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Hommage à Pierre Gerbet
Conférence

14 janvier 2010
 

Hommage à Pierre Gerbet

à la Maison de l’Europe - le 14 Janvier 2010

Cet hommage au professeur Pierre Gerbet a été rendu dans les locaux de la Maison de l’Europe de Paris, le 14 janvier 2010, en présence d’étudiants et chercheurs, de la fille de Pierre Gerbet – Marie-Claude Gerbet –, sous la présidence de Mme Catherine Lalumière, Présidente de la Maison de l’Europe de Paris.

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Pierre Gerbet
in revue Histoire@politique, n°2 septembre-octobre 2007









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l’Hommage à Pierre Gerbet







Hommage de :

✽✽✽

✔ Elisabeth du Réau , Professeur des Universités, émérite

C’est un honneur pour moi de participer à la cérémonie organisée à la Maison de l’Europe par Catherine Lalumière et Jean-Paul Gouzy. C’est l’occasion, en présence de sa fille Marie-Claude, de rendre hommage à Pierre Gerbet, un ami de longue date au sein de la communauté des historiens français et étrangers.

J’évoquerai d’abord son parcours scientifique et universitaire en présentant l’historien pionnier de l’histoire de la construction européenne. Je parlerai aussi de sa carrière d’enseignant qui fut bivalente en histoire et science politique. Je dirai en conclusion quelques mots de l’ami.

I – Les premières étapes de la carrière d’un chercheur et d’un enseignant (1946-1966)

Pierre Gerbet, né en juillet 1918, fait des études à Strasbourg puis Clermont-Ferrand pendant la deuxième guerre mondiale. Il se marie pendant la guerre. Au sortir de la guerre, l’année 1946 est fructueuse puisqu’il réussit l’agrégation d’histoire et la même année est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris.

Professeur d’Histoire et Géographie au Lycée Corneille de Rouen de 1946 à 1948, il enseigne ensuite au Lycée Buffon, pendant dix ans, de 1948 à 1958. Dès cette période il s’intéresse à l’histoire de l’Europe et à l’histoire des relations internationales. Il a repris des contacts avec Sciences-Po et avec Jean-Baptiste Duroselle qui dirigeait des travaux sur les relations extérieures.

C’est en 1949 qu’il devient secrétaire général de l’Année politique dirigée par André Siegfried, Edouard Bonnefous et Jean-Baptiste Duroselle. À la demande de Jean-Baptiste Duroselle il prépare une étude pionnière sur la genèse du Plan Schuman, du 9 mai 1950, qu’il publiera dès 1956 dans la Revue française de Science Politique. En 1958 il est chargé de recherche au CERI (Centre d’Etudes des relations internationales rattaché à la Fondation nationale des Sciences politiques, FNSP).

C’est comme chercheur au CERI qu’il participe aux travaux de la Fondation Carnegie pour la paix. À ce titre, il travaille sur le Conseil de l’Europe et l’Organisation européenne de coopération économique. Il a, en 1960, l’opportunité d’être détaché en 1961-1962 à la School of International Affaires de Columbia University à New York (comme « research fellow »).

Auteur, dès 1958, d’un Que sais-je ? sur les organisations internationales [1], il travaille sur la politique française aux Nations Unies puis sur la Société des Nations et l’ONU.

Dès 1962 son statut d’enseignant se modifie. Il est, à partir de la rentrée d’octobre 1962, assistant à la Faculté des Lettres de Paris mais exerce à l’Institut d’études politiques de Paris.

Nommé maître assistant à partir du 1er octobre 1966 à l’IEP, il fait désormais partie du personnel titulaire (très restreint à l’IEP).

C’est à partir du 1er octobre 1964 qu’il est chargé du cours annuel sur la politique d’unification européenne. Quelques années plus tard, il dirige un séminaire conjoint (en collaboration avec les professeurs Colliard et Reuter) sur les Nations Unies et les questions européennes.

Selon le témoignage de Pierre Gerbet lui-même et de Janine Bourdin Borotra, les questions européennes ne sont pas considérées alors comme des thèmes prioritaires mais l’intérêt de cet enseignement est qu’il couvre plusieurs champs disciplinaires. La bivalence des compétences de Pierre Gerbet le prédispose à développer cet enseignement. [2]

II – Vers la direction de recherche en relations internationales et les travaux sur l’Europe, l’évolution de la carrière d’un spécialiste reconnu (1966-2009)

C’est au cours des années 1970 que j’ai eu l’opportunité de rencontrer Pierre Gerbet, tout d’abord en Sorbonne puis à Sciences Po.

À la Sorbonne, dans le cadre du séminaire de recherche en Histoire des relations internationales de Jean-Baptiste Duroselle j’ai le souvenir d’une brillante présentation par Pierre Gerbet d’une publication récente sous le titre La politique d’unification européenne où il y évoquait notamment la genèse du Plan Schuman, en 1974.

Deux ans plus tard environ je retrouvai Pierre Gerbet en 1976 à l’IEP de Paris comme directeur d’un séminaire sur les questions européennes à Sciences Po dans le cadre du jeune cycle d’études d’Histoire du XXe siècle.

L’intérêt de ce groupe de recherche était le croisement des méthodes. Selon son directeur, la méthode utilisée est tantôt la méthode historique pour la détermination des causalités, tantôt la méthode de science politique pour la comparaison et la généralisation et le plus souvent une combinaison des deux. Je m’intéressai à l’époque à la création du Conseil européen et au débat sur l’élection du Parlement au suffrage universel. Les débats engagés lors de ces séminaires m’ont paru novateurs et très fructueux. Cette période est marquée par la parution de nouveaux ouvrages et la participation à des jurys de thèse dont celui de Marie-Claire Smouts en 1975, sur le Secrétariat Général des Nations Unies en tant qu’expert. Dès lors, Pierre Gerbet associant enseignement et recherche franchit de nouveaux échelons dans le « cursus honorum » universitaire.

En 1977, il soutient à la Sorbonne Paris I une thèse sur travaux sur le thème « les organisations mondiales et européennes » ; il s’agit d’un doctorat de lettres et Sciences humaines.

Il est recruté trois ans plus tard comme Professeur des Universités en Sciences Politiques, le 1er octobre 1980, installé en mars 1981, il enseignera à Poitiers jusqu’à la rentrée d’octobre 1984.

Enfin, le 1er octobre 1984 il est nommé Professeur des Universités à l’Institut d’Études Politiques de Paris. Mais atteint par la limite d’âge à la rentrée suivante (à 67 ans) il fait valoir ses droits à la retraite le 1er octobre 1985.

Il continue cependant à diriger des recherches au titre de l’éméritat et animera encore de nombreux séminaires à l’IEP et dans plusieurs universités parisiennes, notamment à Paris I et à Paris III à partir de 1994 où il prend sa part dans des formations de 3° cycle.

Il suit, depuis les origines, les activités du Groupe de liaison des professeurs d’histoire contemporaine auprès de la Commission européenne, où se retrouvent de nombreux collègues spécialistes d’histoire européenne depuis 1984. Il joue un rôle important au grand colloque du trentième anniversaire du Traité de Rome, en 1987, organisé par Enrico Serra. [3]

Son activité éditoriale est de plus en plus importante, marquée par la publication de la construction de l’Europe, avec de très nombreuses rééditions à l’Imprimerie nationale puis Armand Colin de 1992 à 2007. [4]

En 2009, la parution du Dictionnaire historique de l’Europe Unie (Direction Pierre Gerbet, Gérard Bossuat, Thierry Grosbois) Editions André Versailles, est saluée comme une œuvre magistrale de grande importance. Il n’en verra pas la version finalisée puisque l’œuvre paraîtra juste après sa disparition en juillet 2009. [5]

III – Quelques mots en conclusion sur l’ami

Depuis nos premières rencontres, au milieu des années soixante-dix, à la Sorbonne Paris I, puis à Sciences Po, la relation universitaire est devenue, au fil des années, une relation interpersonnelle amicale. Nommée en 1993, à la Sorbonne Nouvelle, Paris III, j’ai beaucoup collaboré avec Pierre Gerbet au développement de divers réseaux interuniversitaires européens des débats qui ont suivi le traité de Maastricht à ceux qui, plus tard, ont concerné l’élargissement de l’Union européenne. Appelée, à partir de 1997, à collaborer avec les responsables de l’Action universitaire Jean Monnet à Bruxelles et bénéficiaire d’une Chaire Jean Monnet, c’est une grande complicité qui nous rapproche. L’organisation de grands colloques à Paris III, sur les débuts de la construction européenne (1996) puis sur l’élargissement (1998), donne à Pierre Gerbet un rôle très important. Nous animons Christine Manigand et moi, plus tard, après 2000, des séminaires doctoraux autour de l’UFR d’études européennes et de l’École doctorale « Espace européen contemporain », dont il est le professeur référent. Plus récemment, c’est dans le cadre du Centre d’Histoire de Sciences Po, qu’il participe étroitement aux débats de ce centre de recherche. [6]

Cette collaboration amicale se traduit par un premier legs, en 2007, du Professeur Gerbet, à la Bibliothèque universitaire de Paris III, au profit des étudiants de l’UFR d’Études européennes, alors dirigée par Jean-Marc Delaunay. C’est à ce titre qu’il intervient, dans un important colloque, au printemps 2007, à l’occasion du 50° anniversaire du Traité de Rome. [7] (Un second legs a suivi en 2009). Sa disponibilité, sa qualité d’écoute, sa grande discrétion, sa fidélité exemplaire sont unanimement reconnues dans tous les cercles universitaires, et au-delà, notamment à la Maison de l’Europe où nous nous retrouvions très souvent autour de Catherine Lalumière et Jean-Paul Gouzy, ou à l’ARRL autour de Robert Toulemon.

Cet hommage est une très modeste contribution en hommage à un historien et un ami qui nous manque déjà beaucoup. Nous savons qu’il restera vivant dans nos esprits et que son œuvre perpétuera son souvenir.


✽✽✽

✔ Christine Manigand, Professeur des Universités


Ce n’est pas sans émotion- et je sais qu’Anne (Dulphy) doit la partager- que je prends la parole devant vous dans le cadre de cet hommage à Pierre Gerbet. Trois images incarnent pour moi la riche personnalité de Pierre Gerbet : tout d’abord celle d’un homme élégant, courtois, à la silhouette longiligne, ensuite celle d’un homme pudique et réservé mais toujours disponible, attentif aux autres et enfin, la figure d’un grand intellectuel.

C’est sur cet intellectuel que j’aimerais revenir, un intellectuel plein d’humanité que je revois dans les toutes dernières années assistant au séminaire du Centre d’histoire de Sciences Po, à la fois discret mais posant toujours les bonnes questions ou rappelant les enjeux de tel débat européen.

La difficulté pour évoquer son parcours réside non seulement dans sa richesse, mais surtout dans le fait qu’il échappe à tout classement : historien ayant suivi un cursus classique (agrégation) tout en étant étudiant à Sciences Po, Pierre Gerbet a entrepris dès ses premiers travaux de recherche de faire cohabiter la méthode historique et celle propre aux sciences politiques, et c’est bien sous l’angle de la science politique ou des études politiques qu’il aborda ses premières fonctions. Dès 1949, il assura le secrétariat général de L’année politique, qui retraçait l’actualité de très près, dirigée par André Siegfried, Edouard Bonnefous et Jean-Baptiste Duroselle. Il y côtoya directement les milieux politiques et journalistiques. C’est par ailleurs en sciences politiques qu’il obtint son premier poste de professeur à l’Université de Poitiers. En tant qu’historien de formation, il se signala très tôt également par son intérêt pour l’histoire du temps présent ; le plus éclairant à cet égard est de reprendre sa formule dans l’interview qu’il avait bien voulu nous accorder, avec Anne, le 3 mai 2007, pour la revue électronique n°2 du Centre d’histoire de Sciences Po (www.histoire-politique.fr) :

« Mon intérêt allait à l’histoire actuelle alors que la plupart des historiens restaient très prudents en raison du problème de l’ouverture des archives et ne s’intéressaient pas à ce domaine comme les politologues ».

Ainsi, lorsqu’à l’initiative de Jean-Baptiste Duroselle, qui animait alors à Sciences Po un petit groupe de recherches sur la politique étrangère de la France, le rôle des opinions publiques et des partis sur la politique étrangère, il entreprit au début des années 50, une étude de cas, il opta pour le Plan Schuman, ce fut donc un travail « à chaud » constitué avant tout de témoignages des principaux acteurs qu’il livra à la Revue française de sciences politiques en 1956 (La genèse du Plan Schuman : des origines à la déclaration du 9 mai 1950) -un de ses plus beaux articles-, et qu’il enrichit progressivement grâce à de nouvelles découvertes jusqu’à le reprendre 50 ans plus tard pour une contribution, « La naissance du Plan Schuman » dans l’ouvrage dirigé par Andreas Wilkens sur le Plan Schuman, en 2004 (Le Plan Schuman dans l’Histoire : intérêts nationaux et projets européens).

Son ouverture aux autres méthodes déboucha sur celle à d’autres disciplines et il fut épris là aussi très tôt de pluridisciplinarité qu’il put concrétiser dans la structure offerte par Sciences Po. Il mit l’accent sur les questions institutionnelles, aspect qu’on lui a parfois reproché, mais aussi sur les problèmes économiques. À Sciences Po, il enseigna d’abord en tant que chargé de cours à partir de 1964 (puis professeur en 1985) ; Véronique Auzepy-Chavagnac qui a suivi ses conférences se souvient de sa disponibilité et du fait qu’il connaissait le nom et le prénom de chacun de ses étudiants. Ce fut lui qui proposa le premier cours au directeur de Sciences Po de l’époque, Jacques Chapsal, sur la politique européenne « La politique d’unification européenne ». Le contexte n’était pourtant guère favorable en pleine période de la crise de la chaise vide… Parallèlement et dans ce souci d’ouverture aux autres disciplines, il anima avec le juriste Paul Reuter un séminaire de 3e cycle où il allia la discipline historique et juridique. S’y rencontrèrent des juristes, des économistes et des historiens. S’il a joué le rôle de précurseur, il fut aussi un relais, sans jamais s’approprier le sujet qu’il avait été le premier à développer en France, les questions européennes. Sujet qui ne doit pas occulter ses autres centres d’intérêt, les organisations internationales ou plutôt les rapports des États avec les organisations internationales (Le rêve d’un ordre mondial de la SDN à l’ONU, 1973) ou la politique extérieure de la IVe République, (Le relèvement de la France 1944-1949), 1991, IN.

J’ajouterai, en effet, la contribution que Pierre Gerbet a bien voulu nous donner pour le Dictionnaire critique de l’Union européenne que nous avons codirigé avec Anne chez Armand Colin. Nous avons longuement disserté sur le terme « critique » pour lui expliquer ce que nous entendions par là. Alors que lui-même avait, et depuis fort longtemps, en chantier son propre Dictionnaire dont Gérard Bossuat parlera, il n’a pas hésité un instant et nous avons reçu son article sur la Coopération politique européenne (CPE) qu’il avait fait taper pour nous éviter de déchiffrer son écriture, avec toujours ses mêmes qualités : une précision redoutable des connaissances, leur constante mise à jour et une exigence de style traquant jusqu’à la moindre virgule absente.

Enfin, il faut évoquer l’intellectuel indépendant qui refusa de s’engager dans l’action proeuropéenne. Son admiration pour Jean Monnet n’alla pas jusqu’à accepter la proposition de ce dernier au milieu des années 60 de participer aux travaux du Comité d’action pour les Etats-Unis d’Europe. Son engagement- et il le revendiquait- fut celui de ses ouvrages et de ses nombreuses publications. Ces quelques mots ne suffisent évidemment pas à rendre compte d’une très belle personnalité qui nous manque.

Lorsque le sujet « Penser et construire l’Europe de 1919 à 1992 » fut inscrit aux programmes des concours de recrutement de l’enseignement en histoire, l’opportunité -et la nécessité pour les étudiants et les enseignants- se présenta de publier une nouvelle édition de La construction de l’Europe et je me permets de vous faire part du témoignage de Corinne Ergasse Varisse qui l’accompagné pour cette réédition chez Armand Colin.


✽✽✽

✔ Corinne Ergasse, éditrice, Armand Colin


Nous avons eu l’occasion, chez Armand Colin, de côtoyer Pierre Gerbet pour la parution de la 4e édition de son ouvrage, La construction de l’Europe. Les éditions précédentes, comme vous le savez, avaient été publiées à l’Imprimerie nationale qui, depuis, avait cessé d’éditer.



Lorsque j’ai présenté ce (beau) projet au comité d’édition, en précisant que l’ouvrage était déjà connu des étudiants qu’on appelait d’ailleurs « Le Gerbet », la direction de l’époque m’a rétorqué : « Gerbet, connais pas » (sic).

Mon interlocuteur avait pourtant, je crois, fréquenté les bancs de Sciences Po mais en séchant les cours d’histoire, entraîné par un condisciple : Luc Chatel, peut-être ?

Finalement, et après avoir obtenu l’appui de certains auteurs spécialistes des relations internationales et de l’Europe (merci à Anne Dulphy et Maurice Vaïsse entre autres), le contrat a pu être signé mais la mise à jour devait être faite très rapidement, la question du Capes-Agreg de 2007 étant justement tombée sur la construction de l’Europe.

En rencontrant Pierre Gerbet, j’ai découvert non seulement un auteur de qualité, à l’écriture nette et précise (et exempte de fautes d’orthographe et d’erreurs de syntaxe, ce qui est loin d’être le cas de tous les historiens !) mais également un homme humble et aimable qui me remerciait de cette publication : un comble !

Son seul défaut, mais en était-ce vraiment un, était qu’il ne connaissait pas vraiment Internet et sa messagerie et écrivait à la main mais quand on n’a pas à changer une virgule à un texte, on accepte volontiers ces petites « fantaisies » d’auteur. D’autant que Sarah Becker, étudiante à Sciences Po, était venue renforcer l’équipe pour toute la production de la rentrée universitaire. Elle possédait l’édition précédente de l’ouvrage, considéré comme une Bible par tous les étudiants qui se respectent, et m’a d’emblée parlé du « Gerbet ».

La construction de l’Europe est un ouvrage de fonds par excellence et a été bien accueilli à sa sortie, comme nous l’avions prévu. Pierre Gerbet évoquait déjà la mise à jour de la prochaine édition. Je pensais également que nous pourrions effectuer une actualisation de son ouvrage et aurais accueilli avec joie de nouveaux feuillets manuscrits de mon auteur.

Quand a été publié le Dictionnaire critique de l’Union européenne l’année suivante, Christine (Manigand) et Anne (Dulphy), codirectrices de l’ouvrage, ont fait appel à lui pour une notice sur la Coopération politique européenne mais elles parleront mieux que moi de leur collaboration à cette occasion.

Croisé au Salon du livre 2008, il s’est révélé un accompagnateur érudit et plein d’humour.

Le monde de l’édition est fait d’aléas, d’occasions manquées ou de rencontres décevantes mais également de bonnes surprises, alors merci à vous Monsieur Gerbet de m’avoir permis d’apprécier non seulement la valeur et l’érudition d’un auteur mais aussi ce qui fait qu’on s’attache à un être : sa profonde humanité.

Au nom de toutes les générations d’étudiants qui ont pu et qui pourront encore à l’avenir et grâce à vous appréhender l’histoire de l’Union européenne, je tiens à vous exprimer mon infinie reconnaissance et considère comme une chance d’avoir pu croiser votre route.


✽✽✽

✔ Gérard Bossuat, Professeur des Universités


Je dois excuser l’absence pour diverses raisons de personnes qui auraient aimé être là et ont manifesté de l’intérêt pour cette soirée : c’est le cas des professeurs Maurice Vaïsse et Georges-Henri Soutou ou Andreas Wilkens.


Le décès de Pierre Gerbet s’est produit après les grands travaux que nous venions de mener à bonne fin sur le dictionnaire historique de l’Europe unie, grâce à sa vigilance et à son attention remarquable et dans un dialogue commun, constant et intensifié dans les 9 derniers mois.

Mes collègues viennent de rappeler, en fonction de l’expérience qu’elles ont eue de leur relation avec lui, une partie de l’itinéraire intellectuel de Pierre Gerbet. Pierre Gerbet était agrégé d’histoire, et docteur es-lettres, professeur de lycée et professeur de Sciences politiques à l’université de Poitiers et, en fin de carrière, professeur à l’IEP de Paris. Il m’est difficile d’évoquer toutes ses publications qui, sans être pléthoriques, n’ont cessé de provoquer réflexion et développement. Plusieurs d’entre elles restent essentielles pour l’explication de la construction européenne.

Gerbet a publié 7 textes dans la Revue française de Science politique entre 1957 et 1965 [8] Je pense en particulier à son article sur « la genèse du plan Schuman, des origines à la déclaration du 9 mai 1950 » de 1956 [9] qui portait sur la décision en politique étrangère, « un acte de prévoyance » écrit-il : « l’idée de pool allait exactement dans le sens de la politique française, elle constituait une solution à des problèmes qui se posaient depuis quelques années à la France sur le plan mondial, sur le plan euro¬péen, sur le plan allemand ».

Il tenait aussi à une notice donnée pour l’Annuaire d’histoire administrative européenne, « La Haute Autorité de la CECA ». [10] Il publie un article « René Mayer, président de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l’acier » [11], Il a collaboré avec Joel Rideau, Maurice Torelli et Roger-Michel Chevallier à un ouvrage sur La France et les Communautés européennes [12] . Bien entendu, il suit les affaires communautaires et publie en 1987 un petit ouvrage : 1957, la naissance du Marché commun, chez Complexe, réédité en 2007. Il reprend aussi à la lumière de l’historiographie récente, en 2004 : « La naissance du plan Schuman » dont cette version, estime-t-il est « une version quasi définitive » [13].

Pierre Gerbet est aussi un historien des relations internationales à travers ses recherches sur la société internationale. Il publie en 1963 un Que sais-je ? sur les Organisations internationales [14] et en 1996 le Rêve d’un ordre mondial, de la SDN à l’ONU avec Marie-Renée Mouton et Victor-Yves Ghebali [15] . J-B Duroselle lui demande d’écrire, Le relèvement,, 1944-1949, (avec la participation de Jean Laloy, Jacques Dupuy, Jacques de Folin, Henry Rollet ) qui est une histoire de l’Europe et surtout de la France en reconstruction, publié en 1991 [16] ; Un ouvrage rassemblant des textes, écrit en collaboration avec Gérard Naphylian et Françoise de la Serre, L’ union politique de l’Europe, Jalons et textes, est publié à la Documentation française en 1998. Attentif aux rapports franco-allemands, Gerbet a écrit « Le couple franco-allemand et l’intégration européenne » [17]. Intrigué par un des thèmes de recherche de l’IPR sur l’identité européenne, Pierre Gerbet a donné un texte pour La revue d’histoire de l’intégration européenne, sur la citoyenneté européenne [18].

Il tenait beaucoup à son ouvrage sur La Construction de l’Europe [19], livre dont la première édition date de 1983 et la 4e de 2007 et qui a contribué à le faire connaître auprès de nombreux professeurs et étudiants des Instituts d’Études politiques et des Universités, (traduit en tchèque) [20], La Construction de l’Europe est une histoire institutionnelle de la construction européenne, ainsi que le remarquait, en 1984, Paul Reuter dans la RFSP [21] La solidité de la pensée de Gerbet en termes institutionnels et politiques ont permis à d’autres historiens, je pense aux internationalistes réunis par René Girault puis par Robert Frank à Paris-1, de développer des aspects nouveaux de la recherche sur l’histoire de l’unité européenne, tant en ce qui concerne l’histoire des organisations de coopération que des racines de l’unité ou de ses développements économiques, sociaux et culturels, dans le contexte des relations internationales ou encore les parcours biographiques des acteurs de l’unité. Il a d’ailleurs donné en 1998 un article sur « Jean Monnet-Charles de Gaulle, deux conceptions de la construction européenne » qui est un écho à celui de Duroselle dans Itinéraires , que Wilkens et moi avons publié en 1999 dans les actes d’un colloque [22].

L’histoire de la construction européenne n’est pas seulement une construction juridique. Elle doit toujours refléter les divers aspects de la vie des sociétés humaines et s’ancrer dans l’histoire longue de l’Europe et du monde comme dans celle des nations d’Europe. Pierre Gerbet expliquait en 2007 que « l’Europe mérite de toute façon une étude historique telle que la concevait Jean-Baptiste Duroselle qui a écrit un remarquable ouvrage sur L’Europe, histoire de ses peuples en 1990 » [23]. Pierre Gerbet a aussi écrit pour la bibliothèque multimedia, European Navigator (ENA) du château de Sanem au Luxembourg. Pour tenter de faire le point sur l’état de la recherche en France, il a publié en 1995, La France et l’intégration européenne. Essai d’historiographie [24]. Enfin sa vie intellectuelle est illustrée par la direction de l’ouvrage dont je parlerai ensuite, le Dictionnaire historique de l’Europe unie [25].

Pierre Gerbet a dirigé les thèses dont les sujets relevaient de l’histoire de l’unification européenne : Ali Kazancigil sur « Les négociations entre la Communauté européenne et la Turquie », soutenue en 1963, Dominique Moïsi, sur « La France et la défense de l’Europe : de la CED à l’armement nucléaire, réalités politiques et analyses stratégiques », en 1975, Marie-Claire Smouts sur « Le secrétariat général des Nations unies, son rôle dans la solution des conflits internationaux », ou encore Robert de Bruin sur « Les Pays-Bas et l’intégration européenne », en 1978.

J’ai mis du temps à comprendre comment fonctionnait intellectuellement Pierre Gerbet mais j’ai pu apprécier, à sa juste mesure, son apport à la compréhension des questions européennes contemporaines. J’ai pu mesurer l’efficacité de sa pensée en le voyant rédiger certains articles de ce dictionnaire ou en échangeant avec lui sur leur contenu, souvent à partir de 20h 30… ! Il m’a donné l’envie d’apporter la plus grande précision à la rédaction des articles sur l’Europe communautaire dont l’histoire est complexe ; Cette précision du détail, très utile pour des articles de droit institutionnel communautaire, venait sans doute de la culture juridique progressivement acquise du fait de la fréquentation des politologues de Sciences-Po Paris et des acteurs de la construction européenne. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié d’une part qu’il participe au jury de mon HDR en 1992, car il était le seul spécialiste de la construction institutionnelle européenne, et aussi qu’il prête une attention renouvelée, jusqu’au bout, aux petites découvertes ou aux nouvelles pistes de recherche que les chercheurs en histoire de la Construction européenne présentaient au public intéressé. Je me souviens du colloque d’Aachen en 1986 du Groupe de liaison où nous avions sympathisé. Pierre Gerbet recherchait le contact avec les jeunes chercheurs en cours de thèse pour toujours sentir au mieux les nouveautés mises sur le « marché ».

Pierre Gerbet a défendu l’idée de l’histoire immédiate, celle du temps présent, de l’histoire en train de se faire. Il en a été le témoin en assistant à la première session de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe en 1949 au titre de sa collaboration à l’Année politique. Il a préparé son papier sur la genèse du plan Schuman, à la demande de Jean-Baptiste Duroselle, en pratiquant l’histoire orale. Cette volonté d’impliquer les méthodes de l’historien dans l’histoire immédiate relève sans doute du combat impossible ; car comment accéder à des sources variées et fiables quand elles ne sont pas consultables ? Pourtant ce goût pour l’histoire immédiate, pour les sources orales a donné envie aux plus jeunes historiens d’appliquer leur science et leur volonté à la vérification minutieuse des faits constituant la très jeune histoire des Communautés européennes. Il lui aura donné ses lettres de références que d’autres chercheurs développeront ou mèneront dans des champs nouveaux, telles l’histoire interculturelle, l’histoire sociale de l’Europe communautaire. Pierre Gerbet est aussi un historien de la méthode communautaire. Il en était même un défenseur acharné, évoquant de ce fait l’état d’esprit des pionniers de la construction européenne. Observateur certes, mais acteur aussi d’une certaine façon, il tient une place importante dans la galaxie des historiens des Relations internationales et de l’Histoire de l’Europe, mais une place spéciale en ce sens qu’il a été touché, comme beaucoup d’hommes de sa génération, (il est né en 1919), par l’étonnante réconciliation franco-allemande au point de faire de l’unité européenne qui en résulta le point focal de son travail universitaire. Sa manière d’habiter son sujet ne lui avait pas toujours valu la sympathie de certains historiens, mais pour les chercheurs des années 90 il avait conquis sa place dans les milieux de la recherche en histoire contemporaine. Elle ne lui est plus disputée.

Un souhait maintenant ; j’espère que l’impulsion qu’il a donnée à ces recherches, que les enseignements qu’il a dispensés à Sciences Po-Paris, que les livres et articles qu’il a écrits contribueront à éveiller les consciences européennes. Car s’il est un message de Pierre Gerbet c’est bien que les temps sont venus de construire une Union européenne capable de relever les défis actuels ; une vérité qu’il portait et diffusait avec conviction et talent.

Venons en maintenant au dictionnaire de l’Europe unie, publié chez André Versaille éditeur, Bruxelles, 2009. Cet euro dictionnaire, comme nous l’appelions, est une idée que j’ai proposée à Michel Dumoulin, directeur de l’IEE de Louvain la Neuve qui y a associé Thierry Grosbois, et à Pierre Gerbet en 1992. Notre idée était de nous appuyer sur nos compétences complémentaires d’historiens. À Gerbet le soin d’écrire les articles concernant les institutions, à Dumoulin et aux chercheurs de l’IEE celui de rédiger les notices sur les acteurs Benelux et les aspects économiques, à moi – même ce qui concernait d’autres entrées liées à mon expertise. Dans certains domaines nous avons pensé nous appuyer sur la richesse de l’IEE de Louvain et sur les opportunités existantes à l’IPR de Paris-1 (Histoire). Ce dictionnaire n’est pas le seul à couvrir le champ de l’intégration européenne mais il a son originalité : l’insertion systématique dans l’histoire. C’est donc un travail d’historiens, pas de constitutionnalistes, ni d’institutionnalistes, ni de politologues mais l’utilisation de plusieurs disciplines.

Des vicissitudes ont mis à mal le projet : retards de rédaction inéluctables, désengagement du professeur Dumoulin, sinon de l’IEE de Louvain, pour raisons de santé, difficultés à trouver à l’IEE un remplaçant, ce sera Thierry Grosbois ; dispositions ondoyantes de l’éditeur vis-à-vis du projet. Les articles étaient rédigés en 1999 et les premiers placards sortis en mars 2002. Il fallait réviser les articles, certains ayant été rédigés au début des années 90. Beaucoup ont été réécrits, complétés, entre 2003 et 2008. On n’oubliera pas que ce travail de « bénédictin » par certains côtés, devait être mené de front avec le travail d’enseignements en université, de recherche, de préparation de colloques et de publication. Cette période qui va de 2003 à 2008 a été riche d’émotions et de travail. Pierre Gerbet s’est alors engagé à fond dans la direction de l’ouvrage, ie dans la relecture des articles sur lesquels nous échangions nos opinions et pour lesquels il faisait des propositions d’amélioration tout en étant en relation avec l’éditeur, André Versaille, qui lui aussi demandait des modifications ou apportait des modifications. Thierry Grosbois assurait, vaille que vaille, la relation avec le groupe de jeunes chercheurs de l’IEE de Louvain. Un dernier obstacle, considérable, a dû être encore surmonté entre octobre 2008 et avril 2009, certains collaborateurs exigeant avec raison d’ailleurs de pouvoir réviser l’article qu’ils avaient donné et qui avait été imprimé déjà dans les premières épreuves.

L’épreuve a été surmontée au prix d’une dépense d’énergie considérable et de diplomatie. L’ouvrage a été publié en avril 2009 provoquant un immense soulagement. Le dictionnaire comprend 226 articles longs, moyens et courts, quelques-uns sous une double signature. Pierre Gerbet en a écrit 80, Gérard Bossuat 60 et Thierry Grosbois 51, le groupe de l’IEE en a écrit 32 [26], le groupe de l’IPR 8 [27].

Pourquoi un dictionnaire de l’unité européenne ? Parce que l’unité, une transformation profonde des rapports entre pays européens, est unique dans l’histoire de l’Europe. Par « unité européenne », nous entendons l’ensemble des efforts déployés pour surmonter les antagonismes séculaires dus au morcellement territorial, religieux, idéologique de l’Europe pour développer les solidarités, les inscrire dans des institutions permettant aux nations de coopérer pacifiquement, de s’intégrer progressivement dans un vaste ensemble capable d’assurer la paix et la prospérité et de concrétiser l’identité de l’Europe par rapport au reste du monde. C’est donc un vaste sujet aux aspects complexes sur lequel les ouvrages spécialisés se sont multipliés, mais qui reste difficilement accessible au grand public. D’où l’utilité d’un dictionnaire qui permette de trouver facilement des réponses précises aux questions que l’on se pose à propos du système européen dans lequel on vit.

Pourquoi un dictionnaire historique ? Il ne s’agit ni d’un annuaire, ni d’un répertoire limité à l’état actuel des choses. S’agissant d’un processus évolutif s’étendant sur de longues périodes, la perspective historique est indispensable à la compréhension du présent. Comment y voir clair dans la complexité des institutions européennes, des politiques mises en œuvre, des réussites et des échecs sans connaître le rôle joué par les acteurs nationaux et européens, par les circonstances changeantes des relations internationales ? La diversité du « chantier européen » s’explique par la multiplicité des facteurs qui ont joué au fil des ans et qui ont donné naissance à des formes d’organisations originales, intermédiaires entre la simple coopération entre États souverains et l’idéal fédéraliste difficile à faire admettre aux vieilles nations si hétérogènes. L’Union européenne, avec le système communautaire, s’efforce de conjuguer ces deux méthodes par réalisme et souci d’efficacité. C’est sa genèse et son évolution qui en expliquent les caractéristiques.

Quels sont les éléments qui ont été retenus pour couvrir ce vaste sujet ? Il fallait tenir compte de la diversité des facteurs intervenant dans cette création continue qu’est l’Union européenne, fruit du processus d’unité.

D’abord, les hommes qui jouent un rôle déterminant en lançant des idées ou en prenant des initiatives, depuis les écrivains et militants de l’idée européenne, aux responsables politiques en position de la concrétiser. C’est pourquoi le Dictionnaire comporte de nombreuses biographies de personnages envisagés sous l’angle de leur action européenne. Des forces collectives interviennent également : les mouvements européens exprimant un idéal, les groupes de pression agissant pour la défense d’intérêts particuliers, les idéologies politiques et les partis quand leurs programmes font place à l’Europe, les mouvements de l’opinion publique. L’euro-scepticisme, thématique relativement nouvelle dans l’historiographie, y trouve sa place dans les articles sur la CED, la CPE ou le traité sur la Constitution européenne de 2005 et dans les articles portant sur les Etats européens ou les partis politiques face à la construction européenne.

Les États nationaux sont des acteurs incontournables de la construction européenne. Il faut connaître leurs particularités, leur attitude à l’égard de l’organisation de l’Europe et des formes à lui donner, leur rôle dans les institutions européennes. Les avancées sont le résultat d’un compromis entre gouvernements d’autant plus malaisés que le nombre de ceux-ci s’est accru, passant de six pays fondateurs à vingt-sept et bientôt davantage. D’où la présentation des politiques européennes des États.

Les institutions communes des Communautés à l’Union européenne font l’objet de notices détaillées sur leur genèse, leur composition, leur mode d’action, leur évolution. Les Traités successifs sont analysés, jusqu’au traité de Lisbonne. Les structures sont décrites avec la compétence de chaque organe (Conseil, Commission, Parlement, Cour de justice), ainsi que les diverses politiques mises en œuvre et les lacunes qui subsistent. Ainsi les citoyens, concernés directement par l’Europe, peuvent-ils s’informer de façon claire et avoir les explications nécessaires.

Des articles plus généraux (prospective, identité européenne, tableaux de l’Europe après les guerres) viennent rappeler que l’histoire de l’Europe unie est aussi celle des Relations internationales, des idées et idéologies, de la vie intérieure des États, du comportement culturel des sociétés et partiellement celle d’un espace public européen peu développé encore.

Un heureux destin dans le malheur de la disparation de Pierre Gerbet aura permis à ce dictionnaire de voir le jour à la veille du décès de Pierre Gerbet. Il renforce le sentiment de gratitude que nous éprouvons à son endroit, comme cet hommage le montre. Les travaux de Pierre Gerbet restent ; ils sont des éléments essentiels sur la longue route de la recherche en histoire de la construction européenne.





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