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La République démocratique allemande et la Syrie du parti Baas : histoire d’un partenariat

La République démocratique allemande
et la Syrie du parti Baas
Histoire d’un partenariat

Massimiliano TRENTIN

L’histoire des relations entre la République démocratique allemande (RDA) et la République arabe syrienne (RAS) représente un cas tout particulier de convergence entre un pays en voie de développement gouverné par une classe dirigeante postcoloniale et un pays socialiste, industrialisé, en quête de légitimité internationale.

La Syrie et le défi international

La convergence entre deux pays si différents que la RDA et la Syrie peut être expliquée par le processus de diversification des relations internationales entrepris par la nouvelle classe dirigeante de Damas. Pour un pays comme la Syrie dont les frontières avaient été imposées par les logiques impériales de Paris et de Londres et qui ne reflétaient aucunement la géographie communautaire et économique préexistante, la construction des relations internationales après l’indépendance en avril 1946 constituait un défi existentiel. La structure productive de la société syrienne, tout comme la reproduction de ses élites politiques, dépendait du commerce régional et des relations avec l’étranger : la construction d’un nouvel espace économique ancré sur les frontières nationales avait commencé avec le Mandat français, mais connaissait peu de succès du fait des révoltes des communautés locales – qui gardaient leurs liens transfrontaliers et leurs loyautés sub- et supra-nationales –, de l’asphyxie du marché national et aussi du fait de l’intégration régionale du Mandat syrien dans l’organisation économique des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale [1]. En Syrie, où l’économie était fondée sur la circulations des biens, des gens et des idées, le contrôle des relations internationales était source de richesse et de pouvoir, surtout dans la perspective pour la plupart des dirigeants postcoloniaux de faire évoluer le pays selon les critères tant occidentaux qu’universels de l’état-nation et de l’industrialisation [2]. La mobilisation politique des classes populaires jusque-là marginalisées, notamment la petite et moyenne paysannerie de province, les travailleurs et les employés urbains, donna aux partis nationalistes comme le parti Baas un ancrage social qui permit à ses dirigeants de s’engager dans un processus de transformation de la société syrienne [3]. Ainsi, les nouveaux dirigeants des partis nationalistes radicaux s’emploieront à diversifier les relations internationales de la Syrie en établissant des partenariats avec de nouveaux États et en diluant les rapports privilégiés entretenus par leurs rivaux domestiques avec les États conservateurs du Proche-Orient et les pays occidentaux.

Le cours conflictuel de la décolonisation au Proche-Orient et en Afrique du Nord se mêla à la guerre froide ; sitôt que des mouvements socialistes émergèrent dans les pays postcoloniaux, les nouveaux dirigeants nationalistes en Syrie s’approchèrent en quête d’appui politique, militaire et économique. Dans le cadre du conflit arabo-israélien, les livraisons d’armes aux pays arabes constituèrent une des actions les plus importantes de l’Union soviétique et des Pays socialistes afin d’investir le Proche-Orient et parer le soutien politique ou militaire de l’Occident à Israël. La période de 1952 à 1958 témoigne de la convergence entre le changement de classe dirigeante dans le monde arabe et l’ancrage des dynamiques de la guerre froide dans les conflits régionaux, comme le démontre la crise de Suez en 1956 [4].

Les premiers pas de la RDA en Syrie

Tout d’abord, la pénétration de la République démocratique allemande (RDA) dans la Méditerranée et au Proche-Orient suivit les initiatives de l’Union soviétique, car Berlin n’avait pas d’autonomie en matière de politique étrangère et il lui était défendu tout engagement militaire à l’étranger. En fait, dès que les pays du pacte de Varsovie signèrent des accords militaires et économiques avec l’Égypte et la Syrie en 1953, la RDA put y installer elle aussi ses bureaux commerciaux (Handelsvertretung) en novembre 1955 [5].

L’établissement de relations avec les pays socialistes était soutenu non seulement par les forces de gauche, mais aussi par les entrepreneurs et les administrateurs publics qui souhaitaient élargir leurs marchés de vente. En effet, au long des premiers échanges commerciaux avec la RDA, la Syrie jouit d’un surplus grâce à la vente du coton de la région du Jazirah au nord-est et du tabac, alors que les produits de l’Allemagne de l’Est souffraient du monopole de leurs rivaux occidentaux dans les marchés privés et de l’absence de relations avec le secteur public syrien. Au-delà des grands projets d’infrastructure, comme les barrages, le camp socialiste était encore marginal au niveau de la présence économique [6]. De leur côté, les dirigeants nationalistes préféraient sauvegarder les relations avec la République fédérale allemande (RFA) et ne pas subir de boycott du fait de la doctrine Hallstein (1955). On trouva alors un compromis avec la diffusion de la « formule du Caire » selon laquelle les agents du corps diplomatiques de la RDA jouissaient des prérogatives de leurs collègues internationaux sans qu’on leur reconnaisse formellement le statut diplomatique [7].

La réaction négative de Damas face à l’intervention anglo-française à Suez et aux complots pour renverser le gouvernement et le rattacher au pacte de Bagdad entre 1956 et 1957 poussa la Syrie vers l’union avec l’Égypte de Nasser (1958-1961) et ouvrit des opportunités nouvelles pour les dirigeants de la RDA [8]. Le premier plan quinquennal de développement introduisit en 1960 la planification centrale en Syrie qui, faute de résultats, diffusa quand même les théories et les pratiques de l’intervention systématique de l’État dans les questions de développement. La RDA établit alors un projet qui porta ses fruits dans les années suivantes : elle offrit des bourses d’études à des étudiants syriens liés au Parti communiste syrien (PCS) ou sélectionnés par les syndicats qui, après leur formation professionnelle et technique en Allemagne de l’Est, occupèrent des positions de pouvoir dans les institutions publiques syriennes, des institutions dont le pouvoir s’accrût dans les années 1950 et 1960 lorsque l’État central devint le « moteur » par excellence de toute politique de développement économique et social.

Les pays socialistes, malgré la répression de leurs alliés du PCS et la préférence pour l’Iraq du colonel Qasim, rival de Nasser et du Baas, se montrèrent prêts à apporter leur soutien économique. En particulier, la capacité des pays socialistes à commercer sans devises internationales s’avéra un avantage significatif pour un pays comme la Syrie qui manquait de réserves en devises [9].

Les opportunités et les limites du radicalisme des années 1960

En 1963, la RDA s’engagea dans un programme ambitieux de développement qui en fit bientôt le pays industriel le plus avancé du camp socialiste : toujours très dépendante de la protection et du soutien stratégique de l’Union soviétique, Berlin cherchait à internationaliser et diversifier son économie. La préférence pour les contrats et les partenariats avec le secteur public se heurtait, toutefois, au boycott de la RFA, surtout dans le Tiers Monde [10]. C’est pourquoi Berlin s’engagea dans une offensive autant diplomatique qu’économique pour se légitimer aux yeux des nouveaux dirigeants postcoloniaux. Ainsi Berlin ratifia la doctrine de la « voie non-capitaliste vers le développement » officialisée par Moscou en 1961, qui légitima les alliances avec les nationalistes du Tiers Monde qui n’étaient pas nécessairement socialistes ou communistes : leur conflit pour la souveraineté contre les puissances occidentales et leurs besoins d’aide militaire, économique et professionnelle pour soutenir leur indépendance constituaient des conditions « objectives » pour la restriction de l’emprise impérialiste sur les marchés postcoloniaux et la convergence avec le camp socialiste [11]. Selon Berlin, le monde arabe rassemblait ces conditions du fait des tensions avec les pays occidentaux et de la radicalisation des politiciens nationalistes : de plus, l’Égypte, l’Iraq, l’Algérie et la Syrie avaient des ressources naturelles ou des positions stratégiques pour la rupture du containment occidental [12].

L’arrivée au pouvoir du parti Baas par un coup d’État militaire le 8 mars 1963 suscita la méfiance des agents du corps diplomatique de la RDA : l’absence d’un programme politique et économique clair, tout comme les conflits au sein du groupe dirigeant – entre ceux qui poussaient à l’élimination des forces conservatrices et ceux qui prônaient la modération –, suggéraient une politique d’attente et de recherche des contacts à tous niveaux, même avec les riches familles conservatrices de Damas et Alep [13]. C’est en 1965 que la situation changea et permit à la RDA de se rapprocher du parti Baas d’une façon plus systématique. Entre décembre 1964 et février 1965, les grèves et les affrontements du Parti et de l’armée contre les forces conservatrices et islamistes amenèrent le régime à nationaliser la majorité des activités productives dans le même temps que se produisait la défaite politique du courant modéré au sein du Baas [14]. Lancé en octobre 1965, le programme de « transformation socialiste » de la Syrie entrait finalement en vigueur en février 1966 à la suite du coup d’État des baasistes radicaux. La méfiance initiale de la RDA vis-à-vis du régime se transforma vite en un soutien officiel lorsque les dirigeants du Baas demandèrent une aide économique, financière et politique pour la réforme du pays en échange de la promesse de la reconnaissance diplomatique de la RDA [15].

Cette convergence coïncida avec l’annus horribilis de la RFA dans le monde arabe. Au soutien économique à Tel Aviv, Bonn décida d’ajouter une aide militaire, ce qui déclencha dès la fin de 1964 une spirale de représailles et relia la guerre diplomatique entre les deux États allemands avec le conflit arabo-israélien, où chaque partie utilisa les rivalités des autres pour gagner en légitimité dans son propre conflit. Le résultat fut la rupture des relations diplomatiques et de la coopération économique entre la RFA et la plupart des États arabes en mai 1965 : une rupture qui ne fut pas totale mais qui marqua cependant une faillite de la politique de Bonn [16]. Le déclin de la RFA comme partenaire politique fit la fortune des rivaux orientaux : entre avril et juillet, Berlin et Damas conclurent le premier accord général qui établissait un consulat général de la RDA à Damas en octobre 1965, en contrepartie d’un crédit de 25 millions de dollars, sur cinq ans, pour l’achat de machines agricoles et industrielles et pour de la formation professionnelle et technique. Ainsi, Berlin entrait dans le programme de « transformation socialiste » de la Syrie du Premier ministre Yusuf al Zu‘ain [17].

À partir de 1965, la RDA s’engagea systématiquement en Syrie. Entre 1966 et 1967, elle envoya des conseillers économiques et ministériels pour la réforme des institutions de l’État selon une structure centralisée et interventionniste : l’État devait être le centre, le moteur de tout processus de transformation économique et sociale de la Syrie ; le parti Baas gardait quant à lui le rôle de guide politique du pays. Conformément aux doctrines économiques de l’époque, le développement moderne était synonyme d’industrialisation : pour les dirigeants socialistes comme pour leurs collègues postcoloniaux, la société industrielle était l’horizon stratégique à atteindre [18]. Le Plan quinquennal 1965-1970 orienta la plupart des investissements vers la construction d’infrastructures et la mise en place d’un appareil industriel moderne, marginalisant l’agriculture par rapport aux besoins industriels du secteur public désormais dominant. Ce choix engendra une récession généralisée de la production nationale, couplée à une inflation des prix alimentaires, à l’aggravation du déséquilibre du budget de l’État et de la balance des paiements. Toutefois, la situation était considérée comme temporaire et la confiance dans le système socialiste était intacte. Plus de 300 conseillers de la RDA arrivèrent à Damas et c’est à ce moment-là que l’échange économique tourna en faveur de la RDA. En effet, les exportations technologiques allemandes valaient davantage que les importations de coton et de produits alimentaires de Syrie : le déficit de la balance des paiements syrienne avec la RDA devint structurel et de longue durée [19].

Malgré les attentes de Berlin, les baasistes ne donnèrent pas pleine reconnaissance diplomatique à la RDA, car ils croyaient qu’il valait mieux continuer à exploiter la compétition entre les deux pays allemands, ce qui suscita l’irritation de Berlin et la rigidité de Bonn [20]. Mais il y avait un autre motif de tension entre les dirigeants allemands et leurs partenaires baasistes : les attaques de Damas contre les pays arabes conservateurs ; l’appui du régime syrien aux milices palestiniennes contre Israël risquait de radicaliser les conflits dans la région et de saper tout effort de développement en Syrie. Damas était donc encouragée à la modération en matière de politique étrangère, de façon à stabiliser la situation [21]. Le désastre de la guerre de juin 1967 ne suffit pas à renverser le régime, mais il affaiblit la position de Damas et renversa graduellement le rapport de force entre conservateurs et radicaux au sein du monde arabe [22]. Selon les agents du corps diplomatique de la RDA, la fin des espoirs pour l’accomplissement du socialisme en Syrie date de la défaite du 1967 : la récession économique de 1965 et 1966 avait été exacerbée par la guerre ; le manque de capitaux mit fin aux réalisations du Plan 1965-1970. L’État aurait dû être le moteur du développement socialiste : la crise en mettait en péril les principes même en dévoilant les limites de cette conception du socialisme d’État [23].

La reconnaissance diplomatique arriva le 5 juin 1969, essentiellement comme résultat de la compétition entre les pays arabes, notamment entre les partis Baas d’Irak et de Syrie pour le leadership du camp nationaliste arabe. Face au risque d’être marginalisé par rapport au plus riche État irakien qui venait de reconnaître Berlin, Damas reconnut aussi diplomatiquement la RDA : Berlin remercia l’État syrien par un crédit à conditions très favorables de 50 millions de dollars. De son coté, Bonn ne réagit pas, ses relations avec la Syrie étant déjà minimales et toute son attention étant concentrée sur l’Ostpolitik du chancelier Willy Brandt [24].

Déchiré par les luttes intestines entre 1968 et 1970, le régime baasiste vécut une phase d’instabilité ; la RDA prit d’abord la défense des forces radicales qui promouvaient des projets socialistes, mais qui étaient « irresponsables » sur le plan de la politique étrangère et de la défense [25]. Toutefois, à cause de l’opposition très large dans le pays aux réformes et de l’isolement international du régime de Damas, Berlin suivit Moscou dans la prise de contacts avec le nouveau leader des baasistes dits « modérés » : le ministre de la Défense, Hafez al Assad. Sa prise de pouvoir en novembre 1970 fut bien accueillie à Berlin, qui, après le Septembre noir en Jordanie, craignait les conséquences internationales d’une autre défaite arabe au moment où elle était engagée dans les négociations avec Bonn pour le Grundlagenvertrag de 1972 et le processus de détente en Europe [26].

Après la normalisation diplomatique, les relations entre le régime baasiste et la RDA se fondèrent sur leurs revendications communes contre les puissances occidentales, sur la défense de la souveraineté nationale et sur la rentabilité du partenariat économique. En effet, si auparavant la rentabilité des transactions avec la RDA était soumise aux priorités de la diplomatie, Berlin essayait désormais de rationaliser ses partenariats avec la Syrie et les pays en voie de développement selon les critères du commerce international, dont les profits auraient permis d’acheter davantage de produits occidentaux [27].

De la normalisation à la chute de la RDA

La coopération entre la RDA et la Syrie s’approfondit sous la présidence de Hafez al Assad, qui, face à des défis majeurs, put compter sur l’appui de Berlin.
En matière de politique internationale, la RDA soutint la résolution pacifique et diplomatique du conflit arabo-israélien : dressant un parallèle avec sa propre condition internationale, elle reconnaissait le droit d’existence à Israël. Cependant, la RDA ne reconnaîtra jamais officiellement Israël, qu’elle considérait comme le « bras de l’impérialisme dans la région » [28]. Pour cette raison de principe et prenant en considération le rapport inégal des forces militaires, Berlin approuva l’action de al Assad pendant la guerre d’octobre 1973, c’est-à-dire l’usage de la force comme outil pour la résolution diplomatique du conflit. La RDA évacua son personnel de Damas vers le nord de la Syrie et au Liban quelques jours avant le déclenchement des hostilités et donna son soutien politique aux positions de la Syrie après la guerre, en particulier pour ce qui concernait une solution générale et non plus bilatérale du conflit sous l’égide des États-Unis [29]. De même, la RDA soutint la Syrie pendant la guerre contre Israël au Liban et lorsque Damas signa le traité d’amitié et de coopération avec l’URSS en 1982. À son tour, la Syrie appuya la normalisation des relations entre la RDA et la RFA au nom du principe de l’unité de la Nation allemande, parallèle à celui de la Nation arabe. En 1974, la RFA rouvrit son ambassade à Damas et reconquit vite son rôle de premier partenaire économique parmi les occidentaux. Toutefois, cette position ne se traduisit jamais en partenariat politique en raison des divergences sur le conflit avec Israël et de la coopération très étroite du régime syrien avec la RDA. En effet, la RDA surveilla toutes les activités de la RFA en Syrie et dans la région grâce à ses relations privilégiées avec les services secrets et de sécurité syriens, auprès desquels elle assurait des formations et avec lesquels elle avait des échanges de renseignements [30].

Du point de vue de l’apport de la RDA à la consolidation du régime syrien, Berlin soutint en 1973 la construction du Front national progressiste (FNP), qui donnait reconnaissance institutionnelle et autonomie d’organisation au PCS en échange de sa soumission au parti Baas. La RDA soutenait les communistes syriens dans leur carrière professionnelle et institutionnelle, mais sans que ceux-ci arrivent à changer les rapports de force dans le FNP. Pour les dirigeants soviétiques et de l’Allemagne de l’Est, il était simplement question en Syrie de la défense d’un régime « national-progressiste » et « anti-impérialiste », ce qui légitimait le régime de Hafez al Assad et, dans le même temps, sauvegardait la position des pays socialistes [31]. Dans cet esprit, le Parti de l’unité allemande (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands, SED) appuya les dirigeants du PCS face à la scission du bureau politique, qui décida la sortie du FNP en 1973 en dénonçant l’évolution bourgeoise du régime syrien ; de même, la SED soutint le secrétaire Yusuf Faysal face au dirigeant historique Khaled Bakhdash qui avait rejeté la perestroïka de Gorbatchev en 1986. Berlin donna aussi son appui inconditionnel au régime baasiste quand celui-ci dut faire face aux Frères Musulmans et à l’opposition radicale de gauche entre 1977 et 1982 [32].

Pour ce qui concerne l’économie, Hafez al Assad mit fin en 1972 à la mission des Regierungsberater (conseillers d’État de la RDA) [33] ; cette décision fut mal reçue à Berlin puisque les conseillers fournissaient des renseignements et des contacts directs pour les entreprises allemandes. Toutefois, pour l’amélioration du fonctionnement de la bureaucratie et des entreprises d’État, Damas continua à faire appel à des experts de l’Allemagne de l’Est selon un contingent limité et pour des missions temporaires. En 1956, les pays socialistes avaient déployé 300 experts militaires et économiques en Syrie, alors qu’il y en avait 3 000 en 1979, dont 700 de la RDA [34]. Si al Assad ouvrit quelque peu l’économie du pays au secteur privé dès 1971 et 1974 avec des « libéralisations » économiques (infitah), le secteur public resta prédominant dans l’ensemble des activités. L’ouverture aux capitaux étrangers du Golfe et d’Europe préoccupa les conseillers de la RDA, qui toutefois reconnaissaient aussi le besoin urgent d’investissements en Syrie. La RDA en tira profit et devint un partenaire de premier plan pour les infrastructures électriques (centrales électriques à diesel), la mécanisation de l’agriculture (minoteries, exploitations bovines), l’extraction des phosphates et du pétrole, les transports publics, l’éducation et la formation professionnelle de haut niveau. La technologie mécanique constituait la plupart des exportations de la RDA, alors qu’elle importait du coton, des produits alimentaires et du pétrole, surtout dans les années 1990. Dès le milieu des années 1970, la RDA exporta aussi des usines sur le modèle « key-in-hand  » et « product-in-hand ». En jouant sur des motifs politiques, les autorités syriennes cherchaient à obtenir des financements à des taux plus favorables, comme en 1978 avec le crédit de 150 millions de dollars pour la construction d’infrastructures énergétiques et d’usines textiles [35].

Dès le milieu des années 1980, la situation économique et financière des deux alliés se détériora fortement, ce qui renforça leur partenariat. Isolée politiquement dans la région à cause de son alliance avec l’Iran contre l’Iraq, Damas n’avait plus accès aux financements des pays du Golfe et concentra ses investissements sur la défense et la sécurité à la suite des affrontements avec Israël au Liban et à la guerre civile contre les Islamistes. De son coté, Berlin faisait face à la chute de productivité de son économie et au poids grandissant du remboursement de la dette envers les pays occidentaux [36]. En outre, le programme de réformes de Gorbatchev à Moscou rapprocha discrètement Berlin et Damas dans leurs appréhensions des conséquences qu’il engendrait : en 1987, l’URSS diminua de moitié la vente d’armes à la Syrie puisque celle-ci ne pouvait pas les payer [37]. Dans ces conditions défavorables, les deux pays augmentèrent néanmoins leurs échanges grâce à la limitation de l’usage des devises internationales pour leurs transactions : la RDA échangeait sa technologie et l’aide à la formation contre le pétrole brut et la main-d’œuvre syrienne travaillant pour les infrastructures et dans le bâtiment. Le pourcentage des pays socialistes dans les importations de la Syrie passa donc de 3,9 % à 10 % puis 28,5 % respectivement entre 1956, 1982 et 1986, alors qu’ils absorbaient les 7,8 %, 17,1 % et 53 % des exportations syriennes dans les mêmes années [38]. Toutefois, cela ne suffit pas à renverser le déficit commercial entre les deux parties.

Au cours de cette longue période de collaboration entre Damas et Berlin, il y eut aussi des tensions qui concernaient des problèmes régionaux ou des enjeux de la guerre froide. L’entrée de Damas au Liban en 1976, pour éviter la défaite des milices chrétiennes et de droite, se heurta aux rapports cordiaux entre la SED et les forces palestiniennes et progressistes libanaises [39]. Toutefois, la friction principale concernait les relations avec l’Irak. Dès l’arrivée au pouvoir du parti Baas en 1968, Bagdad évolua politiquement vers l’aile gauche pour légitimer ses projets de transformation aussi bien que pour gagner en soutien militaire et économique : grâce à ses ressources naturelles, l’Iraq pouvait payer comptant ses importations et devint très vite un des plus grands marchés d’exportation pour les pays socialistes. Les baasistes de Damas et de Bagdad rivalisèrent en légitimité « socialiste » à l’occasion des conférences internationales des mouvements socialistes et progressistes. La SED opta pour la reconnaissance contemporaine des deux partis baasistes et, suivant cette ligne de « non-ingérence », elle continua de dialoguer avec Damas et Bagdad pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988) [40].

Le partenariat entre la RDA et la Syrie a participé du processus général d’élargissement et de diversification des relations internationales des deux pays, par rapport aux pays socialistes pour Berlin et par rapport à l’Europe occidentale pour Damas. En tant que « partenaire junior » de l’Union soviétique, la RDA a déployé ses capacités productives industrielles et son expertise dans la formation technique et les services de sécurité : elle a ainsi pu contribuer à la transformation de la Syrie en une société agro-industrielle gouvernée par un régime autoritaire. On pourrait douter de l’efficacité de l’état-nation centralisé dans une société aussi fragmentée que celle de Syrie et déplorer les coûts sociaux de cette transformation. Toutefois, loin de constituer un apport imposé de l’étranger, l’action de la RDA se combina avec les demandes des dirigeants syriens et contribua à la mobilité sociale d’une partie des classes moyennes et populaires. Même si officiellement Hafez al Assad applaudit le processus de réunification de l’Allemagne entre 1989 et 1990, il regretta en réalité la perte d’un allié fidèle qui avait soutenu le régime syrien dans sa consolidation au pouvoir et tout au long de ses conflits au Proche-Orient. De l’autre coté, le RDA avait gagné pendant cette période un allié politique – bien que non totalement solvable – dans la région et un marché d’exportation. En 1989, la dette syrienne avec la RDA était estimée entre 500 et 600 millions de dollars et la République fédérale, qui hérita de cette dette, négocia jusqu’en novembre 2000 le remboursement de 572 millions de dollars sur vingt ans [41]. Ce que la RFA décida toutefois de ne pas exploiter, ce fut le patrimoine de relations et de connaissances que le vieux rival de l’Est avait construit pendant des décennies et qui fut mis très vite à la retraite et à l’écart des institutions de l’Allemagne unifiée.

[1] Hilan Rizkallah, Culture et développement en Syrie et dans les Pays retardés, Paris, Anthropos, 1969 ; Heydemann Steven and Vitalis Robert, “War, Keynesianism, and Colonialism : Explaining State-Market Relations in the Postwar Middle East”, in Heydemann Steven (eds.), War, Institutions, and Social Change in the Middle East, Berkeley, University of California Press, 2000.

[2] Michel Seurat, « État et industrialisation dans l’Orient arabe : les fondements socio-historiques », in André Bourgey, Industrialisation et changements sociaux dans l’Orient arabe, Beyrouth, Cermoc, 1982 ; Michel Chatelus, Yves Schemeil, “Towards a New Political Economy of State Industrialization in the Arab Middle East”, International Journal of Middle East Studies, vol. 16, 1984, p. 257-258.

[3] Hanna Batatu, Syria’s Peasantry, the Descendants of Its Lesser Rural Notables, and Their Politics, Princeton, Princeton University Press, 1999 ; Raymond Hinnebusch, Syria : Revolution from Above, London, Routledge, 2001.

[4] Malcom Kerr, The Arab Cold War : a Study of Ideology in Politics, 1958-1964, Oxford, Oxford University Press, 1965 ; Yezid Sayigh, Avi Shlaim eds., The Cold War and the Middle East, Oxford, Clarendon Press, 1997 ; Rashid Khalidi, Sowing Crisis. The Cold War and American Dominance in the Middle East, Boston, Beacon Press, 2009 ; Nigel J. Ashton (ed.), The Cold War in the Middle East : Regional Conflict and the Superpowers, 1967-73, London, Routledge, 2007 ; Massimiliano Trentin, Matteo Gerlini, The Middle East and the Cold War. Between Security and Development, Newcastle Upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, 2012.

[5] Ingrid Muth, Die DDR-Aussenpolitik, 1949-1972. Inhalte, Strukturen, Mechanismen, Berlin, Links Verlag, 2001 ; Wolfgang Schwanitz hrsg., Deutschland under Mittlere Osten im Kalten Krieg, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2006.

[6] Marta Petricioli, “Uomini, Idee, Tecnologie nei rapporti tra la Repubblica Democratica Tedesca e la Siria (1955-1978)”, Meridione, n°2, 2003, p. 141-153.

[7] Énoncée en 1955, la doctrine Hallstein était un ensemble de mesures vouées à menacer de représailles diplomatiques et surtout économiques les États qui auraient reconnu diplomatiquement la RDA. Cette politique se fondait sur la revendication de la représentation exclusive du peuple allemand par la RFA et donc sur le caractère imposé et fictif de la RDA. Dans les faits, la doctrine se révéla bien plus flexible que sa rhétorique publique, William G. Gray, Germany’s Cold War. The Global Campaign to Isolate East Germany, 1949-1969, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2003. Pour la « formule du Caire » voir Wolfgang Schwanitz, „Doppelte Deutsche in Nahost und das neue US- Nationalarchiv”, Orient, vol. 40, n°2, 1999, p. 11-43.

[8] Bonnie F. Saunders, The United States and Arab Nationalism. The Syrian Case, 1953-1960, London, Praeger, 1996 ; Patrick Seale, The Struggle for Syria, London, Yale University Press, 1965.

[9] Pedro Ramet, The Soviet-Syrian Relationship since 1955. A Troubled Alliance, Boulder, Westview Press, 1990.

[10] Sara Lorenzini, Due Germanie in Africa. La cooperazione allo sviluppo e la competizione per i mercati di materie prime e tecnologia, Florence, Polistampa, 2003.

[11] William D. Graf, “The Theory of the Non-Capitalist Road”, in Brigitte Schulz, William Hansen eds. The Soviet Bloc and the Third World, Boulder, Westview Press, 1989 ; Odd Arne Westad, The Global Cold War, Cambridge, Cambridge University Press, 2005.

[12] Wolfgang Schwanitz, „SED-Nahostpolitk als Chefsache. Die ZK- Abteilung Internationale Verbindungen 1946-1970 sowie die Nachlässe von Otto Grotewohl und Walter Ulbricht”, Asien, Afrika und Lateinamerika, vol. 21, n°1, 1993.

[13] Bericht n. 48/64, Gespräch mit Mitgliedern des Politbüros der KP Syriens im Hause des ZK der SED, Zentralkomitee (ZK) der SED, Abteilung Internationale Verbindungen (AIV) Berlin, May 20, 1964, Sapmo-Barchiv, DY30 IV2/20, 869. Les documents du Parti de l’unité socialiste de l’Allemagne (SED) et des ministères ici concernés se trouvent à la Fondation des archives des partis et des organisations de masse de la RDA (Stiftung Archiv der Parteien und Massenorganisationen in der DDR, Bundesarchiv in Berlin (Sapmo-Barchiv), alors que ceux du ministère des Affaires étrangères de la RDA (MfAA) sont déposés aux archives du ministère des Affaires étrangères (MAA), toujours à Berlin.

[14] Hans-Günter Lobmeyer, Opposition und Widerstand in Syrien, Hamburg, Deutsches Orient-Institut, 1995, 111, 144 ; John F. Devlin, The Ba’th Party. A History from its Origins to 1966, Stanford, Hoover Institution Press, 1976, p. 222, 224, 227.

[15] Niederschrift nr. 2, Gespräch mit dem Ministerpräsidenten Dr. Yusef Zouayen, GK der DDR in der SAR an ZK der SED, AIV, November 25, 1965, Sorgenicht, Sapmo-Barchiv, DY30 IVA2/20, 874 ; Syed Aziz al Ahsan, “Economic Policy and Class Structure in Syria : 1958-1980”, International Journal of Middle East Studies 16, 1984, p. 312.

[16] Bericht nr.165/65, Die wirtschaftliche Tätigkeit der BRD in Syrien, Botschaft Damascus an AA, November 29, 1966, Schwartze, (Politisches Archiv des Auswärtiges Amt (PAAA), B66 IIIB6 Band 253. De cette façon, les entreprises allemandes ne jouirent plus du soutien gouvernemental et, face à la compétition internationale et au manque de liquidités des États arabes, elles cédèrent des parts de marché assez significatives.

[17] Beschluss nr. 41-10/65 des Präsidiums des Politbüros des ZK der SED, Berlin, Mai 20, 1965, Sapmo-Barchiv, DL2 1586. Pour toutes les négociations concernant les différents accords, voir Sapmo-Barchiv, DL2 1586.

[18] Massimiliano Trentin, “Modernization as State-Building. The Two Germanys in Syria, 1963-1972”, Diplomatic History, vol. 33, n° 3, 2009.

[19] Office arabe de presse et documentation (OAPD), Rapport sur l’économie syrienne 1967-1968, Damas, 1968 ; OAPD, Rapport sur l’économie syrienne 1968-1969, Damas, 1969.

[20] Vermerk über ein Gespräch am 19.10.1967 beim Genossen Hermann Axen über die weitere Beziehungen der DDR mit der SAR, ZK der SED, AIV, Oktober 20, 1967, Sapmo-Barchiv DY30 IVA2/20, 874.

[21] Ibidem.

[22] Raymond Hinnebusch, The International Politics of the Middle East, Manchester, Manchester University Press, 2003.

[23] Vermerk, Anlage nr. 3, Gespräch der Delegation des ZK der SED unter der Leitung des Genossen G. Grüneberg mit dem Mitglied der Nationalleitung und Ministerpräsidenten der SAR, Dr. Z‘ayyin am 21.02.1968, ZK der SED, AIV, Februar 22, 1968, Sapmo-Barchiv DY30 IVA2/20, 874 ; OAPD, Rapport sur l’économie syrienne 1967-1968, Damas, September 1968, C. 14-41.

[24] Lettre confidentielle signée par le ministre des Affaire étrangères de la RDA O. Winzer, et le ministre des Affaires étrangères syrien M. S‘ayd, June 6, 1969, Sapmo-Barchiv DL2 367 ; WTZ-Abkommen, Damaskus, July 23, 1969, Sapmo-Barchiv DL2 367.

[25] Information 150/IX, Über die neue Krise in der Bath Partei, MfAA, September 24, 1969, Sapmo-Barchiv, DY30 IVA2/20, 872 ; Nikolaos Van Dam, The Struggle for Power in Syria. Politics and Society under Asad and the Ba’ath Party, London, I. B. Tauris, 1996, p. 63.

[26] Avec le Grundlagenvertrag, les deux États allemands se reconnaissaient mutuellement dans les frontières établies par les Alliés à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Blitz-Telegramm 386/70, Botschaft der DDR in der SAR an Zk der SED, AIV, Markowsky, November 13, 1970, Marter, Sapmo-Barchiv, DY30 IVA2/20, 873 ; Ministerium für Auswärtigen Angelegenheiten (MfAA) ; Bericht über die Beratertätigkeit nach der Regierungsumbildung im November 1970, Botschaft der DDR in der SAR an MfAA, Damascus, 1 Dezember 1970, Marter, MfAA B/1.208/75.

[27] Konzeption zur Entwicklung der WTZ der DDR mit der SAR bis 1975, MfAA, Berlin 24, April 1972, MfAA B/1.208/75 ; Steffen Wippel, Die Außenwirtschaftsbeziehungen der DDR zum Nahen Osten, Berlin, Klaus-Schwarz Verlag, 1996.

[28] Sara Lorenzini, Il rifiuto di un’eredità difficile. La Repubblica Democratica Tedesca, gli ebrei e lo stato di Israele, Firenze, Giuntina, 1998.

[29] Anlage 1, Brief von Hafiz al Assad an Vorsitzenden des Staatsrates der DDR, Willi Stoph, Oktober 1973, Sapmo-BArchiv, DY 30 IV/2/24/1721 ; Brief von E. Honecker an Präsident der Syrischen Arabischen Republik Hafiz al Assad, Berlin, November 3, 1973, Sapmo-BArchiv DY 30/2/2.035/147 ; Galia Golan, Yom Kippur and After. The Soviet Union and the Middle East Crisis, Cambridge, Cambridge University Press, 1977, p. 129-133.

[30] Daniel Gerlach, Die doppelte Front. Die Bundesrepublik Deutschland und der Nahostkonflikt, 1967-1973, Berlin, Lit Verlag, 2006, p. 78.

[31] P. Ramet, The Soviet-Syrian Relationship…, op. cit. p. 161.

[32] Yusuf Fayṣal, président du Parti communiste syrien, interview avec l’auteur, Damas, 20 septembre 2006 ; Ammar Bakdāš, secrétaire général du Parti communiste syrien, interview avec l’auteur, Damas, 6 septembre 2006.

[33] Les Regierungsberater étaient des conseillers gouvernementaux qui contribuèrent directement à la réforme des différents ministères centraux où ils travaillèrent à partir de la fin de 1965, voir Massimiliano Trentin, Engineers of Modern Development. East German Experts in Ba’thist Syria : 1965-1972, Padova, Cleup, 2010.

[34] MfAA B/1.208/75, Konzeption zur Entwicklung der WTZ der DDR mit der SAR bis 1975, MfAA, Abteilung Wirtschaftliche und Technische Zusammenarbeit mit Entwicklungsländer, Berlin, April 24, 1972.

[35] S. Wippel, Die Außenwirtschaftsbeziehungen…, op. cit. p. 24.

[36] Volker Perthes, The Political Economy of Syria Under Assad, London, I.B. Tauris, 1997.

[37] Daniel Pipes, “Damascus Courts the West : Syrian Politics, 1989-1991”, Policy Papers, Washington, Washington Institute for the Near East, 1991, p. 15 ; Pavel Stroilov, Behind the Desert Storm, Chicago, Price World Publishing, 2011, p. 76-80.

[38] P. Ramet, The Soviet-Syrian Relationship…, op. cit. p. 231-232, 245.

[39] Winter Heinz-Dieter, Konfliktregion Naher und Mitteler Osten, Berlin, Verband für internationale Politik und Völkerrecht, 2005.

[40] Massimiliano Trentin “Tough Negotiations : The Two Germanys in Syria and Iraq from 1963 to 1974”, Cold War History, 8/3, 2008, p. 353-380 ; J.M. Goodarzi, Syria and Iran. Diplomatic Alliance and Power Politics in the Middle East, London, I.B. Tauris, 2006.

[41] Alan J. Day, Middle East and North Africa, Regional Surveys of the World, n. 49, London, Routledge, 2003, p. 1036.


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