Les autorités argentines en contestant « la situation désavantageuse dans laquelle la conférence [de Paris] de 1903 place leur nation ainsi que toutes les autres nations américaines relativement aux pays d’Europe » [110], souhaitent obtenir la reconnaissance de leur rôle dans la prophylaxie internationale [111], manifeste depuis le XIXe siècle, notamment lors de la conférence de la quarantaine à Montevideo en 1873 [112]. Ce n’est donc qu’en 1910 que l’Argentine consent à adhérer à l’Office, « entrant, à la suite des États-Unis et du Brésil, dans le concert des nations européennes » [113]. Les États américains, qui représentent près du tiers des pays membres de l’OIHP en 1914 [114], sont ainsi considérés comme les partenaires d’un système sanitaire européen – ou plus exactement pensé à partir de perspectives européennes. C’est précisément pour cette raison que le Japon refuse d’adhérer à un « traité fait pour les pays d’Europe » [115]. En Asie, l’OIHP peine ainsi à dépasser les limites des Indes britanniques et de l’Indochine française ; d’une manière semblable, les adhésions de l’Égypte, de la Tunisie et de l’Algérie satisfont les intérêts impérialistes européens [116]. Malgré l’ouverture croissante de l’OIHP, les puissances européennes, au nom de leur métropole ou de leurs territoires impériaux, gardent la main sur l’organe décisionnel de l’institution, le Comité international [117]. Toutefois, toute l’Europe n’est pas invitée à siéger au sein de ce forum international. La France voit ainsi « un sérieux inconvénient à rechercher l’adhésion de l’Allemagne » [118] et restreint les limites européennes de l’Office aux intérêts français d’une Europe de la Triple Entente à laquelle l’Italie se trouve associée [119].

L’Europe et l’Amérique : une région sanitaire occidentale

Rapidement, le Comité de l’OIHP prépare la tenue d’une nouvelle conférence sanitaire afin de réviser la convention de 1903. La conférence qui ouvre ses portes, à Paris, le 7 novembre 1911, est d’une envergure plus vaste que celle de l’OIHP. L’Autriche-Hongrie et l’Allemagne, dont certains médecins ont été conviés, à titre personnel [120], aux commissions préparatoires de l’OIHP, participent à cet événement international. Parmi les trente-huit pays représentés, il faut noter le poids considérable des États-Unis et des quatorze États d’Amérique latine [121], désormais considérés, dans le domaine sanitaire, « sur le même pied que les Européens [122] ». En conséquence, une question nouvelle apparaît à l’ordre du jour :

« Étant donné les grands progrès dans l’organisation sanitaire réalisés par les différents États, non seulement en Europe, mais dans tout le monde civilisé, doit-on conserver la distinction existant dans la convention actuelle entre pays d’Europe et pays hors d’Europe ? » [123].

Quelle « classification des régions [124] » dès lors établir ? Puisque le consensus ne peut être obtenu sur des critères épidémiologiques [125], les dispositions finalement adoptées s’inspirent des logiques qui nourrissaient la « vieille distinction » [126], tout en prenant acte des transformations qui affectent l’ordre sanitaire international. En réservant explicitement des « dispositions spéciales » aux pèlerinages et aux pays d’Orient et d’Extrême-Orient [127], la convention de 1912 élargit les « dispositions générales », précédemment réservées à l’Europe, au continent panaméricain. Elle établit par défaut l’existence d’une vaste région sanitaire occidentale, au sein de laquelle « la mission civilisatrice » de la vieille Europe croise la « destinée manifeste » des États-Unis [128] qui prennent la tête d’un « Nouveau-Monde » [129].

La Grande Guerre éclate avant que la convention de 1912 ne puisse être ratifiée. À partir de 1914, l’activité de l’Office bien que réduite, se maintient, alors que ses structures sont mobilisées à partir de 1915 au profit de la Commission sanitaire des pays alliés [130].

Les années 1920 : l’Europe et la nouvelle mondialisation du système sanitaire international

Les mutations de l’ordre sanitaire international :
du diplomatique au transnational ?


Le tumultueux lancement d’une Organisation d’hygiène de la SDN s’inscrit dans l’urgence sanitaire qui caractérise l’Europe de l’après-guerre : à partir de 1919, les épidémies de typhus prennent le relais de la grippe espagnole [131]. Le projet d’une nouvelle agence sanitaire internationale sous les auspices de la jeune Société des nations mobilise en outre de nouveaux acteurs, issus de la société civile, telles la Ligue des sociétés de la Croix-Rouge (LSCR) et la Fondation Rockefeller. Jusqu’en 1923, les structures de l’Organisation d’hygiène demeurent provisoires : une Section d’hygiène de compétence exécutive, dépendante du Secrétariat ; un Comité d’hygiène qui comprend les représentants de la LSCR et du Bureau international du travail (BIT), mais aussi des membres du Comité international de l’OIHP dans l’espoir de faciliter le rapprochement avec l’Office de Paris [132]. Ludwik Rajchman, directeur médical de la Section d’hygiène, réussit à propulser rapidement l’OH de la SDN sur les devants de la scène sanitaire européenne. En 1922, lors de la conférence européenne des épidémies de Varsovie, Rajchman réussit à mobiliser les États européens, vainqueurs et vaincus, de la Grande Guerre [133]. L’Allemagne, devenue le « mur antiépidémique [134] » de l’Europe occidentale, gagne alors une place au Comité d’hygiène, sans être un membre officiel la SDN [135]. Le succès de cette conférence retient toute l’attention de la fondation américaine Rockefeller [136]. Organisation philanthropique à vocation universelle, la Rockefeller comprend, dès sa fondation en 1913, une International Health Commission dont l’objet est de promouvoir la santé publique et la médecine scientifique dans le monde [137]]. Investie en Europe depuis la Première Guerre mondiale, ses activités s’inscrivent dans la philanthropie scientifique naissante. Imprégnée de culture positiviste, la Fondation développe une stratégie mondiale qui soutient des structures locales en misant sur un effet d’entraînement qui doit permettre la modernisation de la santé publique à l’échelle planétaire [138]. C’est un partenaire de choix pour Rajchman qui rejette les logiques diplomatiques qui ont présidé à la réalisation de l’Office de Paris. Et, si l’OIHP conserve à son actif la préparation des conventions, il lui semble évident que c’est désormais l’Organisation d’hygiène de la SDN – plus exactement la Section – qui prend « la responsabilité de tout le travail d’exécution dans le domaine de l’hygiène publique internationale » [139]. Rajchman promeut une approche pratique et globale de la santé qui, dégagée de la politique étrangère des États, pourrait être envisagée comme un objet « supranational » [140]. C’est pourquoi la Section d’hygiène, en comprenant des experts reconnus pour leur compétence technique doit incarner un esprit de corps qui nourrit l’universalisme genevois. Selon Rajchman, l’OH de la SDN et la Fondation mènent donc, en Europe, « une œuvre semblable » et elles doivent désormais coordonner leur action [141]. Dès 1922, Rajchman convainc ainsi la Rockefeller de financer un service de renseignements épidémiologiques et de statistiques d’hygiène publique pendant cinq ans et un plan d’échange de personnel sanitaire pour trois ans [142]. Les intérêts convergents de la Fondation Rockefeller et de la Section d’hygiène de la SDN renouvellent ainsi profondément les fondements de la coopération internationale.

Universalisme genevois, Rockefeller et perspectives européennes

Dès les années 1920, la Section d’hygiène dispose d’un « réseau sanitaire [qui s’étend] à tous les points du monde » [143]. Grâce aux réseaux et à la contribution financière de la Rockefeller, l’OH parvient à développer plusieurs programmes en Amérique latine [144] et lance, en 1925, le service de renseignements épidémiologiques de Singapour qui apporte une impulsion décisive à son rayonnement international [145]. Cependant, l’OH n’échappe pas complètement à l’ancrage européen de la Société des nations. Le budget restreint de cette petite institution dépend aussi des sommes que les États membres de la SDN veulent bien lui allouer [146]. L’action de l’OH dans les territoires coloniaux se trouve, de plus, compromise par le jeu des puissances impériales européennes qui constituent des membres influents de son Comité [147]. Par ailleurs, si l’OH peut compter pour l’ensemble de ses activités, sur un réseau de près de 700 collaborateurs à travers 86 pays, 600 d’entre eux sont européens. De même, entre 1922 et 1930, 27 des 38 programmes d’échanges de personnel sanitaire s’effectuent dans des pays européens [148]. Organisés par l’OH, ces programmes qui favorisent le rapprochement des administrations sanitaires nationales en Europe, sont aussi significatifs des pratiques de la Rockefeller. Toutefois, si la Fondation véhicule une forme d’américanisation des pratiques sanitaires en Europe par le biais de l’OH de la SDN, elle rencontre plusieurs formes de résistances [149]. Rajchman, dont l’énergie légendaire rappelle celle d’Albert Thomas à la tête du BIT, profite des ressources de la Rockefeller sans perdre le contrôle de projets qui répondent à son propre sens de l’universel [150]. De plus, l’approche des experts de la Rockefeller ne remporte pas une unanimité systématique au sein de la Section – les différends sont ainsi perceptibles au sein de la Commission du paludisme [151]. Les ambitions mondiales et les dimensions régionales de l’Organisation d’hygiène doivent donc être appréhendées selon un maillage complexe relevant de la rencontre des universalismes de la fondation philanthropique américaine et de l’organisation genevoise dont les assises européennes demeurent fondamentales.

L’Europe : des pôle internationaux, une région du monde

En 1926, se tient à Paris, une nouvelle conférence sanitaire internationale. Préparée par l’OIHP, la conférence reconduit par son objet – la révision de la convention de 1912 – et par sa forme – un arrangement diplomatique – des pratiques héritées de l’internationalisme européen du début du siècle. Toutefois, la conférence mobilise les délégations de plus d’une soixantaine de pays et de territoires issus des cinq continents [152]. Elle prend acte du renouvellement des enjeux sanitaires internationaux en intégrant les apports des sciences médicales et des techniques de communication et en ajoutant à l’ordre du jour, aux côtés de la « triade classique des maladies » [153], le typhus et la variole. En outre, les délégations des États-Unis et du Japon investissent fortement les débats afin d’élaborer un code sanitaire international qui dépasse l’eurocentrisme des précédentes conventions [154]. La conférence témoigne aussi des nouvelles dynamiques qui animent une Europe fraîchement redessinée par les traités de paix. Le délégué polonais, Witold Chodźko, compatriote et collaborateur de Rajchman, assure ainsi la promotion de l’OH de la SDN en proposant de nouvelles bases pour la coopération européenne :

« la convention projetée, tout en devenant plus européenne peut-être, est devenue en même temps plus universelle ; au lieu de défendre quelques nations maritimes contre le spectre de quelques épidémies, elle tend aussi à nous défendre tous contre les autres périls qui nous menacent » [155].

La nouvelle convention met l’accent sur la constitution d’un réseau international de renseignement épidémiologique efficace. L’Office de Paris est alors reconnu comme l’organe central de collecte et de diffusion de l’information épidémiologique dans un ordre sanitaire international qui repose à la fois sur une régionalisation de l’espace mondial et sur le maillage des nouvelles organisations internationales [156]. D’une part, l’Office de Paris communique avec trois « bureaux régionaux » : le Bureau sanitaire panaméricain de Washington, le Bureau de Singapour de l’OH et le Conseil sanitaire d’Alexandrie qui ont pour mission de faire fonctionner des systèmes régionaux d’informations rapides [157]. D’autre part, l’OIHP est autorisé à conclure des arrangements avec l’OH de la SDN et toutes « organisations officielles et extra-gouvernementales » [158] y compris la LSCR et la Fondation Rockefeller [159]. Toutefois, la nouvelle convention ne consacre pas tant une prééminence de l’OIHP sur sa rivale de la SDN – l’OH constitue le principal hub [160] par lequel transite l’essentiel des renseignements épidémiologiques. En revanche, elle témoigne de la montée en puissance des États-Unis sur la scène sanitaire internationale. D’une part les États-Unis sont à la tête de Bureau sanitaire panaméricain – qui regroupe en 1924 tous les pays du continent à l’exception du Canada –, d’autre part ils comptent parmi les membres fondateurs de l’OIHP. En outre, les États-Unis sont investis dans l’Organisation d’hygiène, non comme États membres de la SDN, mais par le biais de la Rockefeller et par la « générosité des personnalités américaines » [161] qui y travaillent à titre personnel.

L’Europe, par le truchement de l’Office de Paris et de l’Organisation d’hygiène de Genève, conserve, dans les années 1920, un rôle majeur dans un ordre sanitaire international où s’affirme désormais pleinement la puissance des États-Unis. L’action du Japon et la création du Bureau de Singapour permettent à une grande partie de l’Asie de rejoindre, l’Europe et l’Amérique, au chapitre des « dispositions générales » de la nouvelle convention. Mais, la « vieille distinction », malgré quelques ajustements géographiques, demeure : le canal de Suez et ses régions limitrophes – particulièrement région du Hedjaz, mer Rouge et golfe Persique – font l’objet des « dispositions spéciales » [162], tandis que le projet d’un bureau régional pour l’Afrique est finalement abandonné, entravé par le jeu entre puissances impériales rivales [163].

Les dynamiques qui animent les organisations sanitaires internationales pendant le premier quart du XXe siècle éclairent la concomitance entre projets universalistes et régionalismes, en Europe, mais aussi dans les autres parties du monde. Au début du XXe siècle, la création de l’OIHP doit favoriser les pratiques multilatérales et l’équilibre entre les puissances impériales européennes afin de garantir les échanges commerciaux internationaux, assurer la défense du continent et accomplir hors d’Europe une « mission civilisatrice » conquérante. Toutefois, au nom précisément de sa vocation universelle, l’Office de Paris ouvre rapidement ses portes aux États-Unis et aux États d’Amérique latine, précisément organisés au sein du Bureau sanitaire panaméricain. Dès les années 1910, il n’est plus possible de confondre pleinement système européen et système international. La seconde mondialisation qui prend forme dans les années 1920 se superpose à l’ordre sanitaire international préexistant tout en lui imposant de profondes mutations. D’une part, la Section d’hygiène défend une approche globale de la santé qui s’émanciperait des rivalités interétatiques et des seuls intérêts européens [164]. D’autre part, la fondation américaine Rockefeller contribue à son envergure internationale tout en favorisant un programme de réforme de la santé publique en Europe dont l’américanisation fait débat [165]. La régionalisation du monde sanitaire, consacrée par la convention sanitaire internationale de 1926, résulte certes du difficile compromis entre contraintes techniques et équilibre des puissances, indispensable à l’achèvement d’un code sanitaire à vocation universelle [166]. Les logiques et les pratiques héritées du XIXe siècle persistent encore dans les années 1920. L’Europe, en revanche, n’est plus qu’une région du monde au sein d’un système international sur lequel son emprise se réduit au profit des nouvelles puissances de la scène sanitaire internationale, en Amérique et en Asie.

[1] Emmanuel Le Roy Ladurie, « Un concept : l’unification microbienne du monde (xive-xviie siècles) », Revue suisse d’histoire, 1973, n° 23, p. 629.

[2] David P. Fidler, International Law and Infectious Diseases, Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 9.

[3] Robert Frank (dir.), Pour l’histoire des relations internationales, Paris, PUF, 2012, p. 187 sq.

[4] Valeska Huber, « The Unification of the Globe by Disease ? The International Sanitary Conferences on Cholera, 1851-1894 », The Historical Journal, vol. 49, n° 2, 2006, p. 453-454.

[5] Norman Howard-Jones, La santé publique internationale entre les deux guerres, les problèmes d’organisation, vol. 3, Histoire de la santé publique internationale, Genève, OMS, 1979, p. 18.

[6] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization : from European to Global Health Concerns ? », dans Astri Andresen, William Hubbard, Teemu Ryymin (dir.), International and Local Approaches to Health and Health Care, Bergen, University of Bergen, 2010, p. 11-30.

[7] René Girault, « Encore une nouvelle histoire des relations internationales : l’histoire des organisations internationales », Relations internationales, n° 75, 1993, p. 271-275 ; Sandrine Kott, « Les organisations internationales, terrains d’étude de la globalisation. Jalons pour une approche socio-historique », Critique internationale, n° 52, 2011, p. 9-16 ; Ludovic Tournès, La philanthropie américaine et l’Europe : contribution à une histoire transnationale de l’américanisation, mémoire d’habilitation à diriger des recherches, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 22 novembre 2008, vol. 2.

[8] Guillaume Devin, Marie-Claude Smouts, Les organisations internationales, Paris, Armand Colin, 2011 ; Bertrand Badie, Guillaume Devin (dir.), Le multilatéralisme, nouvelles formes de l’action internationale, Paris, Éditions La Découverte, 2007.

[9] Iris Borowy, Coming to Terms with World Health. The League of Nations Health Organisation 1921-1946, Francfort-sur-le-Main, Pieter Lang, 2009 ; Susan Gross Solomon, Lion Murard, Patrick Zylberman (dir.), Shifting Boundaries of Public Health. Europe in the Twentieth Century, Rochester, University of Rochester Press, 2008 ; Paul Weindling (dir.), International Health Organizations and Movements, Cambridge, Cambridge University Press, 1995.

[10] Georges-Henri Soutou, L’Europe de 1815 à nos jours, Paris, PUF, 2e éd., 2009 ; Georges-Henri Soutou, Jean Béranger (dir.), L’ordre européen du xvie au xxe siècle, Paris, PUPS, 1998 ; René Girault (dir.), Identité et conscience européennes au xxe siècle, Paris, Hachette, 1994. Sur la mondialisation, voir Relations internationales, n° 123 et 124, 2005 ; Régis Bénichi, Histoire de la mondialisation, Paris, Vuibert, 2008 (3e éd.).

[11] Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales : épidémies, santé et ordre international, 1903-1923 », Monde(s), Histoire, Espace, Relations, n° 2, à paraître.

[12] Mélanie Albaret, « Les formes régionales du multilatéralisme : entre incertitudes intellectuelles et pratiques ambiguës », dans Bertrand Badie, Guillaume Devin (dir.), Le multilatéralisme…, op. cit., p. 41-56.

[13] Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1904 : voir la 5e séance de la Commission des voies et moyens, 30 octobre 1903, p. 195 et l’article (art.) 181 de la Convention, procès-verbal (PV) de signature, le 3 décembre 1903, p. 475-477.

[14] Arrangement international, 9 décembre 1907, Vingt-cinq ans d’activité de l’Office international d’hygiène publique, Paris, OIHP, 1933, p. 133-135.

[15] Léonard Laborie, L’Europe mise en réseaux, La France et la coopération internationale dans les postes et les télécommunications (années 1850-années 1950), Bruxelles, Peter Lang, 2010, p. 25-26.

[16] Centre des archives diplomatiques de Nantes (CADN), série Rome-Quirinal (RQ), carton 51, PV de la conférence pour la création d’un Bureau international d’hygiène publique, 1re séance, 3 décembre 1907, Camille Barrère, p. 18.

[17] En 1907, sur les 12 puissances signataires de l’Arrangement de Rome, 9 sont européennes (Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suisse). Arrangement international du 9 décembre 1907, Vingt-cinq ans..., op. cit., p. 134-135.

[18] Art. 4 et 5, statuts organiques de l’OIHP, ibid., p. 136. Toutefois, les activités effectives de l’Office ne sauraient être réduites à ce qui a été énoncé dans ses statuts. Voir : Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[19] Théophile Delcassé, ministre français des Affaires étrangères, 1re séance plénière, 10 octobre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 14.

[20] Rocco Santoliquido, premier délégué d’Italie, ibid., p. 15.

[21] Georges-Henri Soutou, « Le Concert européen de Vienne à Locarno », dans Georges-Henri Soutou, Jean Béranger (dir.), L’ordre européen …, op. cit., p. 120.

[22] Rocco Santoliquido, 1re séance plénière, 10 octobre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 16.

[23] Texte de la Convention, 3 décembre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 157 et p. 167.

[24] Art. 2, statuts organiques de l’OIHP, Vingt-cinq ans..., op. cit., p. 136 ; Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), Unions internationales (UI), carton 479, lettre de Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de l’Intérieur à Stéphen Pichon, ministre des Affaires étrangères, Paris, 29 mai 1908.

[25] Sont signataires, dès 1907, de l’Arrangement de Rome : la Belgique, le Brésil, l’Égypte, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie et la Suisse, Vingt-cinq ans..., op. cit., p 5.

[26] Marcos Cueto, El valor de la salud. Historia de la Organización Panamericana de la Salud, Washington DC, OPS, 2004, p. 14 et p. 39 ; Neville M. Goodman, International Health Organizations and their Work, Londres, J. and A. Churchill, 1952, p. 242.

[27] AMAE, UI, carton 479, extrait d’une lettre du directeur du département d’hygiène de la République argentine, non daté, cité dans un rapport du docteur Paul Faivre, ministère de l’Intérieur, inspection générale des services sanitaires, Paris 9 mars 1906.

[28] AMAE, UI, carton 479, lettre de M. Zeballos, ministre argentin des Relations extérieures à M. Thiébault, ministre de la République française en Argentine, 2 juillet, 1907, annexe à la dépêche de Buenos-Aires, n° 59, 4 juillet 1907.

[29] Aristides A. Moll, « The Pan American Sanitary Bureau : Its Origin, Developments and Achievements, a Review of Inter-America Cooperation in Public Health, Medicine and Allied Fields », Publication n° 240 du Pan American Sanitary Bureau, Washington DC, décembre 1948, p. 2.

[30] AMAE, UI, carton 479, rapport du docteur Paul Faivre, 9 mars 1906, op. cit.

[31] Sur un total de 32 pays en 1914, 9 sont américains, 15 sont européens. Vingt-cinq ans.., op. cit., p. 5.

[32] Archives de l’Organisation mondiale de la santé, OIHP, série Arrangement de Rome, microfiche n° A16, lettre de M. Kurino, ambassadeur du Japon à Paris, à Jacques de Cazotte, directeur de l’OIHP, Paris, 8 mars 1910.

[33] Adhésion des Indes britanniques en 1908, de l’Indochine française en 1914. Vingt-cinq ans d’activité.., op. cit., p 5.

[34] Pour la première année d’exercice de l’Office (1908-1909), l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Inde britannique, l’Italie et la Russie forment l’essentiel du contingent des contributeurs de première catégorie, aux côtés du Brésil et des États-Unis. CADN, série RQ, carton 51, Rapports aux gouvernements participant à l’OIHP, Paris, 21 octobre 1909, p. 4 ; statuts organiques de l’OIHP, Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 135.

[35] CADN, série RQ, carton 51, minute, Camille Barrère, télégramme chiffré, n° 324, Conférence sanitaire, Rome, le 25 décembre 1907.

[36] Voir Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[37] Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 11.

[38] Ils n’étaient que trois en 1903. Liste des délégués, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1912, p. 256.

[39] Jacques de Cazotte, 3e séance de la commission technique, 30 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 310.

[40] Rocco Santoliquido, 1re séance de la commission technique, 10 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 256.

[41] Louis Mirman, délégué de France, 3e séance de la commission technique, 30 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 313.

[42] Oscar Velghe, délégué de Belgique, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 317.

[43] Adolfo Cotta, délégué d’Italie, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 305.

[44] Titres ii et iii, Convention sanitaire internationale, signée à Paris le 17 janvier 1912, non encore ratifiée, Corbeil, OIHP, 1919.

[45] Christopher A. Bayly, La Naissance du monde moderne, 1780-1914, Paris, Les Éditions de l’Atelier/Éditions Ouvrières, 2007, p. 10-11.

[46] Camille Barrère, président de la délégation française, 1re séance plénière, 7 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 22.

[47] Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[48] Francesca Piana, « Humanitaire et politique in medias res : le typhus en Pologne et l’Organisation internationale d’hygiène de la SDN (1919-1923) », Relations internationales, n° 138, 2009, p. 23-38.

[49] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 41-64 ; Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[50] À l’exception de l’Albanie et du Portugal, tous les États européens sont représentés. Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 87-88.

[51] Expression utilisée au Reichstag par Carl Hammel, du ministère de l’Intérieur, cité par Marta A. Balinska, Une vie pour l’humanitaire : Ludwik Rajchman (1881-1965), Paris, La Découverte, 1995, p. 98.

[52] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 87-88.

[53] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 296.

[54] Rapport annuel de la fondation Rockefeller, 1913-1914, p. 8. [En ligne : http://www.rockefellerfoundation.or..., site consulté le 12 octobre 2012

[55] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 140-141.

[56] AMAE, Service français de la SDN, OH, 1571, lettre de L. Rajchman à Wickliffe Rose, Gênes, 2 mai 1922.

[57] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 122.

[58] AMAE, Service français de la SDN, OH, carton 1571, lettre de L. Rajchman à W. Rose, Gênes, 2 mai 1922.

[59] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 297 et p. 323-325.

[60] Jean Monnet, Mémoires, Paris, Fayard, 1976, p. 118.

[61] Paul Weindling, « The League of Nations Health Organization and the Rise of Latin American Participation, 1920-1940 », História, Ciências, Saúde – Manguinhos,vol.13, n° 3, juillet-septembre 2006, p. 1-14.

[62] Anne Sealey, « Globalizing the 1926 International Sanitary Convention », Journal of Global History, 6, 2011, p. 438-439.

[63] Paul Weindling, « The League of Nations… », op. cit., p. 12.

[64] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization… », op. cit., p. 13.

[65] Iris Borowy, Coming to Terms…, op.cit., p. 142 et p. 472-475.

[66] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 371.

[67] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 372.

[68] Ibid., p. 304-306.

[69] Liste des délégués, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1927, p. 25-35.

[70] Witold Chodzko, délégué polonais, 1re séance plénière, 10 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 46-48.

[71] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 432.

[72] Witold Chodzko, 1re séance plénière, 10 mai 1926, op. cit, p. 46-48.

[73] Art. 7, texte de la convention, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 164.

[74] Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 23.

[75] Hugh Cumming, 3e séance plénière, 12 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 81.

[76] George Buchanan, 4e séance de la 1re commission, 26 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 274.

[77] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 450.

[78] Hugh Cumming, 4e séance de la 1re commission, 26 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 272.

[79] Texte de la convention, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 151-210.

[80] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 452-454.

[81] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization… », op. cit.

[82] Socrates Litsios, « Selskar ‘Mike’ Gunn and Public Health Reform in Europe », dans Iris Borowy, Anne Hardy (dir.), Of Medicine and Men, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2008, p. 35 ; Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit.

[83] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 454.

[84] Emmanuel Le Roy Ladurie, « Un concept : l’unification microbienne du monde (xive-xviie siècles) », Revue suisse d’histoire, 1973, n° 23, p. 629.

[85] David P. Fidler, International Law and Infectious Diseases, Oxford, Oxford University Press, 1999, p. 9.

[86] Robert Frank (dir.), Pour l’histoire des relations internationales, Paris, PUF, 2012, p. 187 sq.

[87] Valeska Huber, « The Unification of the Globe by Disease ? The International Sanitary Conferences on Cholera, 1851-1894 », The Historical Journal, vol. 49, n° 2, 2006, p. 453-454.

[88] Norman Howard-Jones, La santé publique internationale entre les deux guerres, les problèmes d’organisation, vol. 3, Histoire de la santé publique internationale, Genève, OMS, 1979, p. 18.

[89] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization : from European to Global Health Concerns ? », dans Astri Andresen, William Hubbard, Teemu Ryymin (dir.), International and Local Approaches to Health and Health Care, Bergen, University of Bergen, 2010, p. 11-30.

[90] René Girault, « Encore une nouvelle histoire des relations internationales : l’histoire des organisations internationales », Relations internationales, n° 75, 1993, p. 271-275 ; Sandrine Kott, « Les organisations internationales, terrains d’étude de la globalisation. Jalons pour une approche socio-historique », Critique internationale, n° 52, 2011, p. 9-16 ; Ludovic Tournès, La philanthropie américaine et l’Europe : contribution à une histoire transnationale de l’américanisation, mémoire d’habilitation à diriger des recherches, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 22 novembre 2008, vol. 2.

[91] Guillaume Devin, Marie-Claude Smouts, Les organisations internationales, Paris, Armand Colin, 2011 ; Bertrand Badie, Guillaume Devin (dir.), Le multilatéralisme, nouvelles formes de l’action internationale, Paris, Éditions La Découverte, 2007.

[92] Iris Borowy, Coming to Terms with World Health. The League of Nations Health Organisation 1921-1946, Francfort-sur-le-Main, Pieter Lang, 2009 ; Susan Gross Solomon, Lion Murard, Patrick Zylberman (dir.), Shifting Boundaries of Public Health. Europe in the Twentieth Century, Rochester, University of Rochester Press, 2008 ; Paul Weindling (dir.), International Health Organizations and Movements, Cambridge, Cambridge University Press, 1995.

[93] Georges-Henri Soutou, L’Europe de 1815 à nos jours, Paris, PUF, 2e éd., 2009 ; Georges-Henri Soutou, Jean Béranger (dir.), L’ordre européen du xvie au xxe siècle, Paris, PUPS, 1998 ; René Girault (dir.), Identité et conscience européennes au xxe siècle, Paris, Hachette, 1994. Sur la mondialisation, voir Relations internationales, n° 123 et 124, 2005 ; Régis Bénichi, Histoire de la mondialisation, Paris, Vuibert, 2008 (3e éd.).

[94] Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales : épidémies, santé et ordre international, 1903-1923 », Monde(s), Histoire, Espace, Relations, n° 2, à paraître.

[95] Mélanie Albaret, « Les formes régionales du multilatéralisme : entre incertitudes intellectuelles et pratiques ambiguës », dans Bertrand Badie, Guillaume Devin (dir.), Le multilatéralisme…, op. cit., p. 41-56.

[96] Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1904 : voir la 5e séance de la Commission des voies et moyens, 30 octobre 1903, p. 195 et l’article (art.) 181 de la Convention, procès-verbal (PV) de signature, le 3 décembre 1903, p. 475-477.

[97] Arrangement international, 9 décembre 1907, Vingt-cinq ans d’activité de l’Office international d’hygiène publique, Paris, OIHP, 1933, p. 133-135.

[98] Léonard Laborie, L’Europe mise en réseaux, La France et la coopération internationale dans les postes et les télécommunications (années 1850-années 1950), Bruxelles, Peter Lang, 2010, p. 25-26.

[99] Centre des archives diplomatiques de Nantes (CADN), série Rome-Quirinal (RQ), carton 51, PV de la conférence pour la création d’un Bureau international d’hygiène publique, 1re séance, 3 décembre 1907, Camille Barrère, p. 18.

[100] En 1907, sur les 12 puissances signataires de l’Arrangement de Rome, 9 sont européennes (Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suisse). Arrangement international du 9 décembre 1907, Vingt-cinq ans..., op. cit., p. 134-135.

[101] Art. 4 et 5, statuts organiques de l’OIHP, ibid., p. 136. Toutefois, les activités effectives de l’Office ne sauraient être réduites à ce qui a été énoncé dans ses statuts. Voir : Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[102] Théophile Delcassé, ministre français des Affaires étrangères, 1re séance plénière, 10 octobre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 14.

[103] Rocco Santoliquido, premier délégué d’Italie, ibid., p. 15.

[104] Georges-Henri Soutou, « Le Concert européen de Vienne à Locarno », dans Georges-Henri Soutou, Jean Béranger (dir.), L’ordre européen …, op. cit., p. 120.

[105] Rocco Santoliquido, 1re séance plénière, 10 octobre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 16.

[106] Texte de la Convention, 3 décembre 1903, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 octobre-3 décembre 1903…, op. cit., p. 157 et p. 167.

[107] Art. 2, statuts organiques de l’OIHP, Vingt-cinq ans..., op. cit., p. 136 ; Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), Unions internationales (UI), carton 479, lettre de Georges Clemenceau, président du Conseil et ministre de l’Intérieur à Stéphen Pichon, ministre des Affaires étrangères, Paris, 29 mai 1908.

[108] Sont signataires, dès 1907, de l’Arrangement de Rome : la Belgique, le Brésil, l’Égypte, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Russie et la Suisse, Vingt-cinq ans..., op. cit., p 5.

[109] Marcos Cueto, El valor de la salud. Historia de la Organización Panamericana de la Salud, Washington DC, OPS, 2004, p. 14 et p. 39 ; Neville M. Goodman, International Health Organizations and their Work, Londres, J. and A. Churchill, 1952, p. 242.

[110] AMAE, UI, carton 479, extrait d’une lettre du directeur du département d’hygiène de la République argentine, non daté, cité dans un rapport du docteur Paul Faivre, ministère de l’Intérieur, inspection générale des services sanitaires, Paris 9 mars 1906.

[111] AMAE, UI, carton 479, lettre de M. Zeballos, ministre argentin des Relations extérieures à M. Thiébault, ministre de la République française en Argentine, 2 juillet, 1907, annexe à la dépêche de Buenos-Aires, n° 59, 4 juillet 1907.

[112] Aristides A. Moll, « The Pan American Sanitary Bureau : Its Origin, Developments and Achievements, a Review of Inter-America Cooperation in Public Health, Medicine and Allied Fields », Publication n° 240 du Pan American Sanitary Bureau, Washington DC, décembre 1948, p. 2.

[113] AMAE, UI, carton 479, rapport du docteur Paul Faivre, 9 mars 1906, op. cit.

[114] Sur un total de 32 pays en 1914, 9 sont américains, 15 sont européens. Vingt-cinq ans.., op. cit., p. 5.

[115] Archives de l’Organisation mondiale de la santé, OIHP, série Arrangement de Rome, microfiche n° A16, lettre de M. Kurino, ambassadeur du Japon à Paris, à Jacques de Cazotte, directeur de l’OIHP, Paris, 8 mars 1910.

[116] Adhésion des Indes britanniques en 1908, de l’Indochine française en 1914. Vingt-cinq ans d’activité.., op. cit., p 5.

[117] Pour la première année d’exercice de l’Office (1908-1909), l’Espagne, la France, la Grande-Bretagne, l’Inde britannique, l’Italie et la Russie forment l’essentiel du contingent des contributeurs de première catégorie, aux côtés du Brésil et des États-Unis. CADN, série RQ, carton 51, Rapports aux gouvernements participant à l’OIHP, Paris, 21 octobre 1909, p. 4 ; statuts organiques de l’OIHP, Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 135.

[118] CADN, série RQ, carton 51, minute, Camille Barrère, télégramme chiffré, n° 324, Conférence sanitaire, Rome, le 25 décembre 1907.

[119] Voir Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[120] Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 11.

[121] Ils n’étaient que trois en 1903. Liste des délégués, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1912, p. 256.

[122] Jacques de Cazotte, 3e séance de la commission technique, 30 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 310.

[123] Rocco Santoliquido, 1re séance de la commission technique, 10 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 256.

[124] Louis Mirman, délégué de France, 3e séance de la commission technique, 30 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 313.

[125] Oscar Velghe, délégué de Belgique, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 317.

[126] Adolfo Cotta, délégué d’Italie, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 305.

[127] Titres ii et iii, Convention sanitaire internationale, signée à Paris le 17 janvier 1912, non encore ratifiée, Corbeil, OIHP, 1919.

[128] Christopher A. Bayly, La Naissance du monde moderne, 1780-1914, Paris, Les Éditions de l’Atelier/Éditions Ouvrières, 2007, p. 10-11.

[129] Camille Barrère, président de la délégation française, 1re séance plénière, 7 novembre 1911, Conférence sanitaire internationale de Paris, 7 novembre 1911-17 janvier 1912…, op. cit., p. 22.

[130] Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[131] Francesca Piana, « Humanitaire et politique in medias res : le typhus en Pologne et l’Organisation internationale d’hygiène de la SDN (1919-1923) », Relations internationales, n° 138, 2009, p. 23-38.

[132] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 41-64 ; Céline Paillette, « Organisations sanitaires internationales… », op. cit.

[133] À l’exception de l’Albanie et du Portugal, tous les États européens sont représentés. Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 87-88.

[134] Expression utilisée au Reichstag par Carl Hammel, du ministère de l’Intérieur, cité par Marta A. Balinska, Une vie pour l’humanitaire : Ludwik Rajchman (1881-1965), Paris, La Découverte, 1995, p. 98.

[135] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 87-88.

[136] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 296.

[137] Rapport annuel de la fondation Rockefeller, 1913-1914, p. 8. [En ligne : http://www.rockefellerfoundation.or..., site consulté le 12 octobre 2012

[138] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 140-141.

[139] AMAE, Service français de la SDN, OH, 1571, lettre de L. Rajchman à Wickliffe Rose, Gênes, 2 mai 1922.

[140] Iris Borowy, Coming to Terms…, op. cit., p. 122.

[141] AMAE, Service français de la SDN, OH, carton 1571, lettre de L. Rajchman à W. Rose, Gênes, 2 mai 1922.

[142] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 297 et p. 323-325.

[143] Jean Monnet, Mémoires, Paris, Fayard, 1976, p. 118.

[144] Paul Weindling, « The League of Nations Health Organization and the Rise of Latin American Participation, 1920-1940 », História, Ciências, Saúde – Manguinhos,vol.13, n° 3, juillet-septembre 2006, p. 1-14.

[145] Anne Sealey, « Globalizing the 1926 International Sanitary Convention », Journal of Global History, 6, 2011, p. 438-439.

[146] Paul Weindling, « The League of Nations… », op. cit., p. 12.

[147] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization… », op. cit., p. 13.

[148] Iris Borowy, Coming to Terms…, op.cit., p. 142 et p. 472-475.

[149] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 371.

[150] Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit., p. 372.

[151] Ibid., p. 304-306.

[152] Liste des délégués, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, Procès-verbaux, Paris, Ministère des Affaires étrangères, 1927, p. 25-35.

[153] Witold Chodzko, délégué polonais, 1re séance plénière, 10 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 46-48.

[154] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 432.

[155] Witold Chodzko, 1re séance plénière, 10 mai 1926, op. cit, p. 46-48.

[156] Art. 7, texte de la convention, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 164.

[157] Vingt-cinq ans…, op. cit., p. 23.

[158] Hugh Cumming, 3e séance plénière, 12 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 81.

[159] George Buchanan, 4e séance de la 1re commission, 26 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 274.

[160] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 450.

[161] Hugh Cumming, 4e séance de la 1re commission, 26 mai 1926, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926…, op. cit., p. 272.

[162] Texte de la convention, Conférence sanitaire internationale de Paris, 10 mai-21 juin 1926, op. cit., p. 151-210.

[163] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 452-454.

[164] Iris Borowy, « The League of Nations Health Organization… », op. cit.

[165] Socrates Litsios, « Selskar ‘Mike’ Gunn and Public Health Reform in Europe », dans Iris Borowy, Anne Hardy (dir.), Of Medicine and Men, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2008, p. 35 ; Ludovic Tournès, « La philanthropie américaine… », op. cit.

[166] Anne Sealey, « Globalizing… », op. cit., p. 454.


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