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Retour sur quelques enjeux de la politique comparée

Sophie BÉROUD

Ce que l’on désigne sous le terme de « Politique comparée » constitue depuis l’institutionnalisation de la science politique comme discipline à part entière – ce processus de reconnaissance ayant suivi des étapes et des temporalités différentes dans les champs académiques nationaux [1] –un sous-domaine relativement bien identifié. L’idée que la comparaison est au fondement des questionnements sur le politique, sur les formes des régimes et sur les modalités d’exercice du pouvoir, renvoie à de « grands ancêtres » qu’il est devenu habituel de placer, dans les manuels destinés aux étudiants de licence, dans la généalogie des précurseurs de la discipline, d’Aristote à Tocqueville [2]. La délimitation de la spécialité « Politique comparée » en tant que telle a cependant été bien plus rapide et bien plus marquée dans les universités anglophones que dans les universités françaises. Le lancement de revues spécialisées telles que Comparative Political Studies ou Comparative Politics dès 1968 et l’établissement de départements d’étude entièrement consacrés à la politique comparée ont contribué à consolider un sous-champ académique, tourné vers la discussion de ses propres références centrales et de ses propres paradigmes. Si la production nord-américaine est largement dominante dans ce domaine, un certain renouveau s’est fait sentir dans la littérature scientifique francophone à partir du milieu des années 1990, sous l’impulsion notamment de chercheurs belges et suisses. Le lancement d’une nouvelle revue, La revue internationale de politique comparée (RIPC), en 1994, comme la tenue d’un colloque à Bordeaux en 2002 intitulé « Faire de la politique comparée au XXIe siècle » dont sont issus deux ouvrages [3], ainsi que la publication d’une série d’articles théoriques et méthodologiques [4] sur la façon d’envisager et de mener la comparaison, ont contribué à relancer les débats scientifiques. Pour autant, s’il est donc établi dans la discipline que la « politique comparée » est une spécialité reconnue et faisant sens au moins du point de vue académique – un nombre conséquent d’associations professionnelles de science politique, nationales ou internationales, lui consacre par exemple des sections spécifiques –, la plupart des spécialistes du domaine s’accordent pour convenir que, malgré différentes tentatives pour établir le contraire, elle ne dispose pas réellement d’un objet spécifique, mais plutôt d’une méthode [5]. Et sur ce plan, la science politique ne se distingue pas de la sociologie puisque c’est dans cette discipline qu’elle va puiser des éléments de réflexion et de conceptualisation [6]. La dimension réflexive sur la façon de mener la comparaison, de la rendre heuristique, est ainsi fortement présente dans la production scientifique en science politique, mais dans le cadre d’une interaction décisive avec les débats menés au sein des autres sciences sociales, dont en premier lieu la sociologie, mais aussi l’histoire. Nous ne saurions prétendre, dans cette contribution, établir un panorama exhaustif des principales orientations en politique comparée, synthèse que d’autres auteurs ont d’ailleurs déjà proposée [7]. Nous nous proposons de revenir, en premier lieu, sur quelques options fondamentales qui permettent de comprendre la logique de constitution de ce sous-champ de la science politique. Nous essayerons de montrer, ensuite, comment les questionnements et les terrains d’étude se sont partiellement renouvelés au cours des années 1990-2000. Enfin, ces éclairages nous permettront de réfléchir à la façon dont la politique comparée envisage les mobilisations collectives et aux questions qu’elle soulève face à un objet comme les rébellions urbaines [8].

La politique comparée comme sous-champ disciplinaire : principaux objets et orientations dominantes

La plupart des travaux qui reviennent de façon critique sur l’histoire de la politique comparée comme sous-champ au sein de la science politique insistent sur quelques grands clivages – le plus souvent sous forme d’oppositions binaires – et sur une succession de paradigmes qui ont contribué à la fois à polariser et à structurer la production scientifique. Pour autant, avant même d’évoquer ces lignes de fracture internes, il convient de noter que des options communes se retrouvent dans les travaux menés au cours de la période 1950-1970. La première de ces options concerne le choix des objets d’étude perçus comme légitimes. Sous l’influence du droit et des institutions comparées, un grand nombre de travaux se sont ainsi spécialisés dans l’analyse des régimes politiques, dans la classification de ceux-ci (avec, par exemple, les débats sur l’autoritarisme comme forme de régime spécifique [9]) et dans la compréhension du changement politique, que ce soit ou non via un processus révolutionnaire. Une part importante de la production scientifique, sous domination nord-américaine, s’est également orientée vers l’étude du « développement », postulant un lien nécessaire entre développement économique et démocratisation. Très normatifs, également très ethnocentriques – la démocratie libérale étasunienne ou britannique étant prise comme modèle –, ces travaux sont fortement marqués par le contexte idéologique de la Guerre froide dans lequel ils ont été réalisés [10]. Ils ont d’ailleurs largement contribué à disqualifier, par la suite, des macro-comparaisons où un certain nombre de notions – telle celle de « culture politique » – ne sont pas au préalable déconstruites. Le questionnement sur les régimes et sur le changement politique s’est accompagné de travaux sur les systèmes et familles de partis, là encore avec une ambition permanente de classification [11], et sur les comportements politiques. Pour nombre de comparatistes, il s’agit alors avant tout de comprendre le fonctionnement du système politique : la place et le rôle des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, la médiation exercée par les partis politiques sur l’orientation des opinions et du vote, les formes prises par la compétition électorale ou encore l’influence des groupes de pression. Des débats méthodologiques et théoriques façonnent le rapport entretenu à ces différents objets. Un premier clivage concerne la démarche de recueil des données et d’analyse de celles-ci. Les travaux sur les conditions de la démocratisation et de la « normalisation » des régimes à la lumière des critères de la démocratie libérale se sont le plus souvent appuyés sur de grandes enquêtes quantitatives où une batterie de variables se voyait testée. À l’opposé, d’autres chercheurs se sont spécialisés sur certaines aires géographiques ou sur certains pays [12], intégrant davantage la dimension historique et pointant la difficulté à comparer des pratiques politiques inscrites dans des toiles de significations culturelles à chaque fois singulières. Cette opposition, classique en sociologie, a été théorisée par Charles Ragin qui identifie une stratégie comparative centrée sur l’étude d’un cas ou d’un nombre réduit de cas, menée de manière intensive où la démarche sera pour partie inductive et une stratégie totalement déductive centrée sur le jeu de variables dont on va mesurer les effets dans un grand nombre de cas [13]. Or, des critiques distinctes sont adressées à chacune de ces approches méthodologiques : à l’incapacité de « monter en généralité » et à la survalorisation d’une forme de continuité historique dans le premier cas, répond une mise en cause de grilles simplificatrices dans le deuxième cas, le peu d’attention accordée aux pièges du nominalisme et aux conditions de production des données statistiques servant le plus souvent de base à la comparaison. Ce clivage, redoublé par l’inscription dans des paradigmes opposés, se retrouve dans des travaux postérieurs qui ont conféré à la politique comparée une plus forte originalité : à la fois ceux portant sur le processus de construction des États-nations en Europe et ceux relatifs à l’étude des transitions démocratiques. Les premiers, le plus souvent rassemblés sous la catégorie de sociologie historique de l’État [14], se sont efforcés de développer un programme théorique ambitieux, empruntant à Norbert Elias comme à Max Weber et parfois à Karl Marx et à Antonio Gramsci, pour comprendre ce que la forme moderne de l’État national présente de spécifique. Ces travaux – à l’instar des recherches menées notamment par Barrington Moore [15] puis par Theda Skocpol [16] – sont aussi ceux qui ont entretenu le plus de liens avec l’approche historique, au cours des années 1970 et 1980, tout en privilégiant de grandes fresques temporelles comparées, parfois en décalage avec les débats historiographiques sur la nécessité d’une périodisation plus fine et d’une rupture avec de grandes catégories comme les classes sociales ou la nation. Mais c’est dans cette perspective de recherche que s’est noué un dialogue nourri avec des historiens, comme Charles Tilly ou Perry Anderson, eux-mêmes situés au croisement de plusieurs disciplines. Là encore, plusieurs orientations existent au sein du courant de la sociologie historique de l’État [17], avec des travaux qui, influencés par l’anthropologie politique et en particulier par Clifford Geertz, vont conclure à la singularité culturelle irréductible de chaque société, par exemple en ce qui concerne le rapport entre religion et politique [18] – et dès lors à l’impossibilité de définir des catégories d’analyse susceptibles de constituer des outils heuristiques communs – et d’autres travaux qui tentent de maintenir une possibilité de comparaison en revisitant la notion d’aires culturelles. Deuxième objet très en vogue au cours des années 1980, suite à la chute des dictatures en Europe (Grèce, Portugal, Espagne) puis en Amérique latine (Brésil, Argentine, Chili), lesdites « transitions démocratiques » ont constitué un terrain de prédilection pour la politique comparée [19]. Mais si la réflexion sur le processus de state-building a ouvert la voie à un questionnement sur les modalités de construction des institutions (soit la façon dont des affrontements politiques marquent durablement des institutions) et sur l’influence exercée par celles-ci sur le comportement des acteurs, la production sur les transitions n’a pas été sans donner lieu, de nouveau, à des tentatives de modélisation supposées s’appuyer sur des universaux, soit la rationalité des acteurs, le nécessaire calcul des coûts et des bénéfices d’une action politique et la succession de séquences identiques dans tout processus de changement de régime [20]. Elle a, de ce point de vue, constitué un terrain d’affrontement important entre les tenants du renouveau du choix rationnel, paradigme qui demeure dominant dans la science politique nord-américaine et les tenants du paradigme du néo-institutionnalisme historique [21], soucieux de comprendre les effets de structure sur la longue durée, la diversité des « chemins institutionnels » (path dependency) et l’apparition de points de bifurcation [22].

Déplacement des questions et renouvellement des terrains

Au regard des grandes caractéristiques qui viennent d’être succinctement rappelées, il serait légitime de s’interroger sur la capacité de la science politique à dialoguer avec d’autres disciplines par rapport aux enjeux du comparatisme. La prédilection accordée à certains objets – l’État, les changements de régimes, les systèmes de partis – comme le fait de discuter de paradigmes faisant sens en interne mais parfois peu lisibles en dehors du monde académique circonscrit à la science politique, sont autant de tendances qui ont permis de renforcer la politique comparée tout en contribuant parfois à l’isoler. Ce constat ne saurait cependant être généralisé, dans la mesure où un certain nombre de politistes ont réussi à avancer des propositions théoriques discutées dans des champs d’étude connexes, bien que distincts. C’est le cas notamment des travaux sur le néo-corporatisme de Gerard Lembruch et Philippe Schmitter qui ont été amplement commentés aussi bien dans le domaine des relations industrielles qu’en science politique [23]. Pour autant, le renouvellement des principaux paradigmes, comme l’élargissement des terrains d’étude, ont contribué à établir des points de rencontre supplémentaires avec la sociologie et avec l’histoire. Surtout, des phénomènes comme la mondialisation financière – avec tout le recul critique que la définition du phénomène requiert – ou la convergence des politiques économiques dans le cadre du processus d’européanisation, ont contribué à bousculer les catégories les plus fondamentales de la politique comparée. Celle-ci s’est construite, en effet, en comparant des systèmes politiques nationaux et en estimant que cette comparaison, fondée sur la dimension autonome de chaque système, faisait sens. Elle s’est surtout centrée sur le rôle de l’État comme puissance structurante de la société et lieu du pouvoir. Or, cette centralité nourrit aujourd’hui un certain nombre de questionnements, liés aux processus de dépassement de l’État, via le renforcement de formes de gouvernements supranationaux et des niveaux de pouvoir infranationaux. C’est cette « gouvernance multi-niveaux » où les transferts de compétences s’accompagnent de l’instauration de relations différentes entre acteurs publics et acteurs privés, qui se trouve désormais au cœur des travaux comparés sur les politiques publiques et qui interroge la valeur opératoire des catégories d’analyse utilisées jusqu’alors [24]. L’apparition du néo-institutionnalisme historique comme prolongement indirect de la sociologie historique de l’État [25], ou des « approches structuro-configuratives » [26], est assez représentative de ces évolutions dans la façon de construire la comparaison. Les tenants de ce courant [27] ont, en effet, délaissé les études sur le long terme des grandes structures pour se recentrer sur des objets plus réduits (une politique sectorielle par exemple [28]) et des séquences historiques plus restreintes. Il s’agit alors de comprendre, à partir d’un nombre de cas limité, les formes de continuité et de discontinuité dans un secteur donné de l’action publique, dans la façon de définir un problème et de catégoriser le public auquel s’adresse un certain type de mesures, dans la façon aussi de penser les instruments d’intervention. Les institutions sont vues comme pourvoyeuses de contraintes, mais aussi de ressources. Surtout, la relation entre les institutions et les acteurs est appréhendée sur le mode de la réciprocité : les premières, en tant que constructions sociales historiques, délimitent un espace des possibles que l’action des seconds parvient cependant à faire évoluer. Toute une génération de travaux comparatistes en matière de politiques publiques a ainsi mis l’accent sur les différences nationales existantes, malgré des problématiques communes, dans les modalités de prise en charge des problèmes publics par les gouvernants et dans la configuration des acteurs intervenants dans l’élaboration, puis la mise en œuvre de ces dernières [29]. Ces travaux ont également posé la question des influences exogènes aux institutions nationales comme facteurs de transformation de l’action publique et ont soulevé le problème de l’appréhension du transnational, au travers des acteurs producteurs de références, de « modèles » et d’injonction au changement. Patrick Hassenteufel aborde cet enjeu en soulignant combien il ne s’agit pas de considérer le transnational comme un niveau supplémentaire qui viendrait s’ajouter au local, au régional et au national, dans un jeu d’échelle par trop linéaire, mais bien de comprendre ce qu’il implique comme changement de focale [30]. La façon dont ces niveaux interagissent entre eux et créent des interdépendances devient alors centrale pour l’analyse. S’inspirant des réflexions épistémologiques de l’histoire croisée [31], Patrick Hassenteufel suggère qu’il faut non seulement comprendre les interdépendances au regard des effets des politiques menées dans un État sur d’autres – telle la politique monétaire des États-Unis –, mais aussi restituer le caractère dynamique du croisement, dans la mesure où les entités comparées ne sont pas closes sur elles-mêmes. Deux thématiques de recherche découlent de cette posture de recherche au sein des politiques publiques : celle des transferts et celle de la convergence, les deux étant imbriquées [32]. Ces phénomènes peuvent être à la fois déployés dans leurs différentes facettes, qu’il s’agisse par exemple de comprendre pourquoi et comment des convergences s’opèrent entre États dans la définition des objectifs d’une politique sectorielle, mais aussi dans le contenu de celle-ci, dans les procédés d’élaboration (avec la sélection ou l’exclusion de certains acteurs). Ils peuvent être également interrogés pour ce qu’ils disent de la construction de « modèles » et la circulation de ceux-ci. Comprendre les convergences et les transferts incite ainsi à produire une sociologie des agents sociaux qui vont jouer le rôle de passeurs et d’introducteurs, du niveau des institutions internationales par exemple au niveau national, ainsi que de ceux qui contribuent à l’importation et à l’hybridation des modèles. Une telle perspective de recherche a d’ailleurs largement contribué à entrainer vers le domaine de la comparaison les tenants d’une sociologie politique constructiviste [33], dans le sillage de l’œuvre de Pierre Bourdieu, jusqu’alors peu tournés vers ces enjeux. Cette sociologie des acteurs s’est doublée d’une approche critique de la construction des références et des catégories utilisées dans le cadre de ces transferts, approche qui interroge également la porosité des milieux scientifiques vis-à-vis des stratégies discursives des institutions internationales [34] et leur instrumentalisation en tant qu’experts. Les recherches sur les politiques publiques consacrées aux phénomènes de convergence dans le cadre de la mondialisation libérale, ont ainsi constitué un des axes du renouvellement des travaux en politique comparée. Elles ne constituent cependant pas le seul domaine d’étude où la méthode comparative a été actualisée par le fait de repenser la façon de construire les objets étudiés. Nombre de recherches portent désormais sur des phénomènes infra-nationaux ou d’une certaine façon transnationaux, plus difficilement saisissables que des réalités institutionnelles et nécessitant par là même, un effort préalable de définition. Les différents dossiers de la Revue internationale de politique comparée rendent bien compte de ces évolutions par la diversité des thèmes qu’ils proposent : qu’il s’agisse d’aborder des phénomènes tels que la mondialisation du champ religieux ou l’usage politique des massacres [35]. De plus, de nombreux travaux ont été menés sur les mouvements de type « ethno-nationalistes », mettant en question les catégories de régionalisme et de nationalisme et la façon dont ces catégories sont produites par les acteurs mobilisés, en particulier en Europe occidentale [36]. Ce dernier axe de recherche conduit à soulever le problème de la comparaison des formes et des dynamiques de mobilisation.

Comparer des mobilisations : un regard particulier sur les rébellions urbaines ?

Dans une contribution issue d’une journée d’étude organisée en 2006 au Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Annie Fourcaut et Loïc Vadelorge se demandent ce que l’histoire peut apporter comme éclairage à la fois complémentaire et distinct de la sociologie pour la compréhension d’un épisode de rébellion comme les émeutes de novembre 2005 en France [37]. Ils soulignent combien la façon dont des historiens appréhendent cet objet de recherche conduit à envisager des temporalités plus longues et à sortir de l’immédiateté de l’événement, comme de son illusoire nouveauté [38] – ce sont alors différentes périodisations qui sont envisagées – et à relier l’histoire des politiques urbaines, l’histoire de l’immigration et celle du mouvement ouvrier [39]. La prise en compte d’une perspective temporelle plus large ouvre ainsi la voie à une compréhension des émeutes comme l’une des formes du répertoire d’action de groupes politiquement, socialement et symboliquement dominés, qu’il s’agissent des ouvriers à la fin du XIXe siècle ou des jeunes dont les familles ont connu l’immigration aujourd’hui. Il nous semble intéressant d’adresser la même question à la politique comparée. Quels sont les apports auxquels ce sous-champ disciplinaire peut éventuellement prétendre au regard d’un objet comme les rébellions dans les quartiers populaires ? Des éléments de réponse se trouvent dans la manière dont la science politique aborde, d’un point de vue général, la comparaison des mobilisations (inclure ici la forme rébellion dans l’ensemble que constitue la catégorie « mobilisations collectives ») et, de façon plus précise, l’épisode émeutier. L’étude de l’action collective a été fortement marquée, en science politique, par une conception utilitariste et économiciste des comportements sociaux, dite de la « mobilisation des ressources » [40]. À la suite de Mancur Olson, nombre de politistes ont surtout cherché à saisir les rétributions qui permettaient de comprendre l’engagement des individus dans des mouvements collectifs et à rendre compte du rôle des organisations comme entrepreneurs de mobilisation. Ce courant d’étude a été quelque peu infléchi par des chercheurs soucieux de recontextualiser les processus de mobilisation dans leur environnement politique et du coup, d’appréhender les interactions entre les stratégies de mobilisation mises en œuvre par des organisations et les réactions du pouvoir, qu’il s’agisse de politiques de répression ou éventuellement d’ouverture et de cooptation. Cette attention au « processus politique » a effectivement ouvert la voie à des comparaisons plus systématisées, au travers notamment de la notion de « structure des opportunités politiques » [41]. Celle-ci fournirait une sorte de clef de lecture applicable dans différentes configurations nationales pour comprendre l’espace politique dont disposent ou non des mouvements sociaux : via l’analyse du spectre partisan et de sa stabilité, du degré de centralisation de la décision politique, de la composition sociale des élites, etc. Le côté statique de cette notion, le fait qu’elle néglige une dimension fondamentale, soit la façon dont l’existence d’opportunités politiques est perçue ou non par les acteurs mobilisés, ont toutefois nourri de très nombreuses critiques [42]. Il n’en reste pas moins que c’est dans cette optique qu’ont été menées des études s’interrogeant par exemple sur les raisons de l’émergence de mouvements de chômeurs dans certains pays et non dans d’autres (que ce soit dans les années 1930 ou dans les années 1980-1990) ou sur l’émergence de mouvements de salariés précaires. Paul Bagguley montre ainsi que les formes prises par les institutions sociales gestionnaires des allocations chômage sont à appréhender comme autant de dimensions structurantes dans les mouvements de chômeurs [43]. Le caractère décentralisé de ces institutions, les procédures de prises de décision en leur sein, l’implication ou non de syndicats dans la gestion des prestations sociales et la vision que les syndicats entretiennent de cette action (vue comme un acquis social résultat de luttes ou comme une activité bureaucratique) vont compter dans l’ouverture d’un espace politique pour les mouvements de chômeurs. De même, le soutien apporté aux collectifs de sans-emploi par des organisations ayant à la fois une puissance d’action et la capacité de faire entendre des revendications, soit une capacité d’action symbolique, va s’avérer décisive. Ces axes de comparaison ont été repris, à la suite des travaux de Paul Bagguley, pour comparer par exemple les différences entre les mouvements de chômeurs en France et en Belgique dans les années 1990 [44]. D’autres comparaisons portent sur les mouvements de précaires ou de « pauvres », parfois dans un seul pays, parfois dans plusieurs pays, dans l’idée de saisir le rôle déterminant ou non des organisations et des répertoires d’action utilisés [45]. Mais peut-on s’appuyer sur ces réflexions pour étudier un objet comme les rébellions urbaines ? Andrea Rea montre qu’à la fois la comparaison et des outils d’analyse empruntés à la science politique peuvent se révéler particulièrement heuristiques [46]. Le recours à la comparaison permet tout d’abord d’interroger la façon dont ces phénomènes sont qualifiés et sont analysés : alors que les politistes et les sociologues français, dans leur grand majorité, vont discuter des déterminants sociaux de ces formes de révoltes de jeunes en situation de très forte précarité (soit la déstructuration de la classe ouvrière, le chômage, l’échec scolaire, etc.), leurs homologues anglo-saxons, britanniques et américains, insistent beaucoup plus sur les processus de racialisation inscrits dans l’action publique et reproduits par les institutions. Andrea Rea invite justement à combiner une analyse par les déterminants sociaux à la prise en compte de facteurs institutionnels et politiques, par-delà la seule focalisation sur les rapports entre jeunes et forces de l’ordre. Il puise ainsi du côté de l’approche institutionnaliste des mouvements sociaux, centrée sur la notion de structure des opportunités politiques évoquée plus haut, l’idée que l’analyse de ces rébellions ne peut faire l’impasse d’une compréhension des processus de polarisation sociale et de discrimination ethnique produits via les politiques publiques, en particulier celle de la ville et de l’emploi. Il faut dès lors réussir à articuler le niveau micro – l’expérience individuelle et collective de l’injustice sociale et du racisme – et le niveau macro – soit l’existence d’une forme de racialisation non dite dans l’action publique, aussi bien dans son histoire que dans sa dimension contemporaine – pour tenter de rendre compte non seulement du pourquoi, mais aussi du comment, des émeutes [47].

Le fait que la science politique puisse être considérée comme une discipline constituée par hybridation, à la fois par rapport au droit, mais aussi bien sûr à la sociologie et à l’histoire [48], suggère de continuer à penser de façon dynamique cette interaction. Un objet comme celui évoqué dans la dernière partie de cette contribution, soit les rébellions urbaines, peut montrer toute la richesse d’une démarche à la fois comparée et réellement pluridisciplinaire. La politique comparée introduit la question du pouvoir et du rôle des institutions politiques, comme elle contribue à éclairer les conditions de production de l’action publique et ses effets. En s’intéressant aux mobilisations collectives, elle se situe dans un interstice fécond entre la sociologie et l’histoire et contribue, dès lors, à favoriser un jeu d’échelles, à la fois méthodologique et analytique, entre le niveau des individus et des groupes sociaux, la prise en compte du contexte politique, mais aussi des logiques propres à l’élaboration et à la mise en œuvre de l’action publique.

[1] Sur cette institutionnalisation de la discipline, parmi d’autres références : Marc Milet, « L’autonomisation d’une discipline. La création de l’agrégation de science politique en 1971 », Revue d’histoire des sciences humaines, n° 4, 2001, p. 95-116 ; John Coakley, « Évolution dans l’organisation de la science politique : la dimension internationale », Revue internationale des sciences sociales, n° 179, 2004, p. 189-203.

[2] Quelques manuels qui sont devenus autant de « classiques » pour les étudiants francophones : Mattei Dogan, Dominique Pelassy, Sociologie politique comparative. Problèmes et perspectives, Paris, Economia, 1982 ; Daniel-Louis Seiler, La politique comparée, Paris, A. Colin, 1982 ; Bertrand Badie, Guy Hermet, Politique comparée, Paris, PUF, 1990 ; Daniel-Louis Seiler, La méthode comparative en science politique, Paris, A. Colin, 2004 ; Mamoudou Gazibo, Jane Jenson, La politique comparée, fondements, enjeux et approches théoriques, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2004.

[3] Céline Thiriot, Marianne Marty, Emmanuel Nadal (dir.), Penser la politique comparée, un état des savoirs théoriques et méthodologiques, Paris, Karthala, 2004 ; Céline Thiriot, Marianne Marty, Emmanuel Nadal (dir.), Penser la politique comparée, les terrains du comparatisme, Paris, Karthala, 2005.

[4] Nous reviendrons, plus loin, sur ces contributions : Patrick Hassenteufel, « Deux ou trois choses que je sais d’elle. Remarques à propos d’expériences de comparaisons européennes », dans CURAPP, Les méthodes au concret, Paris, PUF, 2000, p. 105-124 ; Patrick Hassenteufel, « De la comparaison internationale à la comparaison transnationale », Revue française de science politique, n° 1, vol. 55, février 2005, p. 113-132 ; Andy Smith, « L’analyse comparée des politiques publiques : une démarche pour dépasser le tourisme intelligent ? », Revue internationale de politique comparée, n° 1, vol. 7, 2000, p. 7-19.

[5] André-Paul Frognier, « Remarques introductives sur la méthodologie du comparatisme », dans Céline Thiriot, Marianne Marty, Emmanuel Nadal (dir.), Penser la politique comparée, un état des savoirs théoriques et méthodologiques…, op. cit., p. 163.

[6] Cécile Vigour, La comparaison dans les sciences sociales, Paris, La Découverte, 2005.

[7] Olivier Giraud, « Le comparatisme contemporain en science politique : entrée en dialogue des écoles et renouvellement des questions », dans Michel Lallement, Jan Spurk (dir.), Stratégies de la comparaison internationale, Paris, CNRS Éditions, 2003, p. 87-106 ; Peter Mair, « Comparative Politics : An Overview », dans Robert E. Goodin, Hans-Dieter Klingemann (dir.), A New Handbook of Political Science, Oxford, Oxford University Press, 1996, p. 309-331.

[8] Notre réflexion s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche intitulé « Genrebellion » financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) et mené dans le cadre des laboratoires IRICE et TRIANGLE. Les travaux de l’équipe, sous la direction de Michelle Zancarini-Fournel, interrogent l’articulation entre les phénomènes de rébellion et les formes de mobilisation et d’engagement.

[9] Les travaux du politiste espagnol Juan Linz sur la définition de l’autoritarisme ont joué un rôle central dans le lancement de cette notion et dans sa discussion. Juan J. Linz, « An Authoritarian Regime : The Case of Spain », dans Erik Allardt et al. (dir.), Cleavages, Ideologies, and Party Systems. Contributions to Comparative Political Sociology, Helsinki, The Academic Bookstore, 1964, p. 291-341. Pour une anthologie de ses œuvres : Juan J. Linz, Fascismo : perspectivas históricas y comparadas, obras escogidas, vol. 1, Madrid, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2008. Il est d’ailleurs intéressant de voir comment aujourd’hui, via des numéros de revues qui lui sont consacrés, Juan Linz est consacré au rang de « père fondateur » de la politique comparée, Cf. Guy Hermet, « Autoritarisme, démocratie et neutralité axiologique chez Juan Linz », Revue internationale de politique comparée, n° 1, vol. 13, 2006, p. 83-94.

[10] Terence Ball, « Una alianza ambivalente : la ciencia politica y la democracia estadounidense », dans James Farr, John S. Dryzek, Stephen T. Leonard (dir.), La ciencia politica en la historia, Madrid, Ediciones Istmo, 1999, p. 61-91 (Trad. de : Political science in History, Cambridge, Cambridge University Press, 1995).

[11] Stein Rokkan a ainsi marqué les discussions scientifiques en politique comparée en proposant une carte conceptuelle des clivages politiques en Europe occidentale fondée sur une compréhension de ces derniers sur la longue durée : Stein Rokkan, « Nation Building, Cleavage Formation and the Structuring of Mass Politics », dans Stein Rokkan (dir.), Citizens, Elections, Parties. Approaches to Comparative Study of the Processes of Development, Oslo, Universitetforlaget, 1970, p. 72-144. Pour une discussion récente de cette approche : Pascale Delfosse, « La théorie des clivages. Où placer le curseur ? Pour quels résultats ? », Revue internationale de politique comparée, n° 3, 2008, p. 363-388.

[12] Vanessa Ruget, « La politique comparée aux États-Unis et la question des area studies » dans Céline Thiriot, Marianne Marty, Emmanuel Nadal (dir.), Penser la politique comparée, un état des savoirs théoriques et méthodologiques…, op. cit., p. 59-74.

[13] Charles Ragin, The Comparative Method – Moving Beyong Qualitative and Quantitative Strategies, Berkeley, University of California Press, 1987 ; Charles Ragin, « Comparaison, analyse qualitative et formalisation », Revue internationale de politique comparée, n° 2, 1996, p. 383-403.

[14] Cf. Bertrand Badie, Guy Hermet, Politique comparée…, op. cit. ; Yves Deloye, Sociologie historique du politique, Paris, La Découverte, 1997, p. 29-52.

[15] Barrington Moore, Les origines sociales de la dictature et de la démocratie, Paris, Maspero, 1969.

[16] Pour renvoyer ici à l’un de ses ouvrages les plus connus : Theda Skocpol, States and Social Revolution : A Comparative Analysis of France, Russia and China, New York, Cambridge University Press, 1979. Sur la carrière des œuvres de Theda Skocpol et sur leur réception : Pierre Bollinger, « Theda Skocpol, l’État, l’histoire et la science politique américaine », Raisons politiques, n° 6, 2002, p. 134-148.

[17] Sur les débats internes à la sociologie historique de l’État : « La sociologie historique. Débat sur les méthodes », Revue internationale des sciences sociales, n° spécial, n° 133, 1992.

[18] Les recherches de Bertrand Badie sur l’État et l’islam s’inscrivent dans cette perspective. Cf. Bertrand Badie, Les deux États : pouvoir et société en Occident et en terre d’Islam, Paris, Seuil, 1997.

[19] Intérêt qui a été renouvelé avec la chute du mur de Berlin et les transitions dans les États d’Europe centrale et orientale. Parmi de nombreux travaux : Nadège Ragaru, « Démocratisation et démocraties est-européennes : le miroir brisé », Revue internationale et stratégique, n° 1, 2001, p. 143-155.

[20] Michel Dobry, « Les voies incertaines de la transitologie : choix stratégiques, séquences historiques, bifurcations et processus de path dependance », Revue française de science politique, n° 4-5, 2004, p. 585-614.

[21] Sven Steinmo, Kathleen Thelen, « Historical Institutionalism in Comparative Politics », dans Kathleen Thelen et al. (dir.), Structuring Politics. Historical Institutionalism in Comparative Analysis, Cambridge, Cambridge University Press, 1992, p. 1-32 ; Kathleen Thelen, « Historical Institutionalism in Comparative Politics », Annual Review of Political Science, vol. 2, 1999, p. 369-404.

[22] Sur la confrontation entre ces différents paradigmes : Olivier Giraud, « Le comparatisme contemporain en science politique : entrée en dialogue des écoles et renouvellement des questions »…, op. cit., p. 93-104.

[23] Philippe Schmitter, Gerhard Lembruch (dir.), Trends toward Corporatist Intermediation, Beverley Hills-Londres, Sage, 1979. Pour une critique raisonnée de ces approches : Martine Dupire, « Idéologies et pratiques du néo-corporatisme, approches théoriques anglo-saxonnes », Cahier du CRMSI, n° 6, 1984, p. 83-91.

[24] Olivier Kourchid, « Théories, méthodes et identités disciplinaires dans les recherches comparatives en sciences sociales. Les rapports contemporains à la sociologie et à la science politique », dans Céline Thiriot, Marianne Marty, Emmanuel Nadal (dir.), Penser la politique comparée, un état des savoirs théoriques et méthodologiques…, op. cit., p. 119-142.

[25] Ira Katznelson, « Structure and Configuration in Comparative Politics », dans Mark Irving Lichbach, Alan S. Zucherman (dir.), Comparative Politics. Rationality, Culture and Structure, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 85.

[26] Olivier Giraud, « Le comparatisme contemporain en science politique : entrée en dialogue des écoles et renouvellement des questions »…, op. cit., p. 100.

[27] Sur les néo-institutionnalismes : Peter Hall, Rosemary Taylor, « La science politique et les trois néo-institutionnalismes », Revue française de science politique, n° 3-4, 1997, p. 469-496.

[28] Parmi d’autres exemples possibles : Patrick Hassenteufel, Claude Martin, « Comparer les politiques publiques au prisme de la représentation des intérêts. Le cas des associations familiales en Europe », Revue internationale de politique comparée, n° 7, 2000, p. 21-51 ; Hélène Buisson Fenet, « L’éducation scolaire au prisme de la science politique : vers une sociologie politique comparée de l’action publique éducative ? », Revue internationale de politique comparée, n° 3, 2007, p. 385-397.

[29] Sur l’analyse des « styles nationaux » de politiques publiques : Jeremy Richardson (dir.), Policy Styles in Western Europe, Londres, Allen & Unwin, 1982.

[30] Patrick Hassenteufel, « De la comparaison internationale à la comparaison transnationale »…, op. cit., p. 123-131.

[31] Ibid., p. 122.

[32] La littérature dans le domaine des politiques publiques est abondante sur ces deux dimensions, ainsi que sur la question des réseaux d’action publique. Cf. David Dolowitz, David Marsh, « Who Learns What From Whom : A review of the Policy Transfer Literature », Political Studies, n° 3, 1996 ; Sarah Russeil, « Transfert de politiques publiques », dans Laurie Boussaguet, Sophie Jacquot, Pauline Ravinet (dir.), Dictionnaire des politiques publiques, Paris, Presses de Sciences-Po, 2004, p. 444-452.

[33] Le meilleur exemple en étant : Yves Dezalay, Bryant G. Garth, La mondialisation des guerres de palais. La restructuration du pouvoir d’État en Amérique latine, Paris, Seuil, 2002. Sur l’analyse d’autres types d’« opérateurs de transfert » : Anne-Catherine Wagner, Vers une Europe syndicale, Boissieux, Éditions du Croquant, 2005.

[34] Gabor Eröss, « Comparer les comparatistes au travail. Éléments pour une réflexion anthropologique sur les configurations langagières dans les recherches transnationales », Revue internationale de politique comparée, n° 3, 2007, p. 399-407.

[35] « La mondialisation du champ religieux : nouveaux acteurs et nouveaux enjeux », Revue internationale de politique comparée, dossier thématique, n° 1, 2009 ; « L’utilisation politique des massacres », Revue internationale de politique comparée, dossier thématique, n° 1, 2001.

[36] Parmi d’autres références : Michael Keating, The New Regionalism in Western Europe, Territorial Restructuring and Political Change, Cheltenham, Edward Elgar, 1998 ; Joseph Rudolph, Robert Thompson (dir.), Política etnoterritorial, Desafíos en las democracias occidentales, Barcelona, Ediciones Pomares-corredor, 1992.

[37] Annie Fourcaut, Loïc Vadelorge, « Les violences urbaines de novembre 2005 sous le regard des historiens », Histoire urbaine, n° 21, 2008, p. 111-125.

[38] Michelle Zancarini-Fournel, « Généalogie des rébellions urbaines en temps de crise (1971-1981) », Vingtième siècle, revue d’histoire, n° 84, 2004, p. 119-127.

[39] Annie Fourcaut, Loïc Vadelorge, « Les violences urbaines de novembre 2005 sous le regard des historiens »…, op. cit., p. 113.

[40] Pour une somme récapitulative et critique de ces orientations théoriques : Daniel Cefaï, Pourquoi se mobilise-t-on ? Les théories de l’action collective, Paris, La Découverte, 2007.

[41] Parmi de nombreux ouvrages analysant ce processus politique et s’appuyant sur la notion de structure des opportunités : Doug Mc Adam, John McCarthy, Mayer Zald, Comparative Perspectives on Social Movements : Political Opportunities, Mobilizing Structures and Culture Framings, New York, Cambridge University Press, 1996.

[42] Olivier Fillieule, « Requiem pour un concept : vie et mort de la notion de structure des opportunités politiques », dans Gilles Dorronsoro (dir.), La Turquie conteste, Paris, CNRS Éditions, 2006, p. 201-241.

[43] Paul Bagguley, « Protest, acquiescence and the unemployed : a comparative analysis of the 1930s and 1980s », The British Journal of Sociology, n° 3, p. 443-461.

[44] Jean Faniel, « Chômeurs en Belgique et en France : des mobilisations différentes », Revue internationale de politique comparée, n° 4, 2004, p. 493-504.

[45] France Piven, Richard Cloward, Poor People’s Movements, New York, Vintage Books, 1977.

[46] Andrea Rea, « Les émeutes urbaines : causes institutionnelles et absence de reconnaissance », Déviance et Société, n° 4, 2008, p. 463-475. Cet article prend place dans un dossier thématique de la revue qui se donne justement pour objet de comparer les émeutes urbaines. Cf. l’introduction du dossier : Dominique Duprez, Michel Kokoreff, « Les émeutes urbaines : comparaisons internationales », Déviance et société, n° 4, 2008, p. 429-430.

[47] Andrea Rea, « Les émeutes urbaines : causes institutionnelles et absence de reconnaissance ».…, op. cit., p. 463 et p. 466-467.

[48] Yves Deloye, Bernard Voutat, « Entre histoire et sociologie : l’hybridation de la science politique », dans Yves Deloye, Bernard Voutat (dir.), Faire de la science politique, Paris, Belin, 2002, p. 7-24.


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