Partenaires

CNRS
Logo Paris 1 Logo Paris 4

Rechercher

sur ce site

sur web cnrs

Nos coordonnées

IRICE
1, rue Victor Cousin
75005 Paris
Tél. 01 40 46 27 90
irice@univ-paris1.fr


Accueil du site ::  Publications ::  Les Cahiers Irice ::  Cahiers n° 4 :: 

Anti-européens et euroconstructifs : les communistes français et l’Europe (1945-1979)

Émilia ROBIN HIVERT

Cette contribution trouve son origine dans un travail de doctorat sur l’idée d’Europe entre l’Est et l’Ouest au début de la Guerre froide. Il s’agissait d’appréhender ce que le bloc oriental comprenait, percevait, lorsque que la France parlait d’« Europe » dans les années 1950. On sait depuis longtemps en quoi consistait la réponse : le monde communiste refusait la construction européenne de type capitaliste ; il considérait l’Europe communautaire comme un aspect de la construction d’un bloc occidental atlantique ; enfin, il estimait que l’intégration de l’Europe occidentale était en fait le moyen utilisé par la RFA, avide de revanche, pour reconquérir la place que l’Allemagne nazie occupait en Europe. Mais sur quels présupposés reposaient ces affirmations, comment s’articulaient-elles les unes avec les autres, et comment se rattachaient-elles au discours global du mouvement communiste ? On essaiera ici de décrire la vision communiste de l’Europe comme un système articulé, et l’on se demandera si le système valide pour les années 1950 peut encore s’utiliser pour décrire le discours communiste sur l’Europe dans les années 1970.

Communistes, Europe et relations internationales

Qu’est-ce qui inspire le discours communiste sur l’Europe dans les années 1940-1950 ? Trois composantes se dégagent : la doctrine marxiste, le climat de Guerre froide, et le projet soviétique en lui-même. La doctrine marxiste présente l’histoire des hommes comme une histoire de la lutte des classes, parvenue désormais à une phase d’affrontement entre le socialisme et le capitalisme, ce dernier étant moribond et utilisant tous les moyens possibles pour retarder la crise qui précipitera sa chute. Les conceptions marxistes inspirent les arguments communistes contre l’« Europe capitaliste », l’« Europe des trusts », par définition conçue pour empêcher le développement du mouvement ouvrier. Le deuxième facteur déterminant l’analyse communiste est le climat de Guerre froide. L’Europe qui se crée à partir de 1947 est étroitement conditionnée par la tension croissante entre l’Est et l’Ouest. Politiquement, le plan Marshall concrétise en Europe occidentale la doctrine Truman énoncée en mars 1947 et le soutien américain aux démocraties européennes ; économiquement, il va permettre la relance de l’économie occidentale et favoriser la coopération entre pays. Pour ces deux raisons, le Plan Marshall est perçu comme à l’origine d’une part d’une communauté occidentale, d’autre part de la construction européenne proprement dite [1]. L’aide américaine devient le point focal des dissensions entre les deux blocs qui commencent à se former, et l’unité européenne devient un slogan que l’on se renvoie : unité de tout le continent, mise à mal par le plan Marshall, disent les communistes, contre unité des États libres, rendue possible par ce plan, affirment les autres partis. L’Europe qui se crée à partir de 1947 est donc étroitement liée au contexte de Guerre froide : elle se constitue dans une Europe occidentale anti-communiste, soutenue par les États-Unis ; elle inclut l’Allemagne occidentale, objet majeur de tensions internationales ; enfin, aux yeux du mouvement communiste, elle apparaît comme un sous-ensemble de l’organisation plus large du monde occidental à travers l’Alliance atlantique. Il n’est qu’à lire les arguments communistes contre le Conseil de l’Europe en 1949 : « Le Conseil de l’Europe sera un tremplin pour intégrer l’Allemagne dans l’Europe occidentale. Cette intégration aboutira à l’abandon de réparations et de la décartellisation de l’Allemagne. [...] Le Conseil de l’Europe ne sera aujourd’hui qu’un haut-parleur pour vanter la civilisation occidentale et demain un moyen pour obtenir des pays adhérents la cession d’une part de leur souveraineté. Le but sera la destruction du sentiment national. L’unification de l’Europe est une sainte-alliance des esclavagistes, car elle s’accompagnera d’un appel à l’action commune aux colonies » [2]. En résumé, conclut la députée communiste qui tient ces propos, les États-Unis font le Conseil de l’Europe pour « faire l’Europe des USA ». Un troisième facteur conditionne en effet les analyses du PCF : le projet de civilisation mis en œuvre par l’URSS dans son bloc. La comparaison est constante : l’Europe de type occidental est rejetée par les partis communistes au nom de l’Europe qui se construit à l’Est. Ce discours est très présent à partir de 1949, quand l’URSS achève de mettre au pas les démocraties populaires et entame la « construction du socialisme ». La presse communiste et progressiste met dès lors en avant le contre-modèle oriental, plus juste, plus démocratique, plus ambitieux, plus généreux. La détente et le thème de la coexistence pacifique encouragent ce discours : l’Europe orientale est imparfaite et inachevée, mais elle est tournée vers l’avenir au lieu d’être une construction défensive au service d’un système voué à disparaître.

Compte tenu de ces facteurs, on peut poser l’hypothèse suivante : à cause du contexte dans lequel elle devient une réalité, la construction européenne est au départ un problème de politique internationale plus qu’un problème doctrinal ou un enjeu de politique intérieure. Par ailleurs, elle s’articule autour de quatre piliers interdépendants qui structurent l’ensemble des arguments, au-delà de la rhétorique et des enjeux circonstanciels.

Structure du discours communiste sur la construction européenne

Il semble que quatre arguments fondamentaux structurent le discours communiste de Guerre froide contre la construction européenne. Tout d’abord, le PCF s’oppose à une Europe capitaliste et bourgeoise. Pour Lénine l’objectif premier d’un rapprochement entre puissances dans le cadre d’« États-Unis d’Europe » est d’assurer à l’échelle européenne la domination des intérêts capitalistes sur les autres classes sociales : « Les États-Unis d’Europe sont également possibles, comme une entente de capitalistes européens... Dans quel but ? Dans le seul but d’étouffer en commun le socialisme en Europe », écrivait-il en 1916 [3]. Par conséquent, la construction européenne est un obstacle à la révolution communiste ou, plus modestement, à la propriété collective des moyens de production. Deuxièmement, les communistes s’opposent à une Europe dont l’URSS ne ferait pas partie. Pour les communistes, la révolution de 1917 et l’instauration d’un régime soviétique en Russie puis en Europe orientale ne sont pas une singularité, mais l’aboutissement de l’histoire européenne tout entière, depuis la démocratie grecque jusqu’aux Lumières en passant par l’invention de l’humanisme. La revue France-URSS l’écrit en 1944 : « Jusqu’ici, l’Occident européen a vécu replié sur lui-même, comme si Paris, Londres, Berlin étaient le centre du monde, détenaient l’élément souverain de la civilisation. [...] Or, à l’heure où l’Occident se tenait dans cette ignorance béate, une des plus grandes expériences qu’ait connue l’histoire des hommes se développait sur la vieille terre russe, devenue terre de l’URSS » [4]. La construction européenne est donc à la fois une expression mensongère (elle est construction entre six États, pas construction à l’échelle du continent) et une injustice (elle laisse volontairement à l’écart la moitié de l’Europe). Dans le manichéisme de Guerre froide, une Europe sans l’URSS est nécessairement une Europe avec les États-Unis, et les communistes décrivent la construction européenne comme le résultat d’une politique décidée à Washington. Un troisième argument est utilisé pour condamner l’intégration de l’Europe occidentale : c’est l’anti-colonialisme. Ce thème s’articule étroitement avec la référence à l’URSS : patrie des travailleurs, sa vocation universaliste la conduit à soutenir les luttes menées dans d’autres pays contre l’« oppression capitaliste » ; les luttes coloniales entrent dans ce schéma. De fait, Lénine affirmait également qu’une union européenne servirait à « protéger en commun les colonies » [5]. Ce thème commence à être exploité dans les années 1950, quand une partie des négociations européennes porte sur la place des colonies et de l’outre-mer français dans l’espace du Marché commun. Or, au même moment, l’Union soviétique s’intéresse de plus en plus aux pays décolonisés ou en voie de décolonisation, où elle se heurte à l’influence occidentale. On voit apparaître un discours sur le « colonialisme par d’autres moyens », l’Eurafrique, où les communautés européennes sont un moyen pour refonder les liens avec les ex-colonies. C’est ainsi qu’un publiciste soviétique peut écrire en 1969 : « Le Marché commun est un colonialiste collectif » [6]. Quatrième argument, particulièrement martelé en France : la lutte contre le fascisme pendant la guerre doit se prolonger par une lutte contre toute renaissance d’un danger allemand. Le souvenir de la Résistance et de l’alliance anti-fasciste contre l’Allemagne, le rappel du rôle du PCF dans la Résistance sont très présents dans la campagne contre la CED, mais aussi contre le traité de Rome. Dès 1947, le parti communiste se présente comme le seul parti qui cherche à défendre véritablement la France et qui soit réellement patriotique. Le thème de la « défense de la souveraineté nationale » contre l’« impérialisme étranger » devient le fer de lance de la campagne du PCF contre le plan Marshall. Anti-germanisme et anti-américanisme se rejoignent rapidement (le plan Marshall postule que le redressement européen ne se fera que grâce au redressement allemand), et finissent par se confondre : la politique américaine est néo-fasciste, néo-hitlérienne. C’est ainsi que le journal du Kominform écrit en 1948 : « Le bloc occidental n’est rien d’autre qu’une tentative de faire renaître sous une nouvelle forme la combinaison de Munich et la pan-Europe hitlérienne » [7]. Par la suite, le thème du danger allemand est une constante dans le discours sur l’Europe communautaire, y compris durant les années 1960. Il n’est qu’à lire le discours de Waldeck Rochet lors de la conférence des partis communistes ouvriers à Moscou de juin 1969 : « Nous avons mené contre le pouvoir gaulliste des monopoles et nous continuerons de mener contre les tentatives de relève réactionnaire de la politique gaulliste un combat de classe intransigeant et juste. En même temps, nous avons agi et nous continuerons d’agir en faveur d’une politique indépendante de la France, contre la participation de notre pays à l’Alliance atlantique sous direction américaine, contre son intégration à la petite Europe des trusts que représente la Communauté économique européenne, contre l’alliance avec les militaristes ouest-allemands » [8]. Les arguments s’entremêlent : l’Allemagne occidentale est dangereuse parce qu’elle n’a pas été dénazifiée, et ce fut le cas parce que la solidarité de classe entre milieux bourgeois allemands et américains l’a emporté. Leur objectif commun est la domination du monde, qui peut prendre la forme d’une attaque contre le bloc socialiste, ou d’une tentative pour s’approprier de nouveaux marchés. Les communistes insistent particulièrement sur le rôle du « néo-colonialisme » ouest-allemand. Par exemple, au printemps 1965, le Comité de solidarité afro-asiatique de RDA publie en français un ouvrage intitulé Le néo-colonialisme de la République fédérale ouest-allemande. Il compte 240 pages ainsi que plus de 30 pages de photos rapprochant la guerre du Vietnam, les camps nazis et la politique allemande en Afrique. Dans les années 1940-1950, on voit donc s’élaborer un argumentaire très cohérent du PCF contre la construction européenne, autour de quatre éléments interdépendants : la lutte des classes, la défense de l’Union soviétique, l’anti-colonialisme, le souvenir de la Résistance. En contrepoint, cet argumentaire dessine un contre-projet communiste face aux initiatives communautaires.

Face à la construction européenne, quel(s) projet(s) ?

Point par point, le mouvement communiste propose un projet alternatif à la construction européenne. À la place d’une Europe capitaliste et bourgeoise, les partis communistes demandent une Europe démocratique ou « Europe des travailleurs ». Dans les premières années, le contenu concret de cette revendication reste assez flou ; il est avant tout politique, une instance « démocratique » étant une instance où sont représentés les communistes ou les syndicats marxistes. Néanmoins, par ce biais, on voit apparaître dès les années 1950 le thème d’une Europe des puissants, Europe lointaine et détachée des aspirations des citoyens. Par exemple, en 1952, à propos des représentants italiens à l’Assemblée parlementaire de la CECA, le Parti communiste italien dénonce le système de vote qui écarte les députés de gauche et crée une « fracture entre l’Europe légale et l’Europe réelle » [9]. Vingt ans plus tard, le programme commun adopté par le PCF et le PS est beaucoup plus explicite sur les projets de « démocratisation » des institutions communautaires (voir l’annexe B). Le deuxième pilier de l’argument anti-européen était le rejet d’une Europe sans l’URSS. En retour, les communistes élaborent rapidement un discours sur l’unité du continent et sur la « vraie » Europe, continentale celle-ci. Par exemple, en février 1957, à la veille de la ratification des traités de Rome, la revue du Mouvement de la Paix propose de construire une autre Europe, « celle de la géographie », « l’Europe sans guerre froide » [10]. Ce discours présente deux aspects. D’une part, on utilise des arguments économiques et géographiques (complémentarité des économies et des régions, unité des grands bassins versants comme le Danube, etc.), d’autre part on défend un projet idéologique (une vraie construction européenne doit prendre la forme d’une coopération amicale avec le monde communiste dans son ensemble). Cette rhétorique s’appuie sur des offres concrètes de l’URSS. En avril 1956, Moscou propose deux projets paneuropéens : un projet d’accord économique, et un plan de coopération nucléaire civile. Ce sont des réponses directes et opportunistes aux projets de Marché commun et d’Euratom, mais aussi la préfiguration de ce qui deviendra la CSCE dans les années 1970. Ici, la condamnation de la construction européenne est en réalité subordonnée aux objectifs de politique extérieure de l’Union soviétique et aux enjeux stratégiques européens, par-delà l’intégration communautaire. Le troisième axe des critiques communistes envers la construction européenne concernait les relations avec les colonies, ce qui devient rapidement la question des relations avec le Tiers-Monde. Sur ce point, les communistes français ne sont pas très explicites. Ils mènent des campagnes actives pour la décolonisation et contre la guerre d’Algérie, mais ne sont pas très diserts sur la manière dont il faudrait refonder les relations spécifiques de l’Europe communautaire avec le Tiers-Monde. Sur ce point, les critiques se fondent en réalité dans l’argumentaire plus large concernant les relations Nord-Sud, thème majeur dans les années 1960-1970. Dernier pilier de la perception communiste, le souvenir de la Résistance et la lutte contre le danger allemand. Sur ce point, la vision communiste et soviétique est très claire : il ne peut y avoir d’Europe viable et durable sans solution au problème allemand. Les conditions sont posées dès 1955 : la RFA doit reconnaître les frontières de 1945 (perte de la Prusse orientale, ligne Oder-Neisse), elle doit reconnaître l’existence d’un second État allemand légitime, la RDA, et elle doit cesser d’être un danger pour ses voisins (ce qui passe par une démilitarisation partielle et surtout l’impossibilité d’accéder à l’arme nucléaire) [11]. Ce contre-projet, régulièrement exposé dans les publications communistes, est en fait une refondation de la sécurité européenne qui va bien au-delà du Marché commun et de l’Euratom. Les années 1970 voient la réalisation de ce programme, avec l’Ostpolitik entreprise par Willy Brandt et la signature des accords d’Helsinki. Dans ce nouveau contexte, le COMECON et la CEE entament des négociations [12], ce qui témoigne d’une évolution importante : l’URSS avait déjà mis dix ans à reconnaître une « certaine réalité » à la CEE [13], désormais elle accepte de traiter avec la Communauté par l’intermédiaire du Conseil d’assistance économique mutuelle. Ce n’est cependant pas avant 1986 qu’elle établira des contacts directs avec Bruxelles.

L’évolution du PCF, entre doctrine et stratégie

S’il y a donc une série de conceptions alternatives au projet européen, on voit que le contexte international conditionne étroitement leur évolution. Mais n’y a-t-il pas d’autres facteurs, plus spécifiques au Parti communiste français, expliquant l’évolution des thèses communistes ? Le PCF passe en effet du refus catégorique de toute communauté européenne à un euroscepticisme raisonné, admettant de participer aux institutions existantes pour les réformer de l’intérieur [14]. Premier facteur expliquant cette évolution, l’opportunisme politique. La lutte contre la CED, menée au nom de la défense de la souveraineté nationale et contre le retour du militarisme allemand, avait été l’occasion de toucher des cercles politiques d’habitude hostiles au communisme. On connaît bien le rapprochement tactique qui s’opère alors entre les gaullistes et les communistes ; on sous-estime les liens créés dans les milieux radicaux ou indépendants de droite [15]. Les thèmes et les méthodes utilisées expliquent ce succès, mais il faut aussi tenir compte du contexte dans lequel la lutte contre le projet d’armée européenne se développe. Elle prend corps en 1952, à un moment où l’URSS expérimente un changement de ton dans les organisations de masse comme le Mouvement de la Paix, changement qui préfigure la coexistence pacifique (même si l’attitude globale du bloc communiste reste très dure). C’est aussi en 1952 que s’ouvre la campagne pour la relance du commerce Est-Ouest. Pour les nouveaux cercles qui se rapprochent de lui, le PCF n’est pas seulement l’avatar français du mouvement communiste international ; il est aussi une porte d’entrée sur le monde socialiste, que l’on soit au service d’une plus grande compréhension entre systèmes au nom de principes religieux et moraux, ou que l’on cherche plus simplement à diversifier ses débouchés commerciaux. En 1957, dans la campagne contre la ratification des traités de Rome, le souvenir de 1954 est encore vif, et certains discours cherchent clairement à élargir le cercle des alliés politiques du PCF, même de manière circonstancielle. Il n’est qu’à lire cet article paru dans les Cahiers du communisme en juillet 1957 : « Point n’est besoin d’être communiste pour comprendre le danger de voir, grâce à l’Euratom, l’Allemagne de l’Ouest fabriquer des bombes atomiques. Inversement les communistes savent que seuls ils ne sauraient faire échec à ces projets. La victoire exige l’unité de larges couches patriotiques rassemblées autour de la classe ouvrière unie dont le combat contre la renaissance du militarisme allemand fait partie intégrante de son combat national. L’ambition des communistes c’est, comme lors de la CED, d’être les rassembleurs de la nation contre la politique de trahison nationale » [16]. Autant la construction européenne était amalgamée avec l’intégration atlantique au début des années 1950, autant on voit apparaître à la fin de la décennie un discours plus spécifique sur le phénomène dans les publications communistes. Sans doute le PCF se rend-t-il compte que les questions européennes peuvent être efficacement utilisées dans les débats politiques ; et le fait de tenir compte de cette nouvelle réalité obligerait à repenser et reformuler les critiques, même si les arguments fondamentaux restent inchangés. Au-delà de l’opportunisme politique, pour comprendre l’évolution des années 1970, il faut tenir compte du rapprochement entre PCF et PS durant cette même période. Le programme commun de gouvernement adopté en 1972 consacre quatre pages à la CEE. Sur ce point les conceptions socialistes ont prévalu : un gouvernement de gauche ne sortira pas de la CEE et ne cherchera pas à la paralyser ; il essayera en revanche de la réformer dans le sens d’une Europe plus sociale et n’hésitera pas à utiliser les clauses de sauvegarde pour poursuivre son action dans le domaine de l’économie nationale. Le PCF met donc fin à son refus intransigeant de participer aux institutions communautaires. De même, et dans la perspective du programme commun, le PCF accepte en 1976 l’élection du Parlement européen au suffrage universel. Un deuxième facteur contribue à l’évolution des positions du PCF : c’est l’évolution du mouvement communiste international et l’apparition de divergences sur les questions européennes. Ce phénomène est perceptible dès 1956 dans les milieux syndicaux où la Confédération générale italienne du travail (CGIL) défend des positions hétérodoxes [17]. Le congrès de la Fédération syndicale mondiale (FSM), sous influence communiste, révèle un fossé entre conceptions italiennes et françaises, s’exprimant respectivement par la bouche de Giuseppe Di Vittorio, secrétaire général de la CGIL et président de la FSM, et Louis Saillant, secrétaire général de la FSM. Saillant, dans son rapport général, décrit le Marché commun en des termes qui reprennent fidèlement les critiques soviétiques : « Par le projet de Marché commun européen, les monopoles capitalistes européens, avec l’intervention active des monopoles des États-Unis, tentent de surmonter les contradictions qui les opposent afin d’exploiter en commun les ressources de l’Europe occidentale et de certains pays d’Afrique. L’alignement des politiques économiques et sociales des 6 pays d’Europe intéressés ne peut, dans ces conditions, qu’entraîner un nivellement vers le bas des conditions de vie des masses ouvrières. L’affaiblissement de l’indépendance nationale des pays participants, la domination des monopoles impérialistes allemands et, avec eux, des monopoles américains, la consécration et l’approfondissement de la division de l’Allemagne, l’intégration des pays africains au Marché européen, et le surcroît d’exploitation qui doit en résulter dans ces pays, sont contraires aux intérêts des travailleurs » [18]. Di Vittorio qualifie le rapport de Saillant de « très sommaire » sur la construction européenne. Même si ces projets européens servent des visées de guerre, explique-t-il, « ils utilisent des tendances objectives, favorables à l’élargissement des marchés » : « le Marché commun européen est en train de devenir un fait agissant », et pourrait bien créer véritablement un « marché européen du travail », plaçant les syndicats dans une situation très grave « si l’unité d’action sur le plan international ne faisait aucun progrès ». En 1957, ces idées sont très mal reçues par les syndicats marxistes. Benoît Frachon, secrétaire général de la CGT, a bien plus de succès quand il rappelle l’opposition catégorique de sa centrale au Marché commun : « Il faut faire preuve de beaucoup de naïveté pour croire que dans le Marché commun, dans cette assemblée de rapaces, les monopoles s’embarrasseront des avis des représentants des syndicats. [...] Ce n’est pas d’une Commission du Luxembourg dont ils [les syndicats et travailleurs des Six] ont besoin, mais d’une solide unité d’action. [...] Nous ne nourrissons pas l’illusion dangereuse de domestiquer cette machine infernale forgée par les monopoles sur l’initiative des impérialistes américains qu’est le Marché commun. L’intérêt des travailleurs de tous les pays du Marché commun est de combattre pour sa destruction et nous ne pensons pas que le fait qu’il ait été voté par les Parlements soit une raison pour que nous abandonnions la lutte pour sa liquidation » [19]. Cette vision est tout entière sous-tendue par une conception quasi existentielle de la lutte des classes, qui pense le patronat comme un adversaire nécessairement hostile et déloyal. Les syndicats italiens, qui se rapprochent des syndicats socialistes et démocrates-chrétiens dès la fin des années 1950, choisissent une attitude plus pragmatique. La CGT sera rattrapée par cette évolution dans les années 1960 : en 1965, la CGT et la CGIL créent un comité permanent afin de coordonner leur action et leur dialogue avec la CEE [20]. Il faut aborder ici la question de l’eurocommunisme, dont on pense souvent qu’il est une initiative des partis communistes occidentaux pour agir en commun au niveau européen, et spécifiquement au niveau communautaire. En réalité, pour Georges Marchais, secrétaire général du PCF, l’eurocommunisme est une émancipation par rapport à l’URSS, un rééquilibrage dans le mouvement communiste international, mais il n’entend pas devenir « une mini-internationale territorialement circonscrite » [21]. L’eurocommunisme n’a-t-il pour autant aucun rapport avec l’intégration communautaire ? Annie Kriegel observe que la construction européenne met en danger l’unité du mouvement communiste : PCI et PCE font de l’intégration européenne « le lieu géométrique de leur aggiornamento respectif », alors que les partis communistes scandinaves et anglais y sont résolument hostiles ; le PCF refuse l’entrée de l’Espagne dans la CEE, tandis que le PCE la souhaite. La construction européenne est également un défi politique : elle montre que des États capitalistes sont « plus capables de trouver des terrains de compromis et d’entente, de conduire des négociations et d’accepter marchandages et concessions que ne le sont des partis communistes » [22]. Troisième et dernier facteur expliquant l’évolution du PCF sur la construction européenne, l’évolution doctrinale des années 1960 autour de la théorie du « capitalisme monopoliste d’État ». Ébauchée par Lénine, ressurgie dans les années 1950, elle devient centrale dans les années 1960. L’expression « capitalisme monopoliste d’État » (souvent appelé « CME ») désigne le rapprochement qui, dans les conditions du capitalisme développé, s’opère entre milieux des monopoles et cercles du pouvoir, dont les hommes deviennent interchangeables et les intérêts communs. L’économiste soviétique Eugen Varga le décrit ainsi en 1962 : « L’union des forces des monopoles et de l’État prend avant tout l’aspect de l’intégration des monopoles dans l’appareil d’État. Les monopoles délèguent leurs représentants aux postes de direction : ministres, sénateurs, députés. Et inversement, les généraux, diplomates, ministres passent constamment du service de l’État à des postes mieux rémunérés dans les monopoles. L’union des forces de l’État et des monopoles revêt également la forme de la solution collective des gros problèmes économiques. [...] Le capitalisme monopoliste d’État entièrement développé se manifeste essentiellement par la réglementation économique, l’existence d’entreprises étatisées, la redistribution d’une grande partie du revenu national » [23]. Varga explique que ces nationalisations sont un pis-aller accepté par les intérêts capitalistes pour échapper à la crise qui les menace, et que l’État-providence n’est qu’un masque : les allocations, l’assurance-maladie, les écoles, etc., ne servent qu’à préserver la main-d’œuvre du grand capital, elles ne sont pas conçues pour aider la classe ouvrière. Néanmoins, elle assure la survie temporaire du système capitaliste : son effondrement final se fera attendre, et il faut tenir compte de ce paramètre. De plus, ajoute Varga, il est possible de subvertir ces structures, en attendant de les mettre au service d’une politique socialiste : « Le Marché commun, néfaste dès l’origine, constitue une réalité dont il faut tenir compte. Il s’agit donc tout d’abord de lutter au plan national et international pour modifier le contenu économique et social de la communauté économique européenne, combattre les mesures proposées par ses organismes dans le seul intérêt des monopoles, faire aboutir des mesures économiques et sociales de caractère antimonopoliste et démocratique » [24]. Au terme de ce questionnement sur les conceptions communistes, il semble qu’une évolution majeure intervient. Dans les années 1940-1950, la construction européenne est avant tout un problème de relations internationales, conditionné par les objectifs de politique extérieure de l’URSS. À partir des années 1960, le phénomène de construction européenne se retrouve au carrefour des réflexions sur l’adaptation du communisme au monde moderne : dépasser le stalinisme dans le mouvement communiste international, établir des relations équilibrées avec le PCUS, tenir compte de la réalité nouvelle qu’est la CEE, mettre à jour le projet économique et social pour la France, etc. C’est donc un sujet beaucoup plus complexe et problématique. Il faudrait mener des études plus poussées dans les archives du PCF mais aussi auprès des militants, à travers des enquêtes orales pour pouvoir répondre à cette question : les années 1970 sont-elles, comme dans d’autres domaines (système européen de sécurité, système monétaire international, essor de l’Asie, etc.), un moment-clé dans l’évolution du PCF sur l’Europe ?

Annexe A : la construction européenne dans une affiche de 1952


Cette affiche de 1952 est un bon exemple du discours très dur que le mouvement communiste tient sur l’Europe. Elle est partagée en trois parties. En haut, deux angelots soutiennent une banderole sur laquelle il est écrit « L’amitié européenne ». Au milieu, assis autour d’une table, des hommes politiques s’enlacent et fraternisent (on reconnaît Winston Churchill, Dwight Eisenhower, Georges Bidault et Konrad Adenauer) ; les papiers épars sur la table portent les inscriptions « Carte de l’Europe occidentale », « Traité atlantique », « Traité sur une Communauté européenne de défense », « Loi de sécurité mutuelle », « Traité général ». Une ligne sombre souligne la frontière entre le dessus et le dessous de la table. Contrastant avec l’esprit de paix et de coopération officiellement affichés, le dessous de la table révèle les dessous de la construction européenne : chaque personnage cherche en réalité à nuire à son voisin, par des moyens variés. Tout en bas, sous l’image, un petit poème explicite le message : « Il n’est pas besoin de trop de clartés / Pour comprendre ce que vaut cette “communauté” : / Sur les lèvres un sourire, / De l’onction dans les dires, / Le mensonge est dans leurs pensées, / Derrière leur dos, une lame affilée. » On retrouve les trois facteurs de la perception communiste : la doctrine marxiste se lit dans l’imagerie traditionnelle du magnat capitaliste bedonnant et satisfait de lui-même et dans l’association entre militaires et industriels. Le projet soviétique se lit en filigrane : la dénonciation du double jeu de la construction européenne est en même temps l’affirmation qu’un tel double jeu est inconcevable dans le monde socialiste. La Guerre froide est évidemment la composante la plus marquée dans cette affiche, avec deux allusions à la guerre de Corée : l’angelot de gauche a un casque de soldat de l’ONU (allusion aux troupes engagées par l’Occident), et les seringues accrochées à la ceinture d’Eisenhower portent des noms de maladies comme « peste » ou « anthrax » (les communistes ont lancé une campagne contre la « guerre bactériologique » au printemps 1952). Les quatre composantes de la dénonciation anti-européenne sont également perceptibles. Selon cette affiche, l’Europe est pour moitié construite par les intérêts capitalistes privés, pour moitié par les lobbys militaires dominés par l’Allemagne fédérale revancharde (l’angelot de droite a une casquette hitlérienne, Adenauer est habillé en officier nazi). Le personnage le plus imposant est Eisenhower, vu de dos comme s’il cherchait à se dissimuler, ce qui illustre le thème d’une Europe en réalité atlantique. Enfin, sur le sac qu’il tend à Bidault, on lit « Profits coloniaux », ce qui est le quatrième pilier de cette vision communiste : l’Europe sert à prolonger la domination coloniale par d’autres moyens.



Annexe B : La CEE dans le Programme commun PCF-PS (1972)



Le 27 juin 1972, le PCF et le PS adoptent un programme commun de gouvernement, qui sera valide jusqu’au printemps 1977. Sur 188 pages de texte, dix-neuf sont consacrées aux questions de politique extérieure. Le programme commun demande en particulier une dissolution simultanée de l’OTAN et du pacte de Varsovie, et soutient une négociation européenne sur la sécurité (la CSCE, Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, dont les négociations commenceront l’année suivante). Le chapitre IV du programme consacre quatre pages aux questions communautaires, sous le titre « La France et la Communauté économique européenne ». En voici le texte intégral :

Programme commun de gouvernement du Parti communiste et du Parti socialiste (27 juin 1972), Paris, Éditions sociales, 1972, p. 177-181 ; la note de bas de page figure dans le texte d’origine.

Le gouvernement aura à l’égard de la CEE un double objectif :

– d’une part, participer à la construction de la CEE, à ses institutions, à ses politiques communes avec la volonté d’agir en vue de la libérer de la domination du grand capital, de démocratiser ses institutions, de soutenir les revendications des travailleurs et d’orienter dans le sens de leurs intérêts les réalisations communautaires. – d’autre part, préserver au sein du Marché commun sa liberté d’action pour la réalisation de son programme politique, économique et social. En tout état de cause, le gouvernement gardera le droit d’invoquer les clauses de sauvegarde prévues par le traité de Rome. Il exercera librement le droit, du reste non limité par le traité, de définir et d’étendre le secteur public de l’économie sur son territoire. Il se réservera de définir et d’appliquer sa propre politique nationale du crédit et d’utiliser tous autres moyens propres à réaliser la planification démocratique nationale. Il sera responsable devant l’Assemblée nationale, comme dans tout autre domaine, de sa politique, des décisions que les représentants gouvernementaux français prendront dans les organes de la Communauté. La démocratisation du Comité économique et social implique une représentation plus équitable des travailleurs et une extension de ses compétences. Il devrait être composé pour moitié de représentants des syndicats de salariés, désignés par les organisations nationales représentatives au prorata des suffrages obtenus par chacune d’elles aux élections sociales et, pour l’autre moitié, de représentants des autres catégories sociales et de personnalités désignées par les gouvernements. Il doit être obligatoirement consulté par le Conseil ou la Commission en temps utile, sur tous les projets entraînant des conséquences pour les travailleurs ou pour l’économie, et ses membres doivent recevoir communication de tous les documents de travail de la communauté. Il doit disposer du droit d’initiative en vue de toute étude ou proposition concernant les travailleurs. En outre, le Comité doit se voir confier un droit de contrôle sur la gestion du Fonds social européen [25]. Pour l’application des mesures précitées, le gouvernement demandera la modification des articles 4, 124 et 193 à 198 des traités de Rome. La démocratisation du FEOGA [26] implique que son Comité de gestion soit composé pour moitié de représentants des agriculteurs, désignés comme ci-dessus, et pour moitié de représentants des administrations nationales. Ce comité doit avoir un droit de contrôle sur la gestion du FEOGA. Le gouvernement demandera la modification en ce sens du règlement du FEOGA. Les représentants français à l’Assemblée de la Communauté seront désignés proportionnellement à leur importance dans le nouveau Parlement national. Il en sera de même pour la représentation française au Conseil de l’Europe. L’Assemblée de la Communauté, appelée à voter annuellement le budget, doit pouvoir en contrôler l’exécution. Elle devra aussi être plus étroitement associée à la préparation des décisions de toute nature de la communauté.

La défense des intérêts des travailleurs appelle un aménagement des articles 117, 118 et 121 du traité, en vue :

  • d’harmoniser les législations sociales nationales dans le sens d’un alignement sur les dispositions les plus favorables ;
  • de garantir aux travailleurs exerçant leur profession hors de leur pays d’origine l’égalité de rémunération à travail égal, ainsi que la plénitude des droits existant sur place en matière d’emploi, de logement, de protection sociale et de libertés publiques (notamment syndicales).

    Le gouvernement demandera d’autre part :

  • une réorientation de la politique agricole commune tendant à garantir un niveau de vie et un avenir satisfaisant aux agriculteurs, spécialement aux catégories les plus nombreuses et les moins avantagées jusqu’ici par la politique des prix ;
  • une modification des politiques communautaires d’aide aux pays membres en vue de remédier aux déséquilibres régionaux et aux crises structurelles affectant des branches d’activité ;
  • la définition progressive des mesures propres à lutter efficacement contre les pollutions de toute nature et à protéger l’environnement ;
  • la réalisation en commun de grands projets industriels ou scientifiques qui, par l’ampleur des moyens à mettre en œuvre, ne pourraient être entrepris utilement au niveau national ;
  • le développement à l’échelle européenne de mesures de prévision, favorisant une programmation à moyen terme, dans le respect des objectifs économiques et sociaux propres à chaque pays membres.

    Les pouvoirs et les moyens de la Communauté devront être adaptés aux responsabilités qui lui seront reconnues par le Conseil des ministres pour l’exécution des décisions précitées. Appréciées cas par cas et aux domaines dévolus aux attributions de la Communauté, les délégations de compétence nécessaires seront décidées par les pays membres dans l’intérêt commun en application de l’article 235 du traité de Rome.

    Le gouvernement s’opposera à la candidature à la Communauté des pays de régime dictatorial comme le Portugal, l’Espagne, ou la Grèce et à tout régime privilégié en faveur de l’Afrique du Sud. L’appartenance à la Communauté ne pourra constituer un obstacle à la coopération économique et politique la plus large avec tous les pays, sans distinction de régime économique et social. Le gouvernement préconisera à l’égard du pays du Conseil d’entraide économique la plus large ouverture réciproque tant du point de vue de l’accroissement et de la diversification des échanges que du développement de la coopération dans les domaines industriel, scientifique, technique et culturel. Il favorisera une coopération politique entre les pays membres de la CEE pour réaliser une politique étrangère conforme aux objectifs définis dans la présente partie.

[1] Sur le Plan Marshall, les études sont extrêmement nombreuses. Principales synthèses : Gérard Bossuat, La France, l’aide américaine et la construction européenne, 1944-1954, Paris, Imprimerie Nationale/CHEFF, 1997, 1042 p., 2 volumes ; Gérard Bossuat, L’Europe occidentale à l’heure américaine (Plan Marshall et unité européenne), 1944-1952, Bruxelles, Complexe, 1992, 351 p. ; René Girault, Maurice Lévy-Leboyer (dir.), Le Plan Marshall et le relèvement économique de l’Europe. Colloque tenu à Bercy les 21, 22, 23 mars 1991, Paris, CHEFF, 1993, 840 p. ; Alan S. Milward, The Reconstruction of Western Europe, 1945-1951, Londres, Routledge, 2003 (réed.), 528 p. Pour les débats récents sur la signification de la politique américaine, voir la table ronde organisée par le Journal of Cold War Studies : « Reassessing the Marshall Plan », vol. 7, n° 1, hiver 2004-2005 (article de Michael Cox et Caroline Kennedy-Pipe, et réponses de Marc Trachtenberg, Günter Bishof, John Bledsoe Bonds, László Borhi, et Charles S. Maier) [en ligne]. http://www.fas.harvard.edu/ hpcws/a... (page consultée le 20 mai 2009).

[2] Archives nationales (CARAN), C 15333, Commission des Affaires étrangères, 1948-1949 ; séance du 15 juin 1949, p. 2-3. Intervention de Madeleine Braun lors du débat à la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

[3] Lénine, « Du mot d’ordre des États-Unis d’Europe », dans Œuvres choisies en deux volumes, tome I, deuxième partie, Moscou, Éditions en langues étrangères, 1953, p. 413-417.

[4] France-URSS, n° 1, novembre 1944.

[5] Lénine, « Du mot d’ordre des États-Unis d’Europe », op. cit.

[6] Victor Tcheprakov, Le capitalisme monopoliste d’État, Moscou, Éditions de Moscou, 1969, p. 380.

[7] « Contre la ruine économique et la colonisation de la Grande-Bretagne par les USA. xxe Congrès du Parti communiste britannique », Pour une paix durable, 1er mars 1948, n° 8 p. 2.

[8] Conférence internationale des partis communistes et ouvriers. Moscou, 1969, Prague, Paix et socialisme, 1969, p. 115.

[9] MAEF, Europe 1944-1960, Conseil de l’Europe, vol. 11 ; télégramme de Fouques Duparc, Rome, 22 juillet 1952, n° 568/71.

[10] Claude Morgan, « L’Euratom contre l’Europe », Horizons, février 1957, n° 69, p. 24-28.

[11] Voir les travaux récents, notamment Natalia Egorova, Anatoli Tchoubarian (dir.), Kholodnaya Voina. Istoritcheskaya Retrospektiva [La Guerre froide, 1945-1963. Rétrospective historique], Moscou, Olma-Press, 2003, 639 p. ; Vojtech Mastny, The Cold War and Soviet Insecurity. The Stalin Years, New York, Oxford University Press, 1996, 285 p. ; Marie-Pierre Rey, Le dilemme russe. La Russie et l’Europe d’Ivan le Terrible à Boris Eltsine, Paris, Flammarion, 2002, 354 p. ; Vladislav Zubok, A Failed Empire. The Soviet Union in the Cold War from Stalin to Gorbatchev, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2007, 467 p.

[12] Takeshi Yamamoto, « Detente or integration ? EC Response to Soviet Policy Change towards the Common Market, 1970-1975 », Cold War History, vol. 7, n° 1, février 2007, p. 75-94.

[13] Avec les « 32 Thèses » exposées par l’IMEMO en 1962.

[14] Sur l’histoire du PCF, voir notamment Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, Paris, Fayard, 1981, 4 volumes ; Marc Lazar, Maisons rouges. Les Partis communistes français et italien de la Libération à nos jours, Paris, Aubier, 1992, 419 p. ; Marc Lazar et Stéphane Courtois, Histoire du Parti communiste français, Paris, PUF, 2000, 480 p.

[15] Sur ces liens, voir Émilia Robin Hivert, Le thème de l’Europe dans les relations entre la France et les pays communistes, 1943-1958, thèse de doctorat sous la direction de Georges-Henri Soutou, Université de Paris-IV Paris-Sorbonne, 2008, chapitre 5. Pour un exemple précis, voir le cas de Pierre Cot (Sabine Jansen, Pierre Cot, un antifasciste radical, Paris, Fayard, 2002, 680 p).

[16] Gilbert Badia, « La politique nationale du parti communiste français et le problème allemand », Cahiers du communisme, n° 7-8, juillet-août 1957p. 1171-1175.

[17] Voir par exemple José Gotovitch, Pascal Delwit, Jean-Michel De Waele, L’Europe des communistes, Bruxelles, Complexe, 1992, p. 299 sq. ; Marc Lazar, Maisons rouges…, op. cit. De plus, la bibliographie a été énormément renouvelée et enrichie par la publication de recueils de documents, comme Mauro Maggiorani, Paolo Ferrari (dir.), L’Europa da Togliatti a Berlinguer. Testimonianze e Documenti 1945-1984, Bologne, Il Mulino, 2005, 360 p.

[18] Louis Saillant, « Rapport sur l’activité syndicale dans le monde et le développement des liens fraternels et de l’unité du mouvement syndical international pour l’élévation du niveau de vie des travailleurs, pour leurs droits économiques, sociaux et démocratiques, pour le désarmement, la paix et l’indépendance nationale », IVe Congrès syndical mondial. Compte rendu des travaux. Leipzig, les 4-15 octobre 1957, p. 34-35.

[19] Ibid., p. 486-487.

[20] Archives de la CGT, Fonds « Relations CGT-CGIL », boîte 8, « Thèmes de réflexion. Europe. International (1956-1973) ».

[21] Annie Kriegel, Le communisme au jour le jour, Paris, Hachette, 1979, p. 272.

[22] Ibid., p. 273.

[23] Eugen Varga, Le capitalisme au XXe siècle, Moscou, Éditions du Progrès, sans date (sans doute 1962), p. 99.

[24] Le capitalisme monopoliste d’État. Traité marxiste d’économie politique, Paris, Éditions sociales, 1971, tome 2, p. 201.

[25] En France, les comités d’entreprise, les organismes régionaux et le Comité supérieur de l’emploi seront obligatoirement consultés avant que toute demande soit introduite auprès du Fonds social européen.

[26] Fonds européen d’orientation et de garantie agricole (note de la rédaction).


Liste de diffusion

À noter

Assemblée générale UMR Irice

Ordre du Jour mardi 24 juin 2014 de 16h à 17h30 Maison de la Recherche - 28 rue Serpente - (...)

Création du GDR « Connaissance de l’Europe » (CEM) n° 8607

Direction Antoine Marès antoine.mares@wanadoo.fr Création du GDR - 4 septembre 2013 « (...)

Séminaire IRICE 2014-2015

Contact : Isabelle Davion Évolution du séminaire Irice 2014-2015 le séminaire Irice évolue en (...)